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Dans le Rhône, le grand débat express de Gabriel Attal
Une heure quarante, montre en main: Gabriel Attal, venu samedi dans le Rhône nourrir "auprès des Français" sa prochaine déclaration de politique générale, a plutôt expédié l'exercice, loin des marathons d'Emmanuel Macron.
11h25: le Premier ministre arrive à Orliénas, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Lyon où, selon ses propres termes, il s'est "incrusté" aux vœux du maire.
Son adresse au Parlement attendue le 30 janvier, M. Attal "n'envisage pas de (la) préparer en restant dans (son) bureau avec (ses) conseillers. J'aime le terrain, me déplacer", explique-t-il.
Dans la droite ligne du président, qui a expliqué mardi que son action visait à ce que "la France reste la France", son jeune chef de gouvernement décline: "un des enjeux qu'on a à traverser (...) c'est comment garder notre identité, notre identité française".
Et d'égrener les grands thèmes de son programme: "continuer à soutenir la France qui travaille". Consolider les services publics --école, santé, sécurité--. Et poursuivre la transition écologique. Mais M. Attal critique ceux qui veulent "brutaliser tout le monde" à coup de "taxes" et "d'interdiction", comme ceux qui "vous expliquent qu'on ne peut rien faire".
Après un déjeuner avec les élus --le président LR de la région, Laurent Wauquiez, était absent--, Gabriel Attal s'installe dans la salle des fêtes de Saint-Laurent-d'Agny. Et prend place au milieu d'un panel de 150 Français et d'une trentaine d'élus, élaboré par le député Renaissance Jean-Luc Fugit.
"Vous ressemblez au pays, vous êtes à l'image du pays", lance le Premier ministre. L'assistance est assez âgée, plutôt homogène. En 2022, la commune de quelque 2.100 habitants a voté pour M. Macron à plus de 67% contre Marine Le Pen.
La première question fuse sur le thème du jour: les agriculteurs, qui manifestent dans le pays. Le maraîcher et arboriculteur Bruno Ferret l'interpelle sur les cotisations "trop élevées", les "réglementations illisibles et inapplicables" et l'interdiction d'utiliser en France des pesticides autorisés ailleurs.
"Il faut que vous puissiez vivre de votre travail", réplique M. Attal. Interrogé sur le sort des producteurs de cerises, il souligne les ravages de la mouche Suzukii.
- Les agriculteurs, "pas des bandits"-
Le Premier ministre, qui recevra lundi la FNSEA et les Jeunes agriculteurs, entend "faciliter la vie" des exploitants face aux "paperasseries". L'un de ses premiers textes de loi visera à "faciliter la transmission" des exploitations. "Non, nos agriculteurs ne sont pas des bandits, des pollueurs, des personnes qui torturent les animaux, comme on peut l'entendre parfois", lance-t-il.
Dix-sept interventions se succèdent. Le Premier ministre est interrogé sur l'éducation prioritaire par une représentante des parents d'élèves de Givors. Sur les difficultés des médecins. Le docteur Guylaine Ferré aimerait rebondir sur la réponse du Premier ministre. "C'est Jean-Luc (Fugit) qui distribue la parole", fait valoir M. Attal. Le député incite à poser des questions plus courtes.
Une jeune étudiante demande au Premier ministre comment inciter les jeunes à voter et vante les mérites du Service national universel, dont Emmanuel Macron a laissé entrevoir la généralisation.
Un artisan boulanger proteste contre les matières premières cotées en bourse et l'attitude des banques. Le maire écologiste de Givors critique la loi immigration et les "situations inhumaines intenables" que celle-ci va, selon lui, engendrer.
Les thèmes fusent: les difficultés des maires avec la construction de logements sociaux, une école à reconstruire à Chabanier. La pollution. Une femme interpelle durement les pouvoirs publics sur leur politique vis-à-vis de l'inceste.
Le chef de cabinet, Maxime Cordier, fait des signes au Premier ministre. "On me dit que je vais rater mon train", "j'ai une réunion à Matignon", explique le patron. La séance est rapidement levée, le cortège repart à toute allure pour la gare de Lyon Part-Dieu.
A 600 kilomètres de là, en Gironde, l'autre jeune espoir de la politique française, le président du Rassemblement national Jordan Bardella, s'affiche aux côtés de viticulteurs. "A cinq mois des élections, tout le monde parle comme le Rassemblement national, et venant de la part de Gabriel Attal, ça commence à se voir, c’est peut-être un peu excessif", assène-t-il.
C.Kovalenko--BTB