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Frappes meurtrières sur Gaza après la fin de la trêve entre Israël et le Hamas
Israël a repris vendredi son pilonnage meurtrier de la bande de Gaza après une semaine de pause dans les hostilités, promettant une nouvelle fois d'"éliminer" le Hamas, au pouvoir dans ce petit territoire surpeuplé de 2,4 millions d'habitants, dévasté par sept semaines de bombardements.
Dès les premières explosions, survenues peu après l'expiration d'une trêve à 05H00 GMT, des milliers d'habitants, certains surpris dans leur sommeil, ont repris la route des hôpitaux et des écoles transformés en camps de fortune pour les déplacés, ont constaté des journalistes de l'AFP dans la bande de Gaza.
Le ministère de la Santé du mouvement islamiste a fait état de "plus de 100 morts", dont des enfants, dans différents bombardements israéliens sur la bande de Gaza, d'où s'élevaient d'épais nuages de fumée grisâtre.
Mais vendredi matin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hamas d'avoir "violé l'accord" de trêve et "tiré des roquettes" vers Israël.
"Le gouvernement israélien est déterminé à atteindre les objectifs de la guerre: libérer les otages, éliminer le Hamas et garantir que Gaza ne constitue plus jamais une menace pour les habitants d'Israël", a affirmé dans un communiqué le bureau du Premier ministre, le porte-parole du gouvernement israélien promettant lui au Hamas "la pire des raclées".
En réponse, Ezzat el-Richq, un dirigeant du Jihad islamique palestinien, autre mouvement armé de Gaza, a affirmé que l'armée israélienne "n'atteindra pas en reprenant la guerre" les objectifs qu'elle "n'a pas atteints avant la trêve".
- "Zones d'évacuation" -
Tôt vendredi, l'armée israélienne a commencé à envoyer des messages sur les téléphones des habitants dans des quartiers de la ville de Gaza (nord), ainsi que des villages bordant la frontière avec Israël dans le sud, les exhortant à "partir immédiatement" car elle allait mener "des attaques militaires dures".
Jeudi soir, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avait souhaité lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv une prolongation de la trêve, tout en anticipant une reprise des combats en appelant Israël à "minimiser les morts de Palestiniens innocents".
L'Autorité palestinienne, par la voix de Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président de Mahmoud Abbas, a toutefois dénoncé "la poursuite du nettoyage ethnique et du génocide" à Gaza.
Signe d'une trêve qui devenait de plus en plus précaire, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment, avait revendiqué une attaque meurtrière jeudi à Jérusalem qui a coûté la vie à quatre Israéliens.
Le Hamas s'était néanmoins dit prêt jeudi soir à prolonger la trêve, négociée par le Qatar, l'Egypte et les Etats-Unis, qui a permis la libération de dizaines d'otages et de détenus palestiniens et l'entrée d'aide humanitaire dans le territoire palestinien assiégé et dévasté.
Israël estime qu'environ 240 personnes avaient été prises en otage et emmenées dans la bande de Gaza lors de l'attaque sanglante menée par le Hamas en Israël le 7 octobre. Cette attaque a fait 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités.
En représailles à cette attaque, Israël a promis d'"anéantir" le Hamas, pilonnant le territoire palestinien, soumis à un siège total, et lançant le 27 octobre une offensive terrestre.
D'après le gouvernement du Hamas, plus de 15.000 personnes, dont au moins 6.150 enfants et jeunes de moins de 18 ans, ont péri dans les frappes israéliennes depuis le 7 octobre.
- "Cauchemar" -
Vendredi matin, une source informée des tractations a indiqué à l'AFP que les négociations pour une trêve se poursuivent avec les médiateurs qatari et égyptien en dépit de la reprise des hostilités.
Principaux alliés d'Israël, les Etats-Unis "continuent à travailler" en vue d'une trêve humanitaire à Gaza, a assuré vendredi la Maison Blanche.
Le Qatar a également exhorté la communauté internationale à agir, affirmant que la reprise des bombardements "exacerbe la catastrophe humanitaire" à Gaza, la France jugeant de son côté "indispensable" une reconduction de la trêve.
La reprise des combats a replongé la bande de Gaza dans un "cauchemar", a regretté le chef du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Robert Mardini.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a lui dit "regrette[r] profondément" la reprise des hostilités, espérant qu'il soit toujours "possible de renouveler la pause".
La pause dans les hostilités avait offert un répit à une population assiégée qui a connu --avant la trêve de sept jours-- sept semaines de bombardements israéliens dévastateurs.
Elle a également permis la libération de 80 otages israéliens, des femmes et des enfants, et de 240 prisonniers palestiniens, également des femmes et des mineurs.
Une vingtaine d'étrangers ou binationaux, en majorité des Thaïlandais travaillant en Israël, ont également été libérés hors du cadre de l'accord.
- "Encore plus féroce" -
L'accord de trêve avait en parallèle permis d'accroître l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, où, selon l'ONU, l'ensemble des 2,4 millions d'habitants sont en insécurité alimentaire.
Les besoins sont immenses dans le territoire déjà soumis à un blocus israélien depuis plus de 15 ans et placé depuis le 9 octobre en état de siège total par Israël.
Vendredi, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait état de 111.000 cas d'infection respiratoire aiguë et de 36.000 cas de diarrhée chez des enfants de moins de cinq ans recensés parmi les déplacés depuis le début de la guerre.
Selon l'ONU, 1,7 million d'habitants ont été déplacés par la guerre, et plus de la moitié des logements endommagés ou détruits.
Plusieurs centaines de milliers de civils avaient fui au cours des premières semaines de la guerre le nord du petit territoire, dévasté par les combats, pour chercher refuge dans le sud.
Mais à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, où les bombardements ont fait plusieurs morts vendredi matin selon le gouvernement du Hamas, Anas Abou Dagga a déploré que "la guerre a repris, encore plus féroce".
"Notre maison a été détruite, nous avons sept proches blessés", a raconté à l'AFPTV ce Gazaoui, accouru à l'hôpital Nasser, où des habitants se sont également pressés vendredi pour donner du sang aux blessés.
En Israël, les autorités ont elles réinstauré l'interdiction aux écoles d'ouvrir si elles ne disposent pas d'un abri aux normes.
A Tel-Aviv, des habitants interrogés par l'AFP ont jugé inévitable la reprise des hostilités.
"Tant que le Hamas est là, nous devons continuer à nous battre", a déclaré Ofir Dardary, 39 ans.
K.Thomson--BTB