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Un nouveau convoi d'aide à Gaza, où Israël intensifie ses frappes
Un nouveau convoi de 17 camions transportant de l'aide est entré dimanche dans la bande de Gaza, assiégée et dans une situation humanitaire catastrophique, où Israël a intensifié ses bombardements déclenchés le 7 octobre en riposte à l'attaque sanglante du mouvement palestinien Hamas.
Alors qu'Israël se prépare à une offensive terrestre, nouvelle étape dans cette guerre qui fait craindre un embrasement dans la région, l'Iran, allié du Hamas, a averti dimanche les Etats-Unis et Israël que la situation pourrait devenir "incontrôlable" au Moyen-Orient.
Les Etats-Unis avaient annoncé auparavant le renforcement de leurs moyens militaires dans la région.
Des frappes ont notamment visé la ville de Rafah, dans le sud, proche de la frontière avec l'Egypte, et la ville de Gaza, dans le nord, selon des journalistes de l'AFP.
"Nous dormions chez nous, nous avons été réveillés quand les vitres ont explosé et des briques sont tombées. Nous nous en sommes sortis miraculeusement", témoigne à Rafah une survivante, Om Ahmad Abu Sanjar.
Selon le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, au moins 80 personnes ont été tuées.
Autre foyer de tension, le nord d'Israël, où les échanges de tirs se multiplient entre l'armée et le Hezbollah pro-iranien, allié du Hamas et basé dans le sud du Liban, tandis que les habitants évacuent la zone frontalière de part et d'autre.
Le Hezbollah ferait "l'erreur de sa vie" en entrant en guerre contre Israël, a averti dimanche le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
- "Gaza est complexe" -
Depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre sur son territoire, Israël s'est juré "d'anéantir" le mouvement islamiste palestinien, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.
"Nous allons entrer dans Gaza, nous allons le faire pour un but opérationnel, détruire les infrastructures et les terroristes du Hamas, et nous allons le faire de manière professionnelle", a affirmé samedi devant les troupes le chef d'état-major israélien, le général Herzi Halevi.
Le 7 octobre, en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, et au dernier jour des fêtes de Souccot, des centaines de combattants du Hamas avaient infiltré le territoire israélien depuis la bande de Gaza, semant la terreur lors d'une attaque sans précédent depuis la création d'Israël en 1948.
Dans la bande de Gaza, au moins 4.651 Palestiniens, en majorité des civils, ont été tués dans les bombardements incessants menés en représailles par l'armée israélienne, selon le ministère de la Santé du Hamas.
L'armée israélienne a massé des dizaines de milliers de soldats aux frontières de ce territoire pauvre et exigu où vivent 2,4 millions de Palestiniens.
Une opération terrestre s'annonce périlleuse dans ce territoire surpeuplé, truffé de pièges mortels et de tunnels, face à des combattants du Hamas aguerris qui détiennent 212 otages israéliens ou étrangers, selon l'armée israélienne.
"Gaza est complexe, Gaza est densément peuplé, l'ennemi y prépare beaucoup de choses, mais nous nous préparons aussi pour lui", a prévenu le général Halevi. "Et nous garderons en tête les photographies et les images, ainsi que les morts d'il y a deux semaines".
Dimanche, des fidèles se sont rassemblés à Revivim, dans le sud d'Israël, pour les funérailles de neuf personnes tuées le 7 octobre dans le kibboutz de Beeri, où les commandos du Hamas avaient massacré au moins 100 personnes durant cette attaque qui a traumatisé le pays. L'un des cercueils était enveloppé dans le drapeau israélien.
- Situation "catastrophique" à Gaza -
Dimanche, 17 camions d'aide sont entrés dans la bande de Gaza depuis l'Egypte par le terminal de Rafah, seul point de passage du territoire qui ne soit pas contrôlée par Israël.
Un premier convoi de 20 camions était arrivé la veille. Mais selon le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), au moins 100 camions par jour seraient nécessaires pour répondre aux besoins de la population.
L'ONU insiste sur la nécessité d'acheminer du carburant, nécessaire notamment au fonctionnement des générateurs dans le territoire privé d'électricité.
Le manque de carburant met en péril le fonctionnement des couveuses de plus de 120 nouveau-nés prématurés, a averti dimanche le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).
Selon l'ONU, au moins 1,4 million de Palestiniens ont été déplacés depuis le début du conflit et la situation humanitaire dans le territoire est "catastrophique".
Des cas de varicelle, de gale et de diarrhée en raison du manque d'eau potable ont été signalés par les organisations humanitaires.
Soumise à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007, la bande de Gaza est placée depuis le 9 octobre en état de "siège complet" par Israël qui y a coupé l'eau, l'électricité et l'approvisionnement en nourriture.
Depuis le 15 octobre, Israël appelle quotidiennement les civils du nord de la bande de Gaza à fuir vers le sud pour se mettre à l'abri. Mais les frappes se poursuivent aussi dans le sud.
Dans la ville de Khan Younès, 13 personnes ont été tuées et 60 blessées dimanche dans un bombardement sur un immeuble abritant un café et des magasins, selon le Hamas.
A Rafah, des dizaines de personnes faisaient la queue devant une boulangerie ou attendaient de pouvoir remplir des jerrycans d'eau, pendant que d'autres fouillaient les décombres de maisons détruites.
Dans la localité de Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, les corps de nombreux enfants étaient allongés sur le sol ensanglanté d'une morgue.
- Une "poudrière" -
"Aujourd'hui, la région est comme une poudrière", a déclaré dimanche le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian.
"Je voudrais avertir les Etats-Unis et le régime israélien fantoche que s'ils ne mettent pas immédiatement un terme aux crimes contre l'humanité et au génocide à Gaza, tout est possible à tout moment et la région deviendrait incontrôlable", a-t-il ajouté.
Face aux "escalades de l'Iran et de ses forces affiliées", le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin avait annoncé samedi le déploiement de plusieurs systèmes de défense antimissiles "à travers la région", sans préciser où exactement, et le placement en état de "pré-déploiement" de moyens militaires supplémentaires, sans préciser leur nombre.
Après le 7 octobre, les Etats-Unis ont déjà déployé deux porte-avions et leurs navires d'escorte en Méditerranée orientale pour protéger Israël.
Les violences se multiplient également en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où 90 personnes ont été tuées depuis le 7 octobre, selon le ministère de la Santé palestinien.
A.Gasser--BTB