-
Au-delà du football, Manchester City au coeur du renouveau de la ville
-
Avoir 20 ans à La Havane en pleine crise
-
Italie: des militants espèrent qu'un procès mettra fin aux "polluants éternels" issus d'une usine
-
En Israël, un influenceur incarne la brutalité politique avant les élections
-
Après les lycéens, les syndicats belges mobilisent contre la rigueur
-
Gazole, engrais : la facture flambe et met à l'épreuve le vote républicain des agriculteurs
-
Le Sahel, autre front ukrainien contre la Russie
-
Italie: et si la Serie A avait trouvé l'antidote contre les 0-0
-
Pour de bonnes nouvelles sur le climat, oubliez la politique et regardez les tribunaux
-
Un homme blessé par balle lors d'une opération d'ICE à New York
-
Trump exclut d'attaquer l'Iran avant les élections de mi-mandat
-
F1: à Singapour, Russell aura une chance infime de recoller à Antonelli
-
Ligue 1: sans Sima, Lens en quête d'une nouvelle pointe
-
Au Népal, des victimes de la crue catastrophe toujours en attente d'un toit
-
NBA : Wembanyama affûté pour sa reprise avec les Spurs
-
VTC, livraison de repas : la Chine vers une meilleure protection des travailleurs
-
L'armée américaine veut diffuser en direct l'exécution de l'auteur d'une tuerie sur une base militaire
-
Poutine propose son aide pour mettre fin au conflit avec l'Iran
-
Venezuela : Machado demande la levée de son inéligibilité après les révélations d'une magistrate
-
En Australie, des tests d'audition pour phoques et otaries dans un zoo
-
Le Nobel de la paix va-t-il faire des vagues à la Maison Blanche?
-
Avant "l'acte V", l'incertitude plane sur la suite du mouvement lycéen
-
Chili : une inhabituelle coulée de boue à Santiago fait au moins six blessés
-
Joie et soulagement pour le retour du porte-avions Abraham Lincoln aux États-Unis
-
Présidence de la Fifa: Montagliani ne se présentera pas (médias)
-
Madrid pleure Maricarmen, icône des manifestations pour le logement en Espagne
-
Anthropic interdit la "cruauté gratuite" envers son IA Claude
-
Le porte-avions Abraham Lincoln de retour aux États-Unis après un déploiement mouvementé au Moyen-Orient
-
Au Sommet de l'élevage, le manque de fourrage au cœur des préoccupations
-
Trump décore Musk d'une médaille scientifique et le qualifie de "trésor national"
-
"Merci pour tout" : à Madrid, l'hommage à Maricarmen, devenue symbole de la crise du logement
-
Wall Street recule, s'inquiéte des prix du pétrole et perd le soutien de la tech
-
Procès Maradona : 4 à 12 ans de prison requis contre l'équipe médicale de sa fin de vie
-
La Française Sophie Adenot et l'équipage de Crew-12 de retour sur Terre
-
La stèle 2026 en mémoire de 56 reporters tués en mission dévoilée à Bayeux
-
Procès Maradona : peines de 4 à 12 ans de prison requises contre l'équipe médicale
-
La série animée "Miraculous" bientôt adaptée en prise de vues réelles
-
Pour la der de Messi, les périples low-cost et rocambolesques du Bénin et du Burkina
-
La justice américaine poursuit Maduro et son épouse pour torture
-
Grève TotalEnergies : les expéditions de carburants ont été bloquées dans plusieurs raffineries, selon la CGT
-
Yémen: à Taëz, assiégée par les Houthis, une population "à bout"
-
Procès Maradona : l'accusation dénonce l'"organisation chaotique" fatale de l'équipe médicale
-
Russie : un centre de données du géant de la tech Yandex touché par une frappe ukrainienne
-
Canal+ fait un pas dans le sport gratuit pour attirer de la pub et des abonnés
-
Affaire Epstein : les perquisitions liées à l'arrestation d'Andrew jugées illégales, l'enquête se poursuit
-
Surfeurs étrangers tués au Mexique : verdict attendu dans la journée
-
Christa Pike, qui a survécu à son exécution aux États-Unis, a recommencé à marcher, selon son avocat
-
La Bourse de Paris minée par la hausse des taux et du pétrole
-
Yémen: à Taëz, asphyxiée par les Houthis, une population "à bout"
-
Grèce: inauguration d'une mine d'or en dépit des protestations de longue date
RD Congo: fonctionnaires à perpétuité
Ils ont 70, 80, 90 et même 100 ans. Enseignants ou agents administratifs, ils sont fonctionnaires en République démocratique du Congo et travaillent encore, attendant désespérément un pécule, une pension et une reconnaissance qui ne viennent pas.
"Je voudrais que l'Etat me fasse partir avec honneur!", déclare Bayard Kumwimba Dyuba, 84 ans, instituteur dans une école primaire de Lubumbashi, dans le sud-est du pays.
L'esprit est vif, mais le dos voûté et "l'audition difficile", s'excuse le petit homme jovial, chemise jaune et casquette bleue, en demandant qu'on répète la question.
"J'ai commencé à enseigner en 1968, le 9 septembre", raconte-t-il. "C'est le métier que j'ai choisi... je ne veux pas l'abandonner", poursuit le maître, qui enseigne à une classe de 35 élèves de 11 ou 12 ans. "Mais je suis au bout de mes forces".
Pourquoi ne part-il pas à la retraite, alors? "Je veux partir!", lance-t-il. "Mais pas comme ça, sans rien! Je voudrais qu'on me donne ce que je mérite". Une somme au titre de son "décompte final" - quelque chose comme 30.000 dollars, espère-t-il - suivie d'une pension versée régulièrement.
Mais depuis des années, beaucoup d'agents de l'Etat sont oubliés, malgré une loi de 2016 stipulant que sont admis à la retraite ceux ayant atteint l'âge de 65 ans ou cumulé 35 ans de carrière.
- "Abandonnés" -
"Nous sommes délaissés, presque abandonnés", constate le vieux professeur, qui dit gagner un salaire mensuel de 370.000 francs congolais (185 dollars).
Dans une école primaire voisine de la sienne, la directrice a 78 ans.
Françoise Yumba Mitwele est entrée dans l'enseignement en 1962. "C'était ma vocation, j'adore enseigner", sourit-elle, droite et pimpante dans son ensemble en pagne coloré.
Comme Bayard, elle est "fatiguée" mais continue à travailler, parce qu'elle attend "une somme pour partir", qu'elle évalue à 25.000 dollars, de quoi par exemple acheter une maison pour ses enfants.
En septembre dernier, le ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, avait estimé à 350.000 le nombre d'agents éligibles à la retraite.
"14.000 ont plus de 90 ans, 256 sont centenaires. Le plus vieux a 110 ans", détaillait-il, en affirmant vouloir oeuvrer à un "départ progressif des concernés à une retraite qui soit digne par rapport au passé".
"C'est du déjà entendu, chaque ministre dit la même chose et ensuite rien ne se passe!", critique Me Hubert Tshiswaka, directeur de l'Institut de recherche en droits humains, qui défend à Lubumbashi les dossiers d'ancien salariés d'entreprises publiques admissibles à la retraite.
"Les pensions n'arrivent pas et les vieux papas et vieilles mamans meurent dans la misère", s'emporte-t-il, en déplorant les "détournements" d'argent public et "l'impunité" qui va avec.
Françoise est sceptique elle aussi, parce que depuis les déclarations du ministre, rien n'a changé.
"Je voudrais partir la tête haute", insiste la directrice, qui demande aussi que son travail pendant toutes ces années soit reconnu. "Nous n'avons même pas une médaille, que nous pourrions laisser à nos petits-enfants...", souffle-t-elle, entre colère et tristesse.
- "On attend" -
A l'autre bout du pays, dans la capitale Kinshasa, "Petit Pierre" escalade en s'accrochant à la rampe le mauvais escalier qui mène à son bureau, au 1er étage d'une maison bleue du quartier Singa Mopepe dont il est le chef, dans la commune de Lingwala.
A 80 ans, Yantula Bobina Pierre Elengesa, de son vrai nom, se félicite lui aussi de travailler "pour un grand service de l'Etat". Comme chef de quartier, il reçoit les habitants, règle leurs problèmes de voisinage ou de logement, fait des recensements...
En 1960, il était percussionniste dans l'orchestre de Joseph Kabasele, alias Grand Kallé, auteur du titre culte "Indépendance Cha Cha". Il a arrêté la musique après un grave accident de voiture, en 1963, quand il a été amputé d'une jambe. "J'ai une prothèse, je suis habitué...", poursuit le chef de quartier.
Tous les jours sauf le dimanche, il se réveille à 03H00 pour éviter les embouteillages et venir à son bureau.
Quand on lui demande si son travail est fatigant, il n'évoque pas son âge mais regrette de ne pas avoir d'ordinateur. "Le monde a évolué mais pas l'administration", estime-t-il, assis devant des étagères remplies de classeurs et surmontées de mégaphones, avec lesquels il fait "de la sensibilisation" dans son quartier.
Mais tout de même, "vous voyez qu'à l'âge que j'ai, il est temps de me reposer... Mais la retraite ne vient pas", constate Petit Pierre. "On est là, on attend", dit-il avec philosophie.
Le ministère de la Fonction publique n'a pas précisé quelles mesures étaient prises pour permettre le départ de ses vieux agents et n'a pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.
M.Odermatt--BTB