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Catherine Colonna en Chine pour une visite dominée par le Proche-Orient
La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a rencontré vendredi à Pékin son homologue chinois Wang Yi, lors d'une courte visite dominée par la guerre Israël-Hamas.
Sa venue intervient au moment où vient de débuter une trêve dans les combats entre Israël et le Hamas. Un premier groupe de 13 otages doit être libéré dans l'après-midi par le mouvement islamiste, avec au total 50 libérations prévues sur quatre jours.
"Pour nous, tous les otages doivent être libérés. Tous et pas seulement 50", a déclaré la ministre lors d'un briefing avec des journalistes français dont l'AFP.
De source diplomatique à Paris, on avait indiqué que la situation au Proche-Orient serait au programme des discussions entre Mme Colonna et ses interlocuteurs chinois.
"La Chine est un acteur qui pèse plus qu'avant dans la région" en raison notamment de sa "relation importante, forte, avec l'Iran", avait expliqué cette source.
"La première chose qu'on attend de la Chine sur ce conflit, c'est de joindre ses efforts aux nôtres pour faire en sorte que l'on évite toute escalade régionale, compte tenu des messages qu'elle peut passer à toute une série d'acteurs régionaux, en particulier, évidemment, à l'Iran", a-t-elle ajouté.
La Chine a parrainé en début d'année le spectaculaire accord de normalisation des relations diplomatiques Iran-Arabie saoudite.
Autre sujet de discussion: la guerre en Ukraine. "La ministre abordera évidemment à nouveau l'Ukraine avec Wang Yi", avait-on indiqué de source diplomatique avant le déplacement.
"L'implication de la Chine dans la recherche d'une solution diplomatique à la guerre en Ukraine est essentielle", notamment "compte tenu de la relation très particulière que la Chine a avec la Russie", selon la même source.
"On en discute de façon très poussée, à chaque occasion, avec la Chine".
- "Responsabilités mondiales" -
Reçue vendredi matin par le Premier ministre Li Qiang sous les lustres du Palais du peuple, au coeur de Pékin, Catherine Colonna a rappelé à son interlocuteur que la Chine et la France sont "membres permanents du Conseil de sécurité" et ont à ce titre "des responsabilités mondiales".
Elles "s'efforcent de trouver des réponses aux grands défis, en particulier les défis du climat, de la biodiversité et tout ce qui peut apaiser les tensions dans le monde", a-t-elle souligné.
Li Qiang, de son côté, a souligné la "tendance positive dans la coopération sino-française sur tous les fronts".
"Cette coopération étroite entre la Chine et la France a également injecté beaucoup d'énergie positive et apporté plus de certitude au monde incertain d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.
Catherine Colonna a co-présidé vendredi après-midi avec son homologue Wang Yi le "Dialogue franco-chinois de haut niveau sur les échanges humains" à l'Université de Pékin.
Mis sur pause durant la pandémie, ce dialogue entamé en 2014 porte sur les échanges universitaires, scientifiques, culturels, sportifs, les enjeux liés au tourisme ou encore les questions d'égalité femmes-hommes.
A l'occasion de la visite ministérielle, Pékin a annoncé qu'à partir du 1er décembre, les touristes français pourraient venir en Chine sans visa pour des visites de moins de 15 jours.
Un accord en vigueur jusqu'au 30 novembre 2024 et également valable pour les ressortissants de cinq autres pays (Allemagne, Italie, Pays-Bas, Espagne, Malaisie).
"Maintenant que l'ombre de l'épidémie est dissipée, nous nous réjouissons de voir se multiplier les visites mutuelles, les contacts et les échanges entre nos deux peuples", a déclaré Wang Yi, alors que la Chine avait fermé ses portes pendant près de trois ans en raison de la pandémie de Covid-19.
"Il s’agit d’une annonce forte qui permettra de faciliter grandement la mobilité entre nos deux pays", a salué Catherine Colonna.
Les deux ministres ont aussi lancé le Centre franco-chinois de neutralité carbone, qui vise à faciliter les coopérations scientifiques et technologiques entre les deux pays et financer des programmes de recherche conjoints.
"Une semaine avant la COP28, il ne pouvait y avoir meilleure manière d'affirmer l'ambition de nos deux pays pour le climat", a souligné Mme Colonna avant d'entamer une rencontre bilatérale formelle avec Wang Yi.
La France et la Chine devraient signer une série d'accords dans l'éducation, la culture, les échanges universitaires ou encore la santé.
Depuis la reconnaissance de la République populaire de Chine par la France du général de Gaulle en 1964, Pékin perçoit Paris comme un interlocuteur ayant une approche plus indépendante des Etats-Unis que les autres pays occidentaux.
T.Bondarenko--BTB