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Les Américains votent au "Super Tuesday", Trump veut un grand chelem
Des millions d'Américains ont commencé mardi à voter pour le candidat qu'ils espèrent voir remporter la Maison Blanche en novembre, Donald Trump comptant réaliser un grand chelem dans les 15 Etats en jeu, afin de se débarrasser de sa rivale Nikki Haley et se concentrer sur son duel avec Joe Biden.
Le suspense n'est toutefois pas au rendez-vous de cette grande journée du "Super Tuesday", tant le septuagénaire républicain et l'octogénaire démocrate font quasiment cavalier seul, chacun dans leur parti, pour ce processus des primaires.
Les scrutins se déroulent de l'Etat du Maine à celui de la Californie, du Texas à la Virginie, ou de l'Alaska à l'Alabama.
Devant un bureau de vote installé à la bibliothèque municipale de Huntington Beach, bastion conservateur de Californie, la plupart des électeurs républicains croisés par l’AFP soutiennent Donald Trump.
Beaucoup ne voient pas la nécessité de continuer les primaires après ce mardi où Nikki Haley semble promise à la défaite, selon les sondages.
Mme Haley est une "cause perdue", estime Andrew Pugel, ingénieur en physique de 57 ans. "Globalement c’est son dernier jour" en tant que candidate, prédit-il.
Côté démocrate, Joe Biden, 81 ans, est candidat à sa réélection et ne fait face à aucune opposition sérieuse.
- Sourde oreille -
Depuis le 15 janvier et en dépit de ses ennuis judiciaires, Donald Trump, 77 ans, a gagné quasiment toutes les primaires organisées par son parti.
"Je pense que Trump gagnera de toute manière à l'échelle nationale", estime mardi Richard Peterson, 72 ans, à Quincy, dans le Massachusetts, avant de voter en faveur du tribun républicain.
Nikki Haley, ancienne ambassadrice à l'ONU, se pose elle comme la réponse aux électeurs du Parti républicain qui entendent rétablir la "normalité" face au "chaos de Trump".
"Je ne peux plus en conscience revoter" pour le magnat de l'immobilier, dit à l'AFP Sarah, 64 ans, expliquant avoir choisi Donald Trump par le passé. Mme Haley, 52 ans, est selon elle "la bonne personne pour nous unir".
Mais Jason Miller, conseiller de l'ex-homme d'affaires devenu président, a assuré à l'AFP s'attendre à "des victoires, beaucoup de victoires", mardi soir.
- Haley s'accrochera-t-elle? -
Hormis une victoire symbolique dimanche soir dans la capitale Washington, Nikki Haley a enchaîné les défaites cuisantes, y compris dans l'Etat dont elle a été gouverneure, la Caroline du Sud.
Restera-t-elle dans la course si les mauvaises nouvelles continuent de tomber?
Pressée sur la question, la principale intéressée reste vague.
"Nous allons continuer jusqu'au Super Tuesday", a-t-elle déclaré à des journalistes fin février. "Je n'ai pas réfléchi plus loin en matière de stratégie."
- Biden face aux Américains jeudi -
Les primaires peuvent en théorie s'étirer jusqu'en juillet. Mais l'équipe de Donald Trump prévoit une victoire "le 19 mars" au plus tard, après des scrutins notamment en Géorgie et en Floride.
Le milliardaire veut pouvoir se concentrer dès que possible sur son match retour avec le président démocrate Joe Biden, avant d'être aspiré par ses ennuis judiciaires.
Son premier procès pénal débute le 25 mars, à New York.
Donald Trump assure être "bien plus populaire" depuis qu'il a été inculpé, mais des sondages montrent que le soutien à sa candidature s'effriterait considérablement s'il était condamné dans l'une de ses affaires pénales.
Il assure être innocent et victime d'une "chasse aux sorcières".
Joe Biden est quant à lui sur un boulevard pour être candidat à sa réélection.
Il est attaqué par ses critiques sur son âge mais Charles Reid Sales, 93 ans, n'en a cure. "Je ne m'attendais pas à voter aujourd'hui mais je l'ai fait", lance-t-il à l'AFP à Houston, au Texas. "Biden? Il ne sera jamais trop vieux!".
Les candidatures de deux démocrates lancés à sa poursuite, l'élu du Minnesota Dean Phillips et l'autrice à succès Marianne Williamson, n'ont jamais vraiment suscité d'enthousiasme, malgré les critiques récurrentes sur l'âge du président ou son soutien à Israël.
Les élections de mardi relèvent donc tout au plus de la formalité pour Joe Biden.
Le dirigeant défendra toutefois son bilan et déroulera sa vision pour l'Amérique lors d'un grand discours de politique générale au Congrès, le traditionnel "State of the Union", jeudi.
A la peine dans les sondages, le président sortant "doit utiliser cette dernière occasion de s'adresser à des millions d'Américains pour présenter le contraste entre sa vision et ce que sera la vie sous Donald Trump", affirme la politologue Wendy Schiller.
T.Bondarenko--BTB