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Gaza: dans une école de Rafah, un mariage pour célébrer "la vie malgré la mort"
Main dans la main, entourés d'enfants, de proches et de youyous festifs, un couple célèbre son union dans une école de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, un mariage contre toute attente pour "la vie malgré la mort" et la guerre.
Afnan, robe blanche brodée de rouge, visage auréolé d'une couronne de fleurs. Mustafa, chemise à carreaux aux mêmes couleurs.
Le tableau vert à la craie mal effacée dans une salle de classe où s'empilent des vêtements est le cadre de cette cérémonie, dans une école de l'Office de secours et de travaux de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA). Ce n'était pas celui imaginé par le couple.
Mais tout a vacillé quand a débuté la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas depuis la petite bande côtière, et qui a fait environ 1.140 morts sur le sol israélien, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien.
En représailles, Israël a juré d'anéantir le mouvement islamiste palestinien qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, classé groupe terroriste par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne notamment.
Les opérations militaires de l'armée israélienne à Gaza ont tué 23.843 morts et fait plus de 60.300 blessés, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, selon les données du ministère de la Santé du Hamas.
- Aimer "la vie" -
Quand les premiers bombardements ont touché la ville de Gaza (nord), avant que les troupes israéliennes n'entrent au sol le 27 octobre avec comme objectif d'éradiquer le Hamas et de libérer les otages retenus dans le territoire palestinien, "nous avons reçu l'ordre d'évacuer nos maisons", explique Ayman Shamlakh, oncle du marié. "Comme tout le monde", souligne-t-il.
Il s'est établi dans la région de Rafah (sud), frontalière de l'Egypte, pour fuir les combats entre l'armée israélienne et le mouvement islamiste, comme une grande partie des déplacés, dont l'ONU estime le chiffre à 1,9 million, sur 2,4 millions de Gazaouis.
"Nous nous sommes installés dans des écoles et des tentes. La maison où devait vivre le marié a été détruite, et comme la guerre persistait, nous avons pensé qu'il valait mieux qu'ils se marient", poursuit Ayman Shamlakh.
"Les préparatifs habituels du mariage ne sont pas possibles et les cérémonies traditionnelles ne peuvent avoir lieu", souligne pour sa part Mohamed Gebreel, père de la mariée.
Mais "nous sommes un peuple qui aime la vie malgré la mort, les meurtres et la destruction", dit-il. Et "des vêtements sont toutefois disponibles", même s'ils sont "rares et chers", ajoute-t-il.
Sa fille a pu s'en procurer, ainsi que du maquillage et du rouge à lèvres. Son allure contraste avec le dénuement d'un quotidien marqué par la faim, les inondations et des latrines à partager pour des centaines de personnes.
Sous le regard d'une foule entassée dans la cour et les couloirs de l'école, le couple monte dans une voiture noire pour aller dans une tente où ils se mariera.
O.Krause--BTB