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Dans le New Hampshire, les partisans de Trump veulent plier la primaire
Galvanisés par son triomphe dans l'Iowa, les partisans de Donald Trump dans le New Hampshire le voient déjà remporter l'investiture républicaine et retourner à la Maison Blanche, pour faire baisser les prix, fermer les frontières et rendre ce qui fait, à leurs yeux, sa grandeur à l'Amérique.
Emmitouflés dans des couvertures, grelottant sous le froid, des centaines de partisans piétinent dans la neige, avant de pouvoir entrer dans un hôtel "country club" où l'ancien président va lancer la dernière ligne droite de sa campagne pour la primaire républicaine dans ce petit Etat du nord-est des Etats-Unis.
La veille, leur champion, dont le nom est partout sur les casquettes, bonnets, pull-overs et panneaux, a remporté 51% des voix au caucus de l'Iowa, ce qui le met plus que jamais en position de favori pour remporter l'investiture de son parti et aller défier Joe Biden à la présidentielle de novembre.
"Je n'en doutais pas du tout!", assure Loribeth Calderwood. Cette serveuse et mère de famille de 45 ans venue de Seabrook, à 30 minutes de voiture, s'attend même "à un raz-de-marée à cette primaire".
"C'est sûr, il va tout écraser. Et s'il ne le fait pas, c'est parce qu'ils auront encore volé l'élection", ajoute-t-elle. Allusion aux accusations, non prouvées, de l'ancien président et de ses soutiens selon lesquelles l'élection présidentielle de 2020, remportée par le démocrate Joe Biden, a été truquée.
Le scrutin républicain du New Hampshire, prévu le 23 janvier, est particulièrement attendu en raison de la réputation plus centriste de l'Etat. Mais pour les supporters de Donald Trump, le vote paraît joué d'avance.
"C'est fini, ils devraient arrêter la primaire. C'est le candidat républicain, allez!", assure Edward X. Young, 64 ans, un habitué des meetings de Donald Trump, recouvert de badges à son effigie, et qui a mis "onze heures" en voiture pour venir du New Jersey à cause des intempéries.
- Nostalgie -
Sur sa route pour l'investiture en vue de la présidentielle de novembre, Donald Trump, inculpé quatre fois au pénal, devra toutefois jongler entre événements de campagne et procès.
Deux Etats, le Colorado et le Maine, l'ont par ailleurs jugé inéligible à la présidence en raison de son rôle lors de l'assaut du Capitole par ses partisans le 6 janvier 2021.
Ces décisions ont été contestées, et la Cour suprême a accepté de se saisir du sujet. En attendant qu'elle se prononce, le nom de M. Trump figurera bien sur les bulletins de vote au Colorado et ailleurs.
"Si Trump est si mauvais, pourquoi ne laisse-t-on pas son nom sur les bulletins de vote? Qu'on laisse les gens décider. La vraie démocratie, c'est cela, qu'on laisse les gens décider", s'emporte Paul Laskowski, un retraité de 68 ans, qui travaillait comme réparateur dans le secteur énergétique.
"Ce que je me souviens du 6 janvier (2021), c'est l'essence" qui était moins chère. "Et vous savez quoi, je veux retrouver ça", ajoute-t-il, confiant sa nostalgie d'une "Amérique" à ses yeux "plus prospère".
A une heure de route du meeting, à l'entrée de la petite ville de Derry, plusieurs panneaux "Trump 2024 Make America Great Again" ont aussi fleuri au bord de la route. Vern Aylward, un plombier de 64 ans qui vient de garer sa camionnette, trouve aussi que les choses étaient plus "normales" sous Donald Trump.
"Les prix, l'essence, le coût de la nourriture, tout semblait aller comme sur des roulettes (...) Il ne nous a pas entraînés dans des guerres, il n'a pas provoqué d'inflation", ajoute-t-il.
"Donald Trump, il sait ce qu'il doit faire. Fermer la frontière (avec le Mexique)", pense de son côté James Legros, qui, à 61 ans, confie n'avoir voté que "deux fois" dans sa vie. Pour Donald Trump, en 2016 et en 2020.
"Et je ne voterai pour personne d'autre. Parce que je n'ai confiance en personne" d'autre, ajoute-t-il d'un ton tranché, juste avant l'arrivée de son champion.
M.Ouellet--BTB