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Trump lancé vers l'investiture républicaine
Donald Trump, au lendemain d'une victoire écrasante dans la primaire de l'Iowa, entreprend mardi de courtiser les électeurs du New Hampshire, petit Etat du nord-est où il espère faire, dès la semaine prochaine, un pas de plus vers l'investiture républicaine.
Dans la ville d'Atkinson, des centaines de partisans de l'ancien président grelottent en l'attendant sous la neige qui tombe dru. Pour eux, la messe est dite.
"Il va remporter la primaire dans un raz-de-marée, c'est sûr", dit Loribeth Calderwood, qui se présente comme "maman et serveuse".
Pour Edward X. Young, un habitué des meetings de Donald Trump, qui a mis "onze heures" à venir en voiture à cause des intempéries, "c'est fini, ils devraient arrêter les primaires. C'est lui le candidat républicain, c'est clair."
De fait, le magnat de 77 ans a fait un pas de géant vers un nouveau duel en novembre avec Joe Biden pour ravir la Maison Blanche, après avoir raflé lundi 98 des 99 circonscriptions de l'Iowa.
- Tribunal -
Il a largement distancé les deux autres prétendants les plus solides des primaires: le gouverneur de Floride Ron DeSantis et l'ancienne ambassadrice à l'ONU Nikki Haley.
L'ancien président a gagné 51% des voix lors des "caucus", les assemblées au fonctionnement désuet par lesquelles cet Etat rural et très conservateur lance depuis des décennies la course à l'investiture républicaine. La compétition s'achèvera formellement en juillet lors de la convention du parti conservateur.
Avant de mettre le cap sur le New Hampshire, le républicain a fait un tour au tribunal.
Donald Trump, qui compte bien utiliser les prétoires dans sa campagne, a assisté à l'ouverture à New York d'un procès en diffamation, intenté par une autrice qui l'avait déjà fait condamner au civil l'an dernier pour agression sexuelle.
Le milliardaire, qui promet à ses partisans de les "venger" d'une élection de 2020 dont il n'a jamais reconnu le résultat, est cerné par les poursuites judiciaires. IL fait en particulier l'objet de quatre inculpations au pénal, avec de possibles peines de prison à la clé.
Cela ne l'a pas desservi en Iowa. Qu'en sera-t-il au New Hampshire? L'Etat est réputé plus modéré.
- "Nazi" -
La primaire qui s'y déroulera la semaine prochaine est, par ailleurs, ouverte aux électeurs qui ne sont pas affiliés à l'un ou l'autre parti, ce qui pourrait soutenir une candidate perçue comme plus centriste telle que Nikki Haley.
"C'est contre Trump que je me bats", a asséné cette dernière lundi, affirmant ne pas se préoccuper plus que ça du gouverneur de Floride. Ron DeSantis, aux positions dures sur l'immigration et l'avortement, est arrivé deuxième en Iowa, loin derrière Donald Trump avec 21% des voix.
Si l'ancien président l'emporte à nouveau au New Hampshire, il deviendra extrêmement difficile pour Nikki Haley comme pour Ron DeSantis de rester réellement dans la course.
"Il est temps maintenant (...) pour notre pays de s'unir", a dit l'ancien président lundi à Des Moines, capitale de l'Iowa.
La déclaration tranche avec les attaques violentes contre ses adversaires politiques et contre les migrants qu'il a lancées ces dernières semaines, usant d'un vocabulaire que Joe Biden qualifie de "nazi".
- Ni l'un ni l'autre -
L'actuel président, dont la campagne peine à décoller, compte sur un effet repoussoir de son grand rival républicain auprès des électeurs indépendants, grandissant au fur et à mesure que la présidentielle se rapproche.
"Il faut travailler encore plus dur maintenant. Si Donald Trump est notre adversaire, nous devons nous attendre à des attaques mesquines, des mensonges sans fin et des dépenses pharaoniques", a écrit Joe Biden mardi dans un email sollicitant des dons pour une course à la Maison Blanche qui promet de battre tous les records financiers.
Le démocrate de 81 ans n'a guère de concurrence pour l'investiture de son parti, qui sera décidée en août, malgré l'effet négatif de son âge auprès des électeurs américains.
Les électeurs en question, dans leur grande majorité, disent ne pas vouloir d'un nouveau duel entre le président octogénaire et son prédécesseur septuagénaire. Mais sauf énorme surprise ou grave accident de santé de l'un ou de l'autre d'ici l'automne, ils n'y échapperont pas.
K.Thomson--BTB