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Gaza assiégée attend un "flux continu" d'aide promise par les Etats-Unis et Israël
La bande de Gaza, assiégée par l'armée israélienne, va pouvoir bénéficier d'un "flux continu" d'aide, ont annoncé les Etats-Unis, qui ont aussi mis en garde l'Iran contre tout élargissement du conflit déclenché par l'attaque meurtrière du mouvement islamiste Hamas contre Israël.
Sur le terrain, l'armée israélienne, qui se prépare depuis le début du conflit à lancer une offensive terrestre pour "anéantir" le Hamas, a intensifié dimanche ses frappes contre l'enclave. Selon un porte-parole, "des dizaines" de combattants du Hamas ont été tués.
Le ministère de la Santé du Hamas, a déclaré que les raids les plus meurtriers ont eu lieu à Deir al-Balah, où 80 personnes dont des femmes et des enfants ont péri et plusieurs immeubles ont été détruits. Des raids ont également visé Khan Younès et Rafah (sud).
Alors qu'un second convoi de camions est entré dimanche dans le territoire dirigé par le Hamas depuis l'Egypte, le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien ont "affirmé qu'il y aurait dorénavant un flux continu dans Gaza de cette assistance cruciale", lors d'une conversation téléphonique, selon un communiqué de la présidence américaine.
Cette déclaration intervient après que l'Iran, allié du Hamas et du Hezbollah libanais, a averti Washington et Israël que la situation pourrait devenir "incontrôlable" si ces deux pays ne mettaient "pas immédiatement un terme aux crimes contre l’humanité et au génocide à Gaza".
Face au risque d'un embrasement régional, M. Biden a discuté avec les dirigeants du Canada, d'Allemagne, d'Italie et du Royaume-Uni, ainsi qu'avec le président français Emmanuel Macron, attendu mardi en Israël.
"Les dirigeants ont réitéré leur soutien à Israël et son droit de se défendre contre le terrorisme et ont appelé au respect du droit humanitaire international, notamment la protection des civils", a indiqué la Maison Blanche.
- "Il n'y aura plus de Hamas" -
Le 7 octobre, en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, des centaines de combattants du Hamas ont infiltré Israël depuis Gaza, semant la terreur lors d'une attaque sans précédent depuis la création d'Israël en 1948. Plus de 1.400 personnes ont été tuées, la plupart des civils fauchés par balles, brûlés vifs ou mutilés le jour de l'attaque, d'après les autorités. Le Hamas a en outre enlevé 212 Israéliens ou étrangers.
Dans la bande de Gaza, au moins 4.651 Palestiniens, en majorité des civils dont près de 1.900 enfants, ont été tués dans les bombardements de représailles israéliens qui ont détruit des quartiers entiers, selon le ministère de la Santé du Hamas.
A la morgue de Deir el-Balah dimanche, une femme éclate en sanglots en découvrant le corps de sa fille et de plusieurs enfants de sa famille, les Natil. Les noms de trois d'entre eux, Layan, Hani et Joane, sont écrits au feutre sur leurs jambes.
L'armée israélienne a appelé les civils du nord de la bande de Gaza à fuir vers le sud pour se mettre à l'abri. Mais ses frappes continuent de toucher le sud.
"Cela doit être la dernière guerre à Gaza. Pour la simple raison qu'il n'y aura plus de Hamas", classé organisation "terroriste" par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, a affirmé le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant.
- "Situation catastrophique" -
En Israël, les sirènes d'alerte aux roquettes ont de nouveau retenti dimanche, dans le sud limitrophe du territoire palestinien, mais aussi dans le centre, a indiqué l'armée sans faire état de victimes.
Un soldat israélien a été tué et trois autres blessés par un tir de missile antichar lors d'une incursion au sol à Gaza, a annoncé l'armée israélienne dimanche soir.
A Revivim (sud), des Israéliens ont assisté aux funérailles de plusieurs personnes tuées le 7 octobre dans le kibboutz de Beeri, où les commandos du Hamas ont massacré au moins 100 personnes, d'après les autorités.
Deux jours après l'attaque du Hamas, Israël a imposé un "siège complet" à Gaza -soumise déjà à un blocus israélien depuis plus de 16 ans-, en coupant l'approvisionnement en eau, électricité et nourriture.
L'ONU a évoqué une "situation catastrophique" et fait état d'au moins 1,4 million de Palestiniens déplacés dans le petit territoire de 362 km2 où s'entassent quelque 2,4 millions de personnes.
Dix-sept camions d'aide ont traversé dimanche le terminal égyptien de Rafah vers la bande de Gaza, a constaté un journaliste de l'AFP. Quatorze camions sont entrés dans le territoire palestinien, d'après un autre journaliste de l'AFP. Le responsable des situations d'urgence de l'ONU, Martin Griffiths, a aussi fait état de l'entrée de 14 camions dimanche, après un premier convoi de 20 camions samedi, sur X.
Du carburant a été également acheminé depuis Rafah. Le manque de carburant met en péril le fonctionnement des hôpitaux en particulier les couveuses de plus de 120 nouveau-nés prématurés, a averti l'Unicef.
Toutefois, "je ne pense pas que nous devrions être obligés de fournir de la nourriture à l'ennemi qui tire des roquettes sur nos civils et qui essaie de tuer nos civils", a déclaré un porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus dimanche soir sur ABC Australia.
L'armée israélienne a massé des dizaines de milliers de soldats aux abords de Gaza et à sa frontière nord avec le Liban.
A cette frontière, les échanges de tirs meurtriers se sont multipliés entre l'armée et le Hezbollah, tandis que les habitants évacuent la zone frontalière de part et d'autre.
Benjamin Netanyahu, qui a réuni son cabinet de guerre dimanche soir à Tel Aviv, a prévenu que le Hezbollah ferait "l'erreur de sa vie" en entrant en guerre contre Israël.
Les violences se sont également multipliées en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où 93 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 7 octobre, selon l'Autorité palestinienne.
O.Bulka--BTB