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Face aux missiles russes, les approvisionnements ukrainiens en obus baissent dangereusement
Face à une armée russe qui accumule les missiles pour des attaques hivernales, l'Ukraine voit, à cause de la guerre entre Israël et le Hamas, ses approvisionnements en obus baisser dangereusement, a regretté jeudi le président Volodymyr Zelensky.
Recevant un groupe de médias, dont l'AFP, le chef de l'Etat ukrainien a admis que les combats dans la bande de Gaza ont eu pour conséquence un ralentissement des livraisons de munitions d'artillerie, cruciales pour son armée.
"Au Moyen-Orient, que pensez-vous qu'ils aient commencé à acheter en premier ? Les (obus de) calibre 155. Nos approvisionnements ont diminué", a-t-il dit.
Israël, qui bénéficie du soutien militaire des Etats-Unis, bombarde sans relâche la bande de Gaza depuis que les combattants du Hamas ont massacré des centaines de civils lors d'un assaut sans précédent début octobre.
- "Entrepôts vides" -
"Ce n'est pas comme si les Etats-Unis avaient dit : nous ne donnons rien à l'Ukraine. Non! Nous avons des relations sérieuses, très puissantes", a assuré M. Zelensky. "C'est normal, tout le monde se bat pour survivre. Je ne dis pas que c'est une chose positive, mais c'est la vie et nous devons défendre ce qui est à nous".
"Aujourd'hui, nous avons des problèmes avec des obus d'artillerie de calibre 155" millimètres, a-t-il déploré.
Dans le monde entier "maintenant les entrepôts sont vides ou il y a un minimum légal que tel ou tel Etat particulier ne peut pas vous donner", a-t-il expliqué. "Et ce n'est pas suffisant".
Ce problème est d'autant plus grave que de l'autre côté de la ligne de front, les forces russes stockent des missiles en prévision d'attaques massives contre des infrastructures ukrainiennes cet hiver, a ajouté le président ukrainien.
"J'estime qu'ils accumulent (des missiles), mais ils n'ont pas beaucoup plus de missiles qu'auparavant. Sinon, ils auraient déjà commencé à bombarder", a-t-il indiqué.
Son pays s'attend à de nouvelles attaques sur son réseau énergétique, comme l'hiver dernier, quand des millions d'Ukrainiens étaient privés de chauffage ou d'électricité par des températures glaciales.
"Je pense que nous sommes mieux préparés pour l'hiver qu'auparavant", a estimé M. Zelensky. "Mais je ne pense pas que la Russie utilisera moins d'armes. L'hiver sera difficile".
"En termes de défense aérienne, nous sommes en meilleure position que l'hiver dernier", a-t-il ajouté.
Selon lui l'armée ukrainienne arrive notamment à abattre "75-80%" de drones explosifs de fabrications iranienne que la Russie utilise souvent contre son voisin, notamment pendant ses attaques nocturnes.
Face à ce danger les pays occidentaux, qui soutiennent l'effort militaire ukrainien depuis les premiers jours de l'invasion russe, multiplient les déclarations rassurantes, même si des voix s'élèvent parfois pour réclamer une réduction de ce soutien.
Ainsi le nouveau chef de la diplomatie britannique, David Cameron, en visite à Kiev pour son premier déplacement international, a promis jeudi que Londres continuerait à aider l'Ukraine "tout le temps qu'il faudra".
"Nous continuerons à vous apporter le soutien moral, diplomatique, économique, mais surtout militaire, dont vous avez besoin non seulement cette année, et l'année prochaine, mais aussi pendant tout le temps qu'il faudra", a assuré le responsable britannique.
"La Russie pense (...) que l'Occident finira par concentrer son attention ailleurs" que sur l'Ukraine, "il n'y a rien de plus faux", a martelé M. Cameron dont le pays est le deuxième donateur d'aide militaire à l'Ukraine, avec 4,6 milliards de livres (5,3 milliards d'euros) promises à ce jour.
- Protection maritime -
Les négociations avec la délégation britannique ont porté sur des livraisons d'"armes pour la ligne de front, le renforcement de la défense aérienne, la protection de notre population et de nos infrastructures essentielles", a détaillé M. Zelensky sur Telegram.
A Kiev, M. Cameron a également été informé de la situation militaire. Le front est quasiment figé depuis un an, malgré le lancement d'une contre-offensive ukrainienne en juin.
Il s'est ensuite rendu à Odessa pour échanger avec son homologue ukrainien, Dmytro Kouleba, notamment sur le mécanisme d'assurance établi par Kiev avec des assureurs britanniques pour les navires exportant des céréales ukrainiennes.
"Cette mesure est essentielle pour les recettes d'exportation et la reprise économique de l'Ukraine", a déclaré David Cameron.
Sur le terrain, le chef de l'armée ukrainienne, Valery Zaloujny, a admis début novembre que les deux armées étaient actuellement "dans une impasse" sur le terrain.
Les troupes de Kiev ont cependant réussi récemment à établir des positions sur la rive gauche du fleuve Dniepr dans la partie de la région de Kherson occupée par l'armée russe. Une percée dans ce secteur serait un succès important.
Mais les forces du Kremlin ne sont pas en reste, bombardant dans le sud et attaquant dans l'est.
A Kherson, capitale de la région éponyme reprise par Kiev en novembre 2022 et quotidiennement bombardée par les Russes, un homme a été tué et une femme blessée jeudi matin, selon les autorités régionales.
C.Kovalenko--BTB