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Trump plaide non coupable de complot contre les institutions après l'élection de 2020
Donald Trump a plaidé jeudi non coupable d'avoir orchestré un complot contre les institutions américaines après sa défaite à l'élection de 2020, une accusation fracassante et d'une gravité inédite contre un ex-président des Etats-Unis.
C'est la troisième fois depuis mars que le grand favori de la droite pour la présidentielle de 2024 est inculpé au pénal. Mais il est cette fois accusé d'avoir mis en danger le fondement même de la démocratie américaine en cherchant à faire dérailler le processus électoral.
"Non coupable", a dit le milliardaire républicain debout dans une salle de tribunal, après avoir attentivement écouté la juge fédérale à Washington détaillant les charges et les peines maximales de prison qu'il encourt.
L'austère procureur spécial Jack Smith, dont l'enquête de plusieurs mois vaut au tempétueux magnat cette nouvelle comparution, se trouvait également dans la salle d'audience.
Ceci est "la persécution d'un opposant politique", a plus tard lancé M. Trump, 77 ans, sous un grand parapluie noir, juste avant de reprendre l'avion à l'aéroport Ronald Reagan. L'ex-chef de l'Etat, qui clame toujours que la présidentielle de 2020 lui a été "volée", dénonce sans relâche une "chasse aux sorcières" à l'instigation de son successeur démocrate, Joe Biden.
Une prochaine audience devant déterminer la date du procès a été fixée au 28 août. Elle se tiendra sous l'autorité de la juge fédérale Tanya Chutkan, qui présidera les débats au procès.
Jeudi, la défense a réclamé du temps pour étudier la masse de documents contenue dans le dossier, s'élevant contre la demande de procès rapide formulée mardi par Jack Smith.
L'acte d'accusation de 45 pages, qui fait notamment état d'un "projet criminel", reproche à Donald Trump d'avoir sapé les fondements de la démocratie américaine en tentant de subvertir le processus de comptabilisation des suffrages de plus de 150 millions d'Américains, des et d'autant plus graves qu'il était alors président en exercice.
A contrario, les deux précédentes poursuites pénales engagées contre lui cette année, pour des fraudes comptables liées à l'achat du silence d'une actrice de films X et pour avoir compromis la sécurité nationale par sa désinvolture dans le traitement de documents classifiés, portent respectivement sur la période précédant et suivant son mandat.
"Je peux assurer à tout le monde qu'il y aura un processus et un procès équitable", a déclaré jeudi la magistrate Moxila Upadhyaya.
- Toujours favori -
"Les présidents ne sont pas des rois", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un manifestant aux environs du tribunal, en référence à une phrase prononcée par la juge Chutkan en novembre 2021 pour rejeter une demande de M. Trump de bloquer la divulgation d'informations sur ses agissements lors de l'assaut du Capitole.
La magistrate est connue pour avoir prononcé des peines sévères à l'encontre de participants à ces violences.
Le président Biden, en vacances dans une station balnéaire du Delaware sur la côte est, avait assuré qu'il ne suivrait pas les informations sur la comparution de son potentiel futur adversaire en 2024.
Plus de six services de police ou agences de sécurité, dont le Secret Service, chargé de la protection des hautes personnalités de l'Etat, se sont mobilisés pour l'audience historique.
Des barrières ont été dressées autour du bâtiment, ainsi qu'autour du Capitole.
Et plus de 24 heures avant le début de l'audience, caméras et camions satellite des médias nationaux et internationaux étaient déjà déployés sur la place devant le tribunal, sous les objectifs et l'œil curieux des passants et des touristes.
Les conséquences de cette inculpation, et du procès qui pourrait donc se tenir en pleine campagne présidentielle, sur la candidature de Donald Trump restent à déterminer.
Malgré les poursuites qui s'accumulent, il demeure très largement favori à l'investiture républicaine et creuse même l'écart avec le numéro 2, le gouverneur de Floride Ron DeSantis.
Selon un sondage New York Times/Siena College publié lundi, l'ex-président le devance désormais de 37 points.
G.Schulte--BTB