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L'Otan cherche à convaincre sur son soutien à l'Ukraine dans un contexte morose
L'Otan a cherché mardi à convaincre de la poursuite de son engagement en Ukraine dans un contexte difficile, dominé par le statu quo sur le champ de bataille et les atermoiements des Etats-Unis.
"Je suis confiant" sur la poursuite du soutien militaire américain à l'Ukraine, a lancé le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg au début d'une réunion ministérielle à Bruxelles.
L'aide de Washington est pourtant bloquée au Congrès depuis des semaines, en raison de réticences d'élus républicains à contribuer davantage à l'effort de guerre en Ukraine. Les Etats-Unis ont déjà versé 40 milliards de dollars d'aide militaire à Kiev, et ces élus jugent que le reste peut attendre au moment où Israël, aux prises avec le Hamas, a aussi besoin d'aide.
Et en Europe, plusieurs pays rechignent à débourser davantage. Le versement d'une aide de 20 milliards d'euros suggérée par le patron de la diplomatie européenne Josep Borrell est bloqué, et l'enveloppe globale de 50 milliards d'euros également envisagée pour aider Kiev est pour l'instant restée lettre morte.
A leur arrivée à Bruxelles mardi, plusieurs chefs de la diplomatie ont pourtant promis de ne rien lâcher. "Nous réaffirmerons fortement notre soutien" à l'Ukraine, a assuré le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.
- "Dans la durée" -
"Nous marquerons, nous réaffirmerons notre soutien à l'Ukraine, un soutien qui doit s'exercer dans la durée, évidemment", a promis la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna.
"Nous devons continuer à soutenir l'Ukraine (...) qui se bat pour sa survie face à l'agresseur russe", a martelé son côté son collègue letton Krisjanis Karins, candidat à la succession de M. Stoltenberg l'an prochain. Il est de "notre intérêt direct de s'assurer que la Russie ne gagne pas cette guerre", a-t-il ajouté.
C'est aussi le message que ne cesse de faire passer le secrétaire général de l'Otan.
Les Alliés "ont beaucoup fait" et restent "engagés", a-t-il indiqué. Il s'est ainsi félicité des récentes annonces faites par l'Allemagne et les Pays-Bas, qui ont respectivement promis une aide de huit milliards et de deux milliards d'euros à l'Ukraine. Il a toutefois aussi appelé les Alliés à poursuivre leurs efforts en faveur des Ukrainiens, une "obligation" pour l'Otan.
"Nous avons besoin de continuer à les soutenir en sachant que plus l'Ukraine sera forte sur le champ de bataille, plus elle le sera à la table de négociations", a-t-il souligné, tout en martelant que la décision d'ouvrir ces négociations appartenait à l'Ukraine et à elle seule.
La situation est pourtant "difficile" sur le champ de bataille en Ukraine, a souligné lundi M. Stoltenberg, reconnaissant que la ligne de front n'avait pas bougé depuis des semaines. Néanmoins, les Occidentaux n'ont pas le choix, il en va de la "responsabilité" des dirigeants politiques mais aussi "des citoyens dans nos pays", a-t-il assuré.
"Nous n'avons pas d'autre alternative. Celle consistant à laisser le président (Vladimir) Poutine gagner serait une tragédie pour les Ukrainiens et dangereuse pour nous tous", a-t-il encore dit.
La ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock a résumé la situation à sa façon: "Il ne s'agit pas de savoir si l'Ukraine peut progresser sur le terrain militaire, il s'agit de sauver des vies".
Et sauver des vies signifie accélérer l'aide des Alliés à l'Ukraine pour lui permettre d'en finir avec cette guerre le plus vite possible, a-t-elle expliqué.
Ce qui est en jeu, "c'est l'Ukraine qui cherche à permettre à tout son peuple, et particulièrement dans l'est du pays, de vivre en paix et dans la liberté, et surtout de se libérer cette agression brutale", de la part de la Russie, a-t-elle affirmé.
F.Pavlenko--BTB