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Combats à Gaza, appels internationaux pour laisser entrer l'aide humanitaire
Les appels se sont multipliés dimanche pour laisser passer l'aide humanitaire d'urgence dans la bande de Gaza, théâtre de "violents combats", selon le Hamas, entre ses hommes et l'armée israélienne.
Le Croissant-Rouge palestinien a affirmé dimanche que les abords d'un de ses hôpitaux à Gaza, avaient été bombardés à plusieurs reprises, mettant en péril les patients et les milliers de civils venus s'y réfugier.
Le territoire palestinien, assiégé, est pilonné sans répit par l'armée israélienne depuis le 7 octobre, en représailles à l'attaque du Hamas en Israël, inédite par son ampleur et sa violence. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, affirme que plus de 8.000 personnes, majoritairement des civils, y ont été tuées depuis le début de la guerre.
En Israël, plus de 1.400 personnes sont mortes, essentiellement des civils tués le jour de l'attaque perpétrée par le mouvement islamiste palestinien, qualifié d'organisation "terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne notamment.
Les frappes sur la bande de Gaza se sont progressivement intensifiées depuis vendredi soir, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, annonçant samedi le début d'une "deuxième étape de la guerre" visant à "détruire les capacités militaires et la direction du Hamas".
Sur le terrain, le mouvement islamiste palestinien a fait état dimanche soir de "violents combats (...) au moyen d'armes automatiques et antichars" dans le nord de la bande de Gaza, où l'armée israélienne opère également au sol depuis vendredi soir.
L'armée israélienne a assuré plus tôt que son aviation avait frappé "des structures militaires du Hamas" dans la bande de Gaza.
Elle a également rapporté des tirs de roquettes réalisés depuis le territoire palestinien en direction du centre et du sud d'Israël.
Les Etats-Unis ont appelé Israël à "prendre toutes les mesures possibles à sa disposition pour faire la distinction entre le Hamas – les terroristes qui sont des cibles militaires légitimes – et les civils qui ne le sont pas", selon le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.
- Hôpitaux de Gaza -
Le ministère de la Santé à Gaza, dirigé par le Hamas, a signalé 57 attaques contre des installations médicales depuis le début de la guerre.
"Nous avons reçu des menaces fermes" d'Israël pour "évacuer immédiatement l'hôpital al-Quds car il allait être bombardé", a déclaré à l'AFP le directeur de l'hôpital, Bachar Mourad.
Le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé que l'ordre d'évacuer l'hôpital d'al-Quds était "profondément préoccupant". "Nous réitérons qu'il est impossible d'évacuer des hôpitaux remplis de patients sans mettre leur vie en danger", a écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus sur X.
Israël accuse le Hamas de se servir des hôpitaux pour cacher des armes ou des combattants, ce que le mouvement islamiste palestinien dément.
- Une aide au compte-gouttes -
Depuis le 9 octobre, Israël a imposé un "siège total" à Gaza, interrompant les approvisionnements en eau, électricité et nourriture, alors que le territoire était déjà soumis à un blocus israélien.
La Maison Blanche a fait état d'un appel du président Joe Biden à Benjamin Netanyahu dans lequel il "a souligné la nécessité d'augmenter immédiatement et considérablement le flux d'aide humanitaire". Il a fait de même dans un appel au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.
Dix camions d'aide humanitaire ont pu entrer dimanche via le point de passage de Rafah avec l'Egypte, portant à 94 le nombre de ces véhicules arrivés depuis le 21 octobre, selon le Croissant-Rouge palestinien.
Il en faudrait 100 par jour dans ce territoire de 360 km2 où s'entassent 2,4 millions d'habitants privés de tout.
L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a mis en garde contre un écroulement de "l'ordre public" au lendemain du pillage d'entrepôts et de centres de distribution d'aide alimentaire.
A Rafah (sud), Souleimane al-Houli déplore les scènes de foule devant sa boulangerie : "je suis bouleversé, je ne peux pas donner du pain à tout le monde. La boulangerie ne produit que 30 fournées par heure. C'est bien moins que ce dont les gens ont besoin".
Aïcha Ibrahim, 39 ans, affirme avoir fait la queue devant deux autres boulangeries "depuis 5 heures et demi du matin".
- "Incertitude absolue" -
Pour Benjamin Netanyahu, l'objectif de cette guerre est "clair : détruire les capacités militaires et la direction du Hamas" et "ramener les otages à la maison".
Le 7 octobre, en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, des centaines de combattants du Hamas se sont infiltrés depuis Gaza sur le sol israélien, où ils ont commis l'attaque la plus meurtrière depuis la création d'Israël en 1948. Ils ont enlevé 239 personnes dont "beaucoup de travailleurs étrangers", selon Israël.
Les proches des otages sont de plus en plus mécontents de l'"incertitude absolue" à laquelle ils sont confrontés, a déclaré Haim Rubinstein, leur porte-parole. Quatre femmes ont été libérées à ce jour. Le Hamas estime à "près de 50" le nombre de ces otages tués dans les bombardements.
Le ministre israélien de la Défense a accusé dimanche le Hamas de "manipulation psychologique" au sujet des otages après que le mouvement palestinien s'est dit prêt à les libérer en échange des prisonniers palestiniens incarcérés par Israël.
Selon le Club des Prisonniers palestiniens, une association qui défend leurs droits, quelque 5.200 Palestiniens sont incarcérés par Israël.
- Tensions au Sud-Liban et en Cisjordanie -
La communauté internationale redoute un embrasement régional.
Dimanche, le président iranien Ebrahim Raïssi, dont le pays soutient le Hamas, a estimé dimanche qu'Israël avait franchi "les lignes rouges", ce qui "pourrait" décider d'autres parties "à passer à l'action".
Une des craintes d'embrasement concerne la frontière entre Israël et le Liban, qui a connu dimanche une montée des tensions.
Le puissant mouvement Hezbollah, allié du Hamas, a indiqué avoir abattu au-dessus du territoire israélien un drone israélien avec un missile sol-air et annoncé la mort d'un de ses combattants.
L'armée israélienne a rapporté pour sa part de nouveaux tirs en provenance du Liban vers le secteur de Har Dov et Kiryat Shmona et a dit avoir riposté vers l'origine des tirs.
Pas loin de la frontière israélienne, le journaliste de Reuters Issam Abdallah avait été tué le 13 octobre dans le sud du Liban par une frappe, et six autres journalistes, dont deux de l'AFP, avaient été blessés.
Dans une enquêtes publiée dimanche, l'organisation Reporters sans Frontières affirme que les journalistes ont été "ciblés".
Sans mettre catégoriquement en cause l'armée israélienne, l'organisation indique par ailleurs que "selon l'analyse balistique diligentée par RSF, la zone de provenance des tirs se situe à l'est de l'endroit où le groupe de journalistes et leurs véhicules ont été pris pour cible, où se trouve la frontière avec Israël".
La tension est aussi très vive en Cisjordanie occupée où la situation était déjà tendue avant cette guerre. Cinq Palestiniens ont été tués dimanche par des tirs de l'armée israélienne, selon le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne.
Depuis le 7 octobre, plus de 110 Palestiniens ont été tués par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie.
Dans la république russe à majorité musulmane du Daguestan, un aéroport a été fermé après avoir été pris d’assaut par une foule hostile à Israël.
D.Schneider--BTB