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Pays-Bas: Wilders dans l'attente d'un rapport sur ses options pour former un gouvernement
Le chef de file de l'extrême droite néerlandaise, Geert Wilders, saura lundi s'il dispose d'un soutien suffisant pour former un gouvernement après sa victoire électorale surprise, qui a suscité une onde de choc dans le pays et au-delà.
L'"éclaireur" désigné par M. Wilders pour faire la navette entre les chefs de parti, afin de déterminer qui est prêt à travailler avec qui, remettra dans la journée son rapport très attendu au parlement.
Ronald Plasterk, un ancien ministre, a passé plusieurs jours à discuter de manière intensive avec M. Wilders et d'autres chefs de partis de droite, qui hésitent à rejoindre une coalition en raison des opinions extrémistes du leader d'extrême droite.
Le manifeste de son parti, le PVV (Parti de la liberté), prévoit d'interdire les mosquées, les foulards et le Coran, d'interrompre les livraisons d'armes à l'Ukraine et d'organiser un référendum sur la sortie de l'Union européenne.
M. Wilders a atténué la plupart de ses propos les plus extrêmes au cours de la campagne et s'est engagé à devenir le premier ministre "de tous les Néerlandais" après sa victoire électorale, mais des doutes subsistent.
Dans le système politique néerlandais très fragmenté, où aucun parti n'est assez fort pour gouverner seul, les élections sont généralement suivies de mois de tractations pour parvenir à une coalition.
Le processus commence par la phase dite "d'éclaireur", au cours de laquelle les partis discutent de la possibilité de travailler ensemble.
- Eléments "anticonstitutionnels" -
Wilders a besoin d'une coalition de 76 députés au sein du parlement de 150 sièges pour jouir d'une majorité gouvernementale viable. Son parti, le PVV, a percé en raflant 37 sièges, prenant tous les observateurs par surprise
Ce qui serait pour lui une coalition idéale réunirait le parti agricole BBB (sept sièges), le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) du Premier ministre sortant Mark Rutte (24 sièges) et le tout nouveau parti pro-réformes Nouveau Contrat Social (NSC, 20 sièges).
Mais le chef du NSC, Pieter Omtzigt, champion de la lutte contre la corruption, a soulevé des objections majeures à ce qu'il a décrit comme des éléments "anticonstitutionnels" dans le manifeste de M. Wilders.
M. Omtzigt, qui a créé son parti en août et en qui beaucoup voient une figure providentielle chargée d'assainir la politique néerlandaise entachée de scandales, a indiqué qu'il s'agissait là d'une "ligne rouge" pour sa formation.
De son côté, la dirigeante du VVD, Dilan Yesilgoz, d'origine turque, ne s'est déclarée prête qu'à "soutenir une coalition de centre-droit" mais pas à faire partie d'un cabinet dirigé par M. Wilders.
La semaine dernière, M. Plasterk a tenu une série de réunions en binôme avec les principaux acteurs, déclarant avoir suffisamment d'éléments pour déposer son rapport, ce qui a alimenté les spéculations sur une percée.
L'une des options évoquées dans les médias néerlandais est que les quatre partis entament une négociation sur le contenu d'un éventuel accord de coalition.
Si Geert Wilders parvenait à persuader les autres partis qu'il est prêt à assouplir ses politiques dans de nombreux domaines, cela pourrait déboucher sur un tel accord.
Mais reste à savoir si ce responsable politique anti-européen peut être Premier ministre d'un pays qui joue un rôle prépondérant sur la scène européenne et mondiale.
"Personne ne doit avoir peur de nous", a-t-il lancé la semaine dernière aux journalistes, lors de la prestation de serment des nouveaux députés.
D.Schneider--BTB