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Raids aériens israéliens sur Khan Younès, pourparlers "sérieux" pour une trêve
L'armée israélienne, qui a subi cette semaine sa plus lourde perte humaine quotidienne depuis le début de son offensive à Gaza, bombarde mercredi le secteur stratégique de Khan Younès sur fond de pourparlers "sérieux" en vue d'une trêve avec le Hamas.
Tôt mercredi, des témoins ont rapporté des tirs d'hélicoptères militaires israéliens autour de Khan Younès, principale ville du sud de la bande de Gaza où se cachent des dirigeants locaux du Hamas selon Israël qui a affirmé avoir "encerclé" cette ville.
L'ONU a fait état 'une "intensification" des frappes et des combats à Khan Younès, où le personnel de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) déplore une situation "catastrophique et indescriptible" dans les hôpitaux, a indiqué mercredi l'organisation.
"J'ai quitté ma maison depuis le premier jour de la guerre (...) Mes nièces ont été gravement blessées, leurs intestins ont été touchés et leurs jambes amputées. C'est tragique", a-t-elle dit, implorant les soldats israéliens de faire preuve de "compassion".
- Deuil en Israël -
L'armée israélienne a annoncé mardi la mort de 21 réservistes dans l'effondrement la veille de deux bâtiments où ils étaient en train de poser des explosifs dans le sud de Gaza, après un tir de roquette contre un char proche.
Avec la mort de trois autres soldats dans un incident séparé, il s'agit de la perte quotidienne la plus lourde pour l'armée depuis le début, fin octobre, de son offensive terrestre dans la bande de Gaza, portant le bilan total des militaires tués à 221.
A Jérusalem, plus de 200 personnes ont assisté aux funérailles d'un des soldats, Hadar Kapeluk, dont le cercueil était recouvert d'un drapeau israélien bleu et blanc. "En ce jour, en cette guerre, nous voulons tous nous rassembler comme un seul cœur", a déclaré sur place Ariel Chen, habitante de la Ville Sainte.
La guerre a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1.140 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.
Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza, dont une centaine libérées fin novembre lors d'une trêve en échange de prisonniers palestiniens. Selon le même décompte, 132 otages sont toujours dans le territoire, dont 28 seraient morts.
Après l'attaque, Israël a juré "d'anéantir" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et a lancé une vaste opération militaire qui a tué 25.490 Palestiniens, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents, selon le ministère de la Santé du Hamas.
- Discussions "sérieuses" -
Une délégation du Hamas, mouvement dont la direction politique est basée au Qatar, est arrivée mardi au Caire pour "discuter avec le chef de renseignements égyptiens d'une nouvelle proposition de cessez-le-feu", selon une source proche des pourparlers.
Le tout alors que Brett McGurk, conseiller du président américain Joe Biden pour le Moyen-Orient, "se trouve au Caire" pour discuter d'une "pause" dans les hostilités et de la libération les otages, selon Washington.
"Je ne peux pas vous dire si et quand nous pourrons y arriver, mais les conversations sont très sobres et sérieuses pour essayer de mettre en place un autre accord sur les otages", a déclaré à Washington John Kirby, un porte-parole de la Maison Blanche.
Selon le site américain Axios, Israël a proposé au Hamas, via la médiation du Qatar et de l'Egypte, une pause de deux mois dans les combats et les raids à Gaza en échange de la libération de tous les otages.
John Kirby n'a pas voulu donner plus de précisions sur la durée que pourrait avoir cette "pause", mais a jugé "possible" que les pourparlers "débouchent sur des conséquences plus large pour le conflit lui-même".
- "Inacceptable" -
Or jusqu'à présent, le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu s'oppose à tout "cessez-le-feu" et à la création, à plus longue échéance, d'un Etat palestinien indépendant aux côtés d'Israël.
Le rejet par le gouvernement israélien de la solution à deux Etats est "inacceptable" et risque de "prolonger le conflit", a prévenu mardi le secrétaire général de l'ONU devant le Conseil de sécurité.
D'autant que cette guerre exacerbe déjà les tensions régionales entre d'un côté Israël, et ses soutiens dont les Etats-Unis, et de l'autre l'Iran et ses alliés comme le Hezbollah libanais, les Houthis yémémites et des milices irakiennes.
Tôt mercredi, Washington a revendiqué des frappes en Irak contre des sites tenus par des groupes armés pro-Iran en "réponse" à une série d'attaques menées par "des milices parrainées" par Téhéran contre des militaires américains.
Aux Etats-Unis, le président Biden a vu aussi l'un de ses premiers grands discours de campagne pour la présidentielle de novembre interrompu par des manifestants pro-palestiniens.
J.Bergmann--BTB