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L'armée israélienne progresse dans Gaza, malgré les appels au cessez-le-feu
L'armée israélienne a continué dimanche à progresser au prix de combats acharnés dans la bande de Gaza assiégée, où des frappes ont fait des dizaines de morts la veille dans des camps de réfugiés, selon le Hamas, malgré les appels à une trêve et le désespoir des civils palestiniens.
De nouveaux appels à un cessez-le-feu sont venus du monde arabe, après 30 jours d'une guerre déclenchée le 7 octobre par l'attaque sanglante et sans précédent du mouvement islamiste palestinien, au pouvoir dans la bande de Gaza, sur le sol israélien.
L'armée mène en parallèle depuis le 27 octobre des opérations terrestres au milieu des ruines, face à des combattants du Hamas retranchés dans un réseau de tunnels.
Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Al-Safadi, a assuré samedi que le monde arabe parlait d'une "seule voix" pour réclamer un cessez-le-feu, lors d'une rencontre à Amman avec plusieurs homologue de la région et le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.
Mais M. Blinken a réitéré l'opposition des Etats-Unis à un cessez-le-feu, qui ne ferait "que garder le Hamas en place", privilégiant des "pauses" pour acheminer l'aide humanitaire à la population.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est dit opposé à toute pause tant que les otages détenus par le Hamas n'auraient pas été libérés.
Poursuivant sa tournée, le secrétaire d'Etat américain se rend dimanche en Turquie, dont le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré rompre tout contact avec Benjamin Netanyahu pour protester contre l'offensive israélienne en cours à Gaza.
- Drapeau israélien -
L'armée israélienne a indiqué dimanche avoir frappé 2.500 cibles depuis le début des opérations au sol, le 27 octobre au soir, dans la bande de Gaza.
Durant la nuit, des frappes ont visé "un complexe du Hamas abritant un centre de commandement et des postes d'observation", a ajouté l'armée, tandis que les soldats israéliens "continuent à éliminer des terroristes lors de combats rapprochés".
L'armée a annoncé avoir "intensifié" ses opérations après avoir encerclé jeudi la ville de Gaza, dans le nord du territoire, afin d'y détruire le "centre" du Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.
Dans le nord de la bande de Gaza, un drapeau israélien bleu et blanc flottait dimanche sur un bâtiment détruit, au milieu d'un champ de ruines, selon des images de l'AFP tournées depuis la ville israélienne de Sdérot.
L'armée israélienne a une nouvelle fois dispersé dans le ciel du territoire palestinien des messages appelant la population à évacuer vers le sud pour se protéger des combats.
Dans la nuit, le ministère de la Santé du Hamas a affirmé qu'un bombardement avait fait 45 morts, en majorité des femmes et des enfants, dans le camp de réfugiés de Maghazi (centre).
Un journaliste de l'agence turque Anadolu a déclaré à l'AFP que sa maison s'était partiellement effondrée lorsqu'une frappe aérienne avait touché l'habitation de ses voisins dans ce camp, faisant de nombreuses victimes, dont deux de ses enfants.
Le chef d'état-major israélien, le général Herzi Halevi, a inspecté ses troupes à Gaza samedi, pour la première fois depuis le 7 octobre.
- "Les bombes tombaient" -
Depuis cette date, 9.488 personnes, essentiellement des civils dont 3.900 enfants, ont été tuées par les bombardements israéliens dans la bande de Gaza, selon le Hamas.
En Israël, où les sirènes d'alerte aux roquettes retentissent régulièrement, au moins 1.400 personnes sont mortes selon les autorités, en majorité des civils tués le 7 octobre lors de l'attaque du Hamas, d'une violence et d'une ampleur inédites depuis la création d'Israël en 1948.
Le Hamas détient en outre 241 otages, selon l'armée.
Samedi, une autre frappe a fait 15 morts, d'après le Hamas, dans une école de l'ONU où s'abritaient des déplacés, dans le camp de réfugiés de Jabaliya (nord). Ce camp, le plus grand de la bande de Gaza, a été frappé plusieurs fois ces derniers jours, tout comme plusieurs autres écoles transformées en refuges.
"Les bombes tombaient sur nous, les gens étaient coupés en morceaux, ils sont tous morts ou blessés, nous voulons une trêve, s'il vous plaît, nous sommes épuisés", a imploré Sajda Maarouf, réfugiée dans une école.
En quatre semaines, les bombardements israéliens ont provoqué d'immenses destructions à Gaza et entraîné, selon l'ONU, le déplacement d'1,5 million de personnes.
Israël a placé depuis le 9 octobre ce territoire pauvre, très densément peuplé, de 362 kilomètres carrés en état de "siège complet", coupant les livraisons en eau, en électricité et en nourriture. La bande de Gaza était déjà soumise à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007.
D'après un responsable américain, 350.000 à 400.000 personnes se trouveraient encore dans le nord du territoire, où se concentre l'essentiel des combats. Mais les bombardements israéliens n'épargnent pas non plus le sud, où sont massées des centaines de milliers de personnes près de la frontière avec l'Egypte.
Cette frontière, à Rafah, s'est ouverte partiellement depuis le 21 octobre pour laisser transiter des convois humanitaires. Au total, 450 camions avaient traversé la frontière samedi, selon l'ONU, qui réclame une aide plus massive.
Plusieurs centaines de blessés, d'étrangers et de binationaux ont pu quitter Gaza vers l'Egypte depuis le 1er novembre via Rafah également, mais le gouvernement du Hamas a décidé de suspendre samedi ces évacuations en raison du refus d'Israël de laisser partir d'autres blessés palestiniens.
Les tensions sont très vives aussi dans le nord d'Israël, à la frontière avec le Liban, où les échanges de tirs sont quotidiens entre l'armée israélienne et le mouvement pro-iranien Hezbollah, allié du Hamas.
Depuis le 7 octobre, 72 personnes ont péri du côté libanais, selon un décompte de l'AFP, dont 54 combattants du Hezbollah. Six soldats et un civil ont été tués du côté israélien.
La guerre a aussi exacerbé les violences en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où plus de 150 Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats ou de colons israéliens depuis le 7 octobre, selon l'Autorité palestinienne.
Dimanche, trois Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes dans deux villes en Cisjordanie occupée, selon le ministère palestinien de la Santé.
B.Shevchenko--BTB