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Israël jure d'éliminer le chef du Hamas à Gaza, suspension des évacuations
Israël a juré samedi de trouver et d'éliminer le chef du Hamas dans la bande de Gaza, où le mouvement palestinien a suspendu les évacuations d'étrangers et de binationaux vers l'Egypte, au 29e jour de la guerre qui a fait des milliers de morts.
Pour la première fois depuis le début de cette guerre déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre, le chef d'état-major israélien, le général Herzi Halevi, s'est rendu dans la bande de Gaza assiégée pour une visite aux troupes qui livrent des combats acharnés aux combattants du Hamas.
"Les bombes tombaient sur nous, les gens étaient coupés en morceaux, ils sont tous morts, ils ont tous été blessés, nous voulons une trêve, s'il vous plaît, nous sommes épuisés", a raconté Sajda Maarouf, une Palestinienne qui a trouvé refuge dans l'une des écoles.
Israël a rejeté les appels à des "pauses humanitaires" soutenues par Washington, exigeant une libération des otages emmenés à Gaza le 7 octobre par le mouvement palestinien Hamas lors de son attaque, d'une ampleur inédite depuis la création d'Israël en 1948.
"Nous allons trouver Sinouar et nous allons l'éliminer", a affirmé le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, en référence au chef du Hamas dans la bande de Gaza Yahya Sinouar.
Il a fait état de "combats difficiles à l'intérieur de la bande de Gaza" et affirmé que des troupes étaient entrées dans des "zones résidentielles".
Après l'évacuation ces derniers jours de Gaza vers l'Egypte de plusieurs centaines de blessés, d'étrangers et de binationaux via le point de passage de Rafah, le gouvernement du Hamas a suspendu les évacuations en raison du refus d'Israël de laisser partir des blessés palestiniens vers des hôpitaux égyptiens.
"Aucun détenteur de passeport étranger ne pourra partir avant que les blessés qui doivent être évacués des hôpitaux du nord de la bande de Gaza ne puissent être transportés vers le terminal de Rafah", a indiqué à l'AFP un responsable de l'administration des points de passage.
- "Maman sauve-moi" -
Vendredi, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé une ambulance devant l'hôpital al-Shifa affirmant qu'elle était "utilisée" par le Hamas. Ce bombardement a fait 15 morts et 60 blessés, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Le véhicule visé faisait partie d'un convoi d'ambulances qui s'apprêtaient à transporter des blessés vers Rafah, d'après le Hamas.
Le patron de l'ONU Antonio Guterres s'est dit "horrifié" après ce bombardement.
A la suite d'une étape à Tel-Aviv, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a rencontré à Amman des chefs de diplomatie de pays arabes et réitéré que les efforts pour épargner les civils palestiniens et accélérer l'envoi d'aides seraient "facilités par des pauses humanitaires".
M. Blinken a néanmoins redit que son pays considérait qu'un cessez-le-feu ne ferait que "garder en place le Hamas", considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.
Le secrétaire d'Etat doit se rendre dimanche en Turquie qui a annoncé le rappel de son ambassadeur en Israël pour consultations en raison du refus d'Israël d'accepter un cessez-le-feu.
Selon un bilan publié samedi par le gouvernement du Hamas, 9.488 personnes, essentiellement des civils dont 3.900 enfants, ont été tuées par les frappes israéliennes dans la bande de Gaza.
En Israël, au moins 1.400 personnes ont été tuées selon les autorités depuis le 7 octobre, en majorité des civils massacrés le jour de l'attaque du Hamas. Le Hamas détient en outre 241 otages, selon l'armée.
Rassemblés à Tel-Aviv samedi soir, des familles d'otages ont réclamé leur libération. "Cinq membres de ma famille ont été kidnappés, enlevés de leur lit", dont sa fille de 16 ans et son fils de 12 ans, raconte Hadas Kalderon. "J'entends mon fils tous les jours qui me crie dans l'oreille +Maman sauve-moi+, c'est ce que j'entends tous les jours et j'ai le coeur brisé."
- Combats -
Après l'attaque du 7 octobre, Israël a juré "d'anéantir" le Hamas.
Les soldats, intensifiant leurs opérations, cherchent à détruire le "centre" du Hamas à Gaza-ville, selon l'armée. Ils ont subi plusieurs attaques et tué "des dizaines de terroristes" dans le nord du territoire. Ils ont mené un "raid ciblé" dans le sud de la bande de Gaza tuant des combattants ennemis "qui sortaient d'un tunnel".
Au moins 29 soldats ont été tués depuis le début de l'opération terrestre à Gaza le 27 octobre, d'après l'armée.
Le Hamas a affirmé avoir ciblé un convoi militaire israélien avec des obus et infligé des "pertes à l'ennemi".
En quatre semaines, la guerre a provoqué d'immenses destructions à Gaza et entraîné selon l'ONU le déplacement de 1,4 million de personnes dans le territoire palestinien où la situation humanitaire est catastrophique.
D'après un responsable américain, 350.000 à 400.000 personnes se trouveraient encore dans le nord, où se concentre l'essentiel des combats.
La bande Gaza, 362 kilomètres carrés et 2,4 millions d'habitants, est placée depuis le 9 octobre en état de "siège complet" par Israël qui y a coupé les approvisionnements en eau, électricité et nourriture. Ce territoire était déjà soumis à un blocus israélien depuis plus de 16 ans.
- Frontière Israël-Liban -
La tension est en outre très vive dans le nord d'Israël, à la frontière avec le sud du Liban, fief du Hezbollah, un allié du Hamas et de l'Iran.
L'armée a lancé de nouveaux raids contre des cibles du Hezbollah qui a dit avoir visé des positions israéliennes à la frontière.
Depuis le 7 octobre, 72 personnes ont péri côté libanais, selon un décompte de l'AFP, dont 54 combattants du Hezbollah. Six soldats et un civil ont été tués côté israélien.
En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, plus de 140 Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats ou de colons israéliens depuis le 7 octobre, selon l'Autorité palestinienne.
M.Furrer--BTB