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Attentat près de la tour Eiffel: l'assaillant présenté mercredi à la justice antiterroriste
Le Franco-Iranien Armand Rajabpour-Miyandoab sera présenté mercredi à la justice antiterroriste, quatre jours après l'attaque mortelle au couteau à Paris près de la tour Eiffel, qui a mis l'exécutif sous pression face à une menace jihadiste élevée.
Cet homme de 26 ans connu des services pour son islamisme radical et ses troubles psychiatriques a dit avoir agi en "réaction à la persécution des musulmans dans le monde" et est apparu devant les policiers "très froid", "clinique", "désincarné", selon une source proche de l'enquête.
D'après une source proche du dossier, sa garde à vue était toujours en cours mardi soir et il sera présenté mercredi à la justice antiterroriste, a priori en fin de journée.
Armand Rajabpour-Moyandoab avait été interpellé après l'attaque qui a causé la mort d'un touriste germano-philippin de 23 ans et blessé deux autres personnes, samedi soir non loin de la Tour Eiffel, à quelques mois des Jeux olympiques d'été dans la capitale (26 juillet-11 août).
L'assaillant a dit avoir choisi cet endroit à dessein, d'après la source proche de l'enquête: le monument est un "lieu symbolique" et "il n'a pas supporté qu'elle soit allumée aux couleurs d'Israël", après les massacres commis par le mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre.
Le gouvernement est sous pression après cet attentat survenu après celui mi-octobre d'Arras (Pas-de-Calais), qui a coûté la vie à un enseignant et conduit au relèvement du plan Vigipirate au niveau maximal "urgence attentat".
Mardi soir, une autre personne était toujours gardée à vue : une femme déjà connue des services de renseignement, interpellée à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). L'assaillant l'a "vue la veille" de son passage à l'acte, selon une source proche de l'enquête.
Les enquêteurs s'attachent à déterminer son rôle éventuel dans l'attaque et une décision sera prise mercredi quant à sa présentation à la justice, selon la source proche du dossier.
La garde à vue a en revanche été levée lundi pour les deux parents de l'assaillant, "très attachés à la France", selon la source proche de l'enquête.
Depuis samedi, le suivi médical de l'assaillant a suscité interrogations et critiques.
"Il y a eu manifestement un ratage psychiatrique, les médecins ont considéré à plusieurs reprises qu'il allait mieux", a tranché lundi le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard avait indiqué dimanche soir que l'assaillant, fiché pour radicalisation islamiste, était "soumis à une injonction de soins impliquant un suivi psychiatrique resserré et contrôlé par un médecin coordinateur" jusqu'à la fin de la mise à l'épreuve le 26 avril 2023, après une nouvelle expertise psychiatrique.
"Jusqu'au bout, nous avons essayé de renforcer, d'étoffer pour que l'accompagnement soit le plus serré possible. Il y a des choses sur lesquelles on n’agit pas, en revanche, c’est le désengagement idéologique qui nécessite un minimum d'adhésion de la personne", a commenté mardi le Parquet national antiterroriste, sollicité par l'AFP.
"Il n’y a pas de cessation de suivi, quand s'arrête le suivi judiciaire, mais plutôt une continuité grâce à la transmission passation à l'autorité administrative", a encore précisé le ministère public.
- "Protéger les Français" -
"Il y a quelqu'un de malade mentalement, qui ne prend plus de médicaments pour soigner ses délires et qui passe à l'acte incontestablement. Il faut réfléchir à tout ça pour protéger les Français", a insisté le ministre de l'Intérieur.
D'après une source au sein des services de renseignement, environ 20% des 5.200 personnes connues pour radicalisation en France souffrent de troubles psychiatriques.
Selon les premiers éléments de l'enquête, la mère du suspect avait indiqué en octobre à la police qu'elle s'inquiétait pour son fils, voyant qu'il "se repliait sur lui-même", a rapporté dimanche le procureur antiterroriste.
Les services de police avaient alors tenté de le faire examiner par un médecin et hospitaliser d'office, chose finalement impossible en l'absence de troubles, selon une source proche du dossier.
"Issu d'une famille sans aucun engagement religieux", selon une source proche de l'enquête, il s'est converti à l'islam à 18 ans et a "très rapidement" versé dans "l'idéologie jihadiste".
Il avait été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste, après un projet d'action violente à la Défense, le quartier des affaires à l'Ouest de Paris, en 2016. Il était sorti en mars 2020 de prison.
Avait-il encore des liens au sein de la sphère islamiste ? Les enquêteurs sont limités dans leurs investigations par le fait qu'ils n'ont pas retrouvé de téléphone de cet homme, selon la source proche de l'enquête.
D.Schneider--BTB