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Les Polonais votent aux élections "les plus importantes" depuis le communisme
Les Polonais votent dimanche pour élire leur nouveau Parlement, des élections considérées cruciales pour l'avenir de leurs liens avec l'Union européenne et l'Ukraine voisine.
Selon les sondages, le parti populiste Droit et Justice (PiS, au pouvoir) obtiendrait le plus grand nombre de voix. Mais il risque d'avoir du mal à former une coalition gouvernementale, ouvrant la voie à l'opposition menée par l'ancien chef du Conseil européen, Donald Tusk.
Les bureaux de vote dans le pays membre de l'UE et de l'Otan ouvrent à 05H00 GMT et ferment à 19H00 GMT.
Les sondages à la sortie des urnes sont attendus immédiatement après et les résultats définitifs lundi.
La Pologne compte 29 millions d'électeurs, dont plus d'un demi-million d'inscrits à l'étranger.
Une victoire du PiS pourrait exacerber les tensions avec Bruxelles et Kiev et décevoir les personnes préoccupées par l'avenir de l'Etat de droit, de la liberté de la presse, des droits des femmes et des migrants.
"Nous avons cédé certains pouvoirs à l'UE, mais cela suffit, rien de plus. Nous sommes dans l'UE, nous voulons y rester, mais dans une UE de pays souverains", a répété Jaroslaw Kaczynski, le chef du PiS, lors du dernier rassemblement du parti, vendredi.
Lors de son dernier meeting, M. Tusk a lui affirmé que le PiS avait des "plans secrets" pour quitter l'UE et qu'il "menait le pays dans une mauvaise direction".
"C'est le jour le plus important dans l'histoire de notre démocratie depuis 1989", a insisté M. Tusk. "Nous voterons pour que la Pologne reste dans l'UE. La Pologne est le cœur de l'Europe".
- Attaques personnelles -
Le PiS s'est engagé à poursuivre ses réformes controversées du système judiciaire qui, selon lui, visent à éradiquer la corruption, mais que l'UE considère comme une atteinte à la démocratie.
Un partenaire de coalition du PiS pourrait être la Confédération, un parti d'extrême droite qui veut en finir avec l'aide à grande échelle à l'Ukraine, et a fait campagne sur un programme anti-migrants et anti-européen.
Cependant, la Confédération a exclu une telle alliance et certains analystes estiment qu'elle est peu probable en raison des tensions qui couvent entre les deux partis.
Les centristes espèrent que, même si la formation de M. Tusk, la Coalition civique, arrive en deuxième position, le nombre des voix recueillies suffira pour former un gouvernement avec deux petits alliés possibles, la Gauche et la Troisième voie.
Les élections concernent les deux chambres du parlement, la Diète et le Sénat. Le PiS a organisé un référendum le même jour, avec des questions sur les migrants et l'économie, que l'opposition a appelé à boycotter.
Les partisans du PiS affirment que la victoire de dimanche permettra au parti de concrétiser sa vision d'une Pologne puissante et souveraine, fondée sur les valeurs catholiques traditionnelles.
La campagne a été marquée par de violentes attaques personnelles contre M. Tusk de la part du pouvoir qui l'a accusé de travailler dans l'intérêt de Berlin, Moscou et Bruxelles.
- "Pour une Pologne meilleure" -
Nombreux d'électeurs se disent exaspérés par le ton acerbe de la campagne.
"Je veux une Pologne meilleure que celle d'aujourd'hui. Je veux que mes enfants vivent dans un pays libre, démocratique et souriant", déclare Beata Myszkiewicz, une travailleuse indépendante de 53 ans. "Je ne veux pas que les gens se regardent en chiens de faïence parce que leurs opinions politiques diffèrent"
Kiev et ses alliés occidentaux observent attentivement ces élections, après l'élection récente en Slovaquie d'un gouvernement hostile à l'aide à l'Ukraine.
La Pologne compte parmi les principaux soutiens de Kiev et a accueilli sur son sol un million de réfugiés ukrainiens, mais la lassitude grandit chez des Polonais.
Le gouvernement s'est brouillé avec l'Ukraine après avoir décrété une interdiction d'importations de ses céréales, arguant de la nécessité de protéger les agriculteurs polonais.
Selon Marcin Zaborowski, expert au sein du groupe de réflexion Globsec, avec cette posture, le PiS a voulu s'attirer les votes nationalistes. "Après les élections, il sera peut-être trop tard pour revenir sur cette décision, car le mal aura été fait", a-t-il prévenu.
D.Schneider--BTB