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Le Hamas prêt à prolonger la trêve avec Israël et libérer plus d'otages
Le Hamas s'est dit prêt mercredi à prolonger de quatre jours la trêve à Gaza et libérer de nouveaux otages, pendant que les médiateurs internationaux multiplient les efforts pour obtenir un arrêt durable de la guerre entre le mouvement islamiste palestinien et Israël.
Un nouvel échange d'otages retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël est attendu mercredi, au sixième jour de cette trêve qui a permis l'entrée massive d'aides humanitaires dans le territoire palestinien assiégé, dévasté par sept semaines de bombardements israéliens.
Malgré la "lueur d'espoir" apportée par la trêve, les habitants de la bande de Gaza vivent "une catastrophe humanitaire monumentale", a dénoncé le secrétaire général de l'ONU, réclamant un "véritable cessez-le-feu humanitaire".
Après une première extension de la trêve jusqu'à jeudi 05H00 GMT, une source proche du Hamas a indiqué mercredi à l'AFP que le mouvement islamiste était "d'accord" pour la prolonger "de quatre jours" supplémentaires et libérer des otages israéliens, "dans le cadre de l'accord actuel et aux mêmes conditions".
Depuis le début de la guerre déclenchée par une attaque sanglante du Hamas le 7 octobre en Israël, les violences ont flambé en Cisjordanie, séparée de la bande de Gaza par le territoire israélien. Près de 240 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens depuis le 7 octobre, d'après l'Autorité palestinienne.
- "Plus d'otages libérés, plus d'aide" -
En Israël, environ 1.200 personnes, en grande majorité des civils, selon les autorités, ont été tuées dans l'attaque menée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine, d'une violence et d'une ampleur sans précédent dans l'histoire du pays.
L'armée israélienne a estimé à environ 240 le nombre de personnes enlevées le jour de l'attaque. Le Hamas a déclaré détenir la majorité des otages, tandis que d'autres sont aux mains d'autres groupes armés à Gaza.
En représailles, Israël a promis d'"anéantir" le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre, jusqu'à la trêve entrée en vigueur le 24 novembre.
D'après le gouvernement du Hamas, 14.854 personnes, dont 6.150 âgées de moins de 18 ans, ont été tuées dans les frappes israéliennes.
Dans l'objectif de prolonger la trêve, les pays médiateurs redoublent d'efforts et le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken doit avoir des entretiens jeudi en Israël et en Cisjordanie.
"Nous souhaiterions voir cette pause prolongée", a affirmé Antony Blinken à Bruxelles. Cette prolongation "signifie plus d'otages qui rentrent chez eux, plus d'aide".
- Seize jours à l'isolement -
Chaque jour depuis le 24 novembre, le Hamas relâche une dizaine de femmes et d'enfants enlevés le 7 octobre, contre la libération de trois fois plus de prisonniers palestiniens.
L'accord de trêve, négocié avec l'appui de l'Egypte et des Etats-Unis, a déjà permis la libération de 60 otages israéliens et de 180 détenus palestiniens.
En outre, 21 autres otages, en majorité des Thaïlandais vivant en Israël, ont été libérés hors du cadre de cet accord. Le Hamas a annoncé que "plusieurs" otages russes allaient de la même façon être libérés mercredi.
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré avoir reçu la liste des otages devant être libérés dans la journée.
Peu de témoignages directs ont filtré sur les conditions de vie des otages à Gaza. Mais la grand-mère d'Eitan Yahalomi, un enfant de 12 ans libéré lundi, a raconté qu'il avait été détenu à l'isolement pendant 16 jours.
"Les jours où il a été seul ont été horribles", a déclaré Esther Yaeli au site d'information israélien Walla. "Maintenant, Eitan semble très renfermé."
Benjamin Netanyahu a de nouveau promis mardi de "libérer tous les otages" du Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.
Mardi, dix otages israéliens et deux Thaïlandais ont été libérés, de même que 30 prisonniers palestiniens.
- "Jamais assez" -
A Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, Ahmed Salaima, un ex-détenu palestinien de 14 ans, a retrouvé sa famille mardi soir, selon des images de l'AFP. Il s'agit du plus jeune prisonnier palestinien à avoir été libéré depuis le 24 novembre.
"Je ne remercierai jamais assez Dieu pour la libération de mon fils", s'est exclamé son père, Nayef Salaima, qui a expliqué avoir "perdu tout contact" avec lui lorsque la guerre a commencé.
Malgré l'arrivée depuis le 24 novembre, via l'Egypte, de centaines de camions d'aide humanitaire, la situation reste "catastrophique" dans la bande de Gaza, a jugé le Programme alimentaire mondial (PAM), estimant qu'"il existe un risque de famine".
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dit avoir constaté une "augmentation massive" de certaines maladies contagieuses, alors même que la plupart des hôpitaux de la bande de Gaza sont à l'arrêt.
Selon un responsable de la Maison Blanche, la quantité d'aide humanitaire arrivée par la route, au rythme actuel de 240 camions par jour, totalise désormais 2.000 camions de nourriture, de carburant, de médicaments et de matériel nécessaire au fonctionnement des infrastructures de dessalinisation de l'eau de mer.
- Des kilomètres pour de l'eau potable -
Déjà soumis à un blocus israélien terrestre, maritime et aérien depuis 2007, le petit territoire surpeuplé a été placé le 9 octobre en état de siège total par Israël.
Selon l'ONU, 1,7 million de ses 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre et plus de la moitié des logements ont été endommagés ou détruits.
"Nous n'avons ni eau, ni nourriture, ni farine depuis dix jours. La situation est dure, très dure", raconte à l'AFP Achraf Selim, un habitant de Gaza.
Des milliers de Palestiniens, déplacés dans le sud de la bande de Gaza, ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord, la région la plus dévastée, ignorant l'interdiction de l'armée israélienne qui y a pris le contrôle de plusieurs secteurs.
Mercredi, dans la ville de Gaza, des gens portant des bidons faisaient la queue près d'une citerne pour s'approvisionner en eau potable.
"Les gens arrivent ici à pied, de loin, d'environ 10, 20 ou 30 kilomètres, simplement pour obtenir de l'eau potable", a expliqué à l'AFP Mohammed Matar, le propriétaire d'une installation de dessalinisation de l'eau.
Aux abords de l'hôpital al-Chifa, pris d'assaut le 15 novembre par l'armée israélienne après avoir servi de refuge pour les civils, des piquets de bois enfoncés dans la terre fraichement retournée signalent des tombes anonymes.
R.Adler--BTB