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Guerre Israël-Hamas: des blessés palestiniens quittent Gaza, des étrangers doivent suivre
Des dizaines de blessés palestiniens ont quitté mercredi la bande de Gaza, soumise aux bombardements incessants de l'armée israélienne, pour être hospitalisés en Egypte, et des centaines de binationaux et étrangers doivent suivre, une première dans la guerre entre Israël et le Hamas.
Rare développement positif en 26 jours de guerre, cette annonce a été faite à l'AFP en fin de matinée par un responsable égyptien sous couvert de l'anonymat. Des télévisions égyptiennes ont rapidement diffusé en direct l'entrée des ambulances du côté égyptien du terminal de Rafah, unique ouverture sur le monde de la bande de Gaza, où la situation humanitaire est jugée catastrophique pour les 2,4 millions d'habitants qui s'y entassent.
Pour les blessés, des soignants et des secouristes égyptiens ont procédé au transfert, les ont auscultés avant de les porter sur des brancards vers les ambulances égyptiennes. Au moins deux enfants étaient visibles dans ces ambulances, dont un portait un large bandage à l'abdomen, ainsi qu'une femme allongée sur un brancard, selon les images TV.
D'après un autre correspondant de l'AFP, trois d'entre elles sont arrivées en début d'après-midi à l'hôpital central de Cheikh Zoueid, à une dizaine de km de Rafah.
- "Besoins encore plus grands" -
Selon les télévisions égyptiennes, d'autres seront dirigées un peu plus loin, vers l'hôpital d'Al-Arich, chef-lieu de province. Bien équipé, il sera l'hôpital référent, d'après l'Organisation mondiale de la Santé.
"Mais l'attention ne doit pas se détourner des besoins encore plus grands" des milliers de "patients à Gaza dont la santé est trop précaire pour être évacués", a ajouté l'OMS.
Mercredi, le ministère de la Santé du Hamas a indiqué que 16 hôpitaux n'étaient plus fonctionnels, sur les 35 que compte la bande de Gaza, selon l'OMS.
A Rafah, l'Egypte a insisté pour que les près de 90 blessés soient évacués en premier, avant les quelque 545 binationaux et étrangers apparemment autorisés à partir.
La bande de Gaza est soumise depuis le 9 octobre à un "siège complet" qui prive sa population, exsangue, de livraisons d'eau, de nourriture et d'électricité. Israël réclame de pouvoir vérifier tout ce qui sort ou y entre, qu'il s'agisse de marchandises ou de personnes.
Selon le Cogat, l'organe du ministère israélien de la Défense supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens, 70 camions d'aide humanitaire sont entrés mardi.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha) a lui évoqué 143 camions entrés entre le 21 octobre et lundi soir, mais il insiste sur la nécessité absolue d'une aide beaucoup plus massive.
- "Pertes douloureuses" -
L'accord mis en oeuvre mercredi entre l'Egypte, le Hamas et Israël, et obtenu sous médiation du Qatar et en coordination avec les Etats-Unis selon une source diplomatique, est une rare éclaircie depuis le 7 octobre.
Selon les autorités israéliennes, au moins 1.400 personnes ont été tuées en Israël, en majorité des civils et la plupart le jour de cette attaque d'une ampleur et d'une violence inédites perpétrée par le Hamas.
Dans la bande de Gaza, dirigée par le mouvement islamiste, près de 8.800 personnes, dont 3.648 enfants, ont été tuées depuis le 7 octobre dans les bombardements de l'armée israélienne, selon un nouveau bilan communiqué mercredi par le Hamas. Et plus de 2.000 personnes sont portées disparues sous les décombres, d'après la même source.
Après une première phase de sa riposte axée sur les bombardements massifs, Israël a aussi entrepris, depuis vendredi, d'envoyer un nombre grandissant de chars et soldats dans le nord de la bande de Gaza, où des combats féroces l'opposent, au milieu des ruines, aux combattants du Hamas.
Mercredi, l'armée israélienne a annoncé la mort de 11 soldats la veille, portant à 326 le nombre de ses soldats morts dans cette guerre. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réagi en promettant la "victoire" malgré les "pertes douloureuses".
Lundi et mardi, l'armée israélienne avait affirmé avoir tué "des dizaines" de combattants du Hamas. Le mouvement islamiste palestinien n'a fourni aucun bilan sur ses pertes.
Dans le territoire palestinien, selon les autorités israéliennes, au moins 240 otages, enlevés lors de l'attaque du 7 octobre, sont toujours aux mains du Hamas, qu'Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne considèrent comme une organisation "terroriste". Leurs proches, en Israël et à l'étranger, vivent dans l'angoisse de leur sort.
Mercredi, le Hamas a affirmé que sept otages, "dont trois détenteurs de passeport étrangers", avaient été tués la veille dans un bombardement israélien sur le plus grand camp de réfugiés de Gaza, à Jabaliya (nord). Cette affirmation était invérifiable dans l'immédiat de source indépendante.
Selon Israël, ce bombardement a permis d'"éliminer" un haut dirigeant du Hamas, Ibrahim Biari. Mais il a fait "des dizaines de morts et des centaines de blessés", d'après le ministère de la Santé du Hamas.
Dans une vidéo de l'AFPTV, il a été possible de dénombrer au moins 47 corps drapés de linceuls après avoir été extraits des décombres.
- 34 journalistes tués, selon RSF -
Dénonçant un "nouveau massacre", le Qatar, impliqué dans les tentatives de résolution de la crise des otages, a mis en garde contre des opérations susceptibles de "saper les efforts de médiation".
La guerre a également exacerbé les tensions en Cisjordanie occupée, où au plus de 125 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre par des tirs de soldats ou de colons israéliens, selon l'Autorité palestinienne.
Alors que chaque jour apporte ses craintes d'un embrasement régional, la Turquie et l'Iran ont appelé mercredi à la convocation au plus vite d'une grande conférence internationale.
L'armée israélienne a annoncé avoir envoyé des bateaux de guerre en mer Rouge, au lendemain de tirs de missile, qu'elle dit avoir interceptés, par les rebelles Houthis au Yémen, proches de l'Iran.
A la frontière Nord d'Israël, les accrochages armées sont quotidiens avec les groupes pro-palestiniens au Liban, dont le Hezbollah. L'armée israélienne a dit mercredi avoir ciblé une "cellule terroriste" qui s'apprêtait à tirer des missiles anti-char.
Huit soldats israéliens et un civil ont été tués à cette frontière depuis le 7 octobre, selon l'armée. Côté Libanais, d'après un décompte de l'AFP, 63 personnes sont mortes, dont cinq civils et 47 membres du Hezbollah.
Trente-quatre journalistes ont aussi été tués depuis le début de la guerre, selon l'ONG Reporters sans frontières (RSF), qui a annoncé mercredi avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) pour "des crimes de guerre commis contre les journalistes" dans les Territoires palestiniens et en Israël.
burs-gk/abo
T.Bondarenko--BTB