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Gaza continue de compter ses morts, Biden parle avec Netanyahu
La situation reste désastreuse dimanche à Gaza où les Palestiniens sont menacés par la famine, après plus de deux mois d'une guerre que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a répét, élors d'un entretien avec Joe Biden, vouloir mener jusqu'à l'élimination du Hamas.
Au cours de leur conversation téléphonique, le président américain "a souligné le besoin crucial de protéger la population civile", et les deux hommes ont évoqué les "objectifs" et le "phasage" de l'offensive israélienne, selon la Maison Blanche.
Face à la presse, M. Biden a précisé qu'il n'avait "pas demandé de cessez-le-feu".
Les Etats-Unis, allié historique et principal fournisseur d'armes d'Israël, continuent de lui apporter un soutien sans faille, depuis l'attaque d'une ampleur et d'une violence sans précédent menée par le Hamas le 7 octobre, à l'origine de cette guerre.
Ce jour-là, les commandos du mouvement islamiste palestinien ont fait environ 1.140 morts, en majorité civils, selon les derniers chiffres officiels israéliens. Ils ont aussi enlevé environ 250 personnes dont 129 restent détenues à Gaza, selon Israël.
Mais face à l'hécatombe en cours à Gaza, Washington évoque également de plus en plus son souhait de voir l'armée israélienne passer à une phase moins intense de son offensive, pour privilégier des actions plus ciblées contre les responsables du Hamas.
Au cours de l'entretien, M. Netanyahu "a clairement indiqué qu'Israël poursuivrait la guerre jusqu'à ce que tous ses objectifs soient atteints", selon ses services. A savoir, la libération des otages et l'élimination du Hamas, qu'il considère comme un mouvement terroriste, à l'instar des Etats-Unis et de l'Union européenne.
- "Accordez-nous la paix" -
Les deux dirigeants se sont parlés au lendemain de l'adoption d'une résolution par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui réclame l'acheminement "immédiat" et "à grande échelle" de l'aide humanitaire à Gaza, où la faim tenaille les Palestiniens.
Dans les six prochaines semaines, l'ensemble des 2,4 millions d'habitants de ce petit territoire de 362 km2 risque de subir un niveau élevé d'insécurité alimentaire, pouvant aller jusqu'à la famine, selon les Nations unies.
La portée réelle de ce texte, qui a réussi à éviter un veto américain en appelant à "créer les conditions d'une cessation durable des hostilités" plutôt qu'à un "cessez-le-feu", reste encore incertaine. ONG et agences de l'ONU expliquent que l'intensité des frappes rend quasiment impossible la distribution de l'aide alimentaire.
Les Gazaouis rencontrés par l'AFP fustigent eux une communauté internationale qu'ils estiment hypocrite ou impuissante.
Cette résolution "renforce la décision d'Israël de tuer davantage de civils et prolonge la guerre contre ce peuple en échange d'un peu de nourriture", a dénoncé Rami al-Khalut, un habitant du nord qui a fui à Rafah (sud). "Plutôt que de me fournir de la nourriture et d'augmenter les livraisons d'aide, arrêtez de soutenir Israël et de lui fournir des armes, (...) arrêtez la guerre en cours et accordez-nous la paix."
La bande de Gaza s'enfonce dans une catastrophe humanitaire: la plupart des hôpitaux y sont hors service et 1,9 millions de personnes ont dû fuir leur domicile, soit 85% de la population, selon l'ONU.
Dans les six prochaines semaines, l'ensemble des 2,4 millions d'habitants de ce petit territoire de 362 km2 risque de subir un niveau élevé d'insécurité alimentaire, pouvant aller jusqu'à la famine, selon les Nations unies.
A Rafah, où des centaines de milliers de réfugiés s'abritent dans des camps de fortune, la population se rue sur les rations alimentaires, insuffisantes pour satisfaire tout le monde, a constaté l'AFP.
"Mes enfants ont perdu beaucoup de poids, la faim les réveille la nuit. Je pleure quand ils me demandent à manger le soir", a confié Nour Barbakh, une déplacée de Khan Younès faisant la queue pour attendre sa part.
- "Plus de 200 terroristes" arrêtés -
Les bombardements et tirs d'artillerie se poursuivent dans plusieurs zones de Gaza. A Deir el-Balah (centre), une frappe a fait samedi des morts et de nombreux blessés, parmi lesquels plusieurs femmes et enfants, a constaté l'AFP.
"Je prenais une douche et lorsque je suis sorti de la salle de bain, la maison a été touchée par un missile de drone", a raconté Abed al-Khawalda, qui a perdu sa sœur dans le bombardement. "La maison s'est effondrée sur les personnes qui s'y trouvaient."
Samedi, l'armée israélienne a affirmé avoir capturé "plus de 200 terroristes" au cours de la semaine, et "plus de 700" depuis le début du conflit. Elle a aussi assuré qu'une frappe effectuée sur Rafah vendredi, qui a tué quatre membres d'une même famille dont une fillette selon le Hamas, visait un responsable du mouvement palestinien chargé de l'approvisionnement en armes.
De son côté, le ministère de la Santé du Hamas a accusé les forces israéliennes d'avoir cette semaine "commis plusieurs massacres atroces" dans la région de Jabaliya et dans celle de Tal Al-Zaatar", et d'avoir notamment "exécuté des dizaines de citoyens dans les rues."
Sollicitée par l'AFP, l'armée n'a pas spécifiquement répondu aux accusations d'exécutions mais a assuré que ses frappes "contre des cibles militaires sont conformes au droit international".
Depuis le début de son offensive terrestre, lancée le 27 octobre en complément des bombardements aériens, 144 militaires israéliens ont été tués.
- Incertitudes pour cinq otages -
Les médiateurs égyptien et qatari tentent toujours de parvenir à un compromis sur une nouvelle trêve qui permettrait des aides plus importantes et des libérations d'otages et de prisonniers palestiniens incarcérés par Israël.
Fin novembre, une trêve d'une semaine avait permis la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens ainsi que plus d'aide.
Néanmoins, les belligérants restent intransigeants.
Le Hamas exige un arrêt des combats avant toute négociation sur les otages.
Israël est ouvert à l'idée d'une trêve mais exclut tout cessez-le-feu avant "l'élimination" du mouvement islamiste.
Samedi, la branche militaire du Hamas a affirmé avoir "perdu le contact" avec ses combattants en charge de cinq otages israéliens. Ceux-ci ont probablement "été tués lors d'une frappe israélienne", a-t-elle estimé.
Aucune confirmation n'a pu être obtenue auprès d'Israël.
- Tensions régionales -
Au-delà de Gaza, le risque d'un embrasement régional persiste. Les rebelles Houthis du Yémen menacent notamment de ralentir le commerce mondial en attaquant le trafic maritime en mer Rouge depuis plusieurs semaines.
Ils affirment mener ces attaques en solidarité avec le Hamas, mais les Etats-Unis soupçonnent désormais publiquement l'Iran de les téléguider.
Samedi soir, un navire de guerre américain situé en mer Rouge a abattu quatre drones qui le visaient, lancées depuis des "zones contrôlées par les Houthis", selon le Pentagone. Un peu plus tôt, il avait fait état d'un chimiquier japonais touché au large de l'Inde par un "drone d'attaque tiré depuis l'Iran".
Le Pentagone explique que l'Iran, allié des rebelles yéménites et du Hamas, donne des informations aux Houthis pour la planification de leurs attaques. Des accusations rejetées par Téhéran, qui a assuré samedi que les rebelles agissent "en fonction de (leurs) propres décisions et capacités".
J.Bergmann--BTB