-
NBA : Wembanyama donné MVP selon le traditionnel sondage d'avant-saison
-
IA: Meta lance un puissant "modèle ouvert", face aux champions chinois du genre
-
Ligue Europa : Lyon s'impose dans la douleur devant Crystal Palace
-
Trump renonce à diffuser en direct une exécution militaire
-
Maduro rejette les accusations de torture, de "fausses allégations"
-
Ménopause : des jalons pour une meilleure prise en charge en France
-
L'acteur Francis Renaud placé en détention provisoire pour viols sur son ex-épouse
-
Attaque meurtrière des Houthis pro-iraniens contre le siège du gouvernement yéménite
-
Wall Street recule, juge les acteurs de l'IA trop endettés
-
La Fonderie de Bretagne liquidée, faute de repreneur
-
El Niño, une menace "terrifiante" pour les coraux, selon un expert de la biodiversité
-
Le Cern s'associe à Mistral pour développer une IA dédiée à la recherche scientifique
-
Algérie: les parents de Christophe Gleizes appellent à "agir vite" pour sa libération
-
Rejet d'une demande de suspendre la construction d'une autoroute en Haute-Savoie
-
L'opération du pape pour un cancer redessine déjà le pontificat
-
Nouvelles violences entre policiers et manifestants en Albanie, Rama condamne le "chaos"
-
Ryad accuse Téhéran d'"encourager l'escalade" des Houthis
-
L'acteur Francis Renaud placé en détention provisoire pour viols
-
Plan de relance agricole : Lecornu annonce "entre 500 et 700 millions d'euros"
-
Zelensky annonce la reprise des frappes sur les raffineries russes
-
"Super d'être de retour !" : Harry et Meghan font leur première sortie publique au Royaume-Uni
-
Amende pour le patron de la CR qui avait appelé à "faire la peau aux écolos"
-
L'Otan va mettre à son agenda les attaques de drones en mer Noire, sept nouveaux disparus
-
Ligue 1 : Guillaume Restes, l'ascension d'un "pitchoun" jusqu'aux Bleus
-
Turquie : trois morts, quatre disparus lors de pluies torrentielles à Istanbul
-
Les derniers pandas hébergés en France partiront en Chine, un nouveau couple attendu
-
Ligue des champions: quatre défaites en deux jours, amère première pour l'Italie
-
Nouveaux heurts entre policiers et manifestants en Albanie: Rama condamne le "chaos"
-
Plusieurs zones en Angleterre placées en état de "sécheresse sévère"
-
Allemagne: la douane découvre 92 reptiles dans la valise d'un voyageur
-
Fusillade d'Aubagne : un autre mineur en garde à vue
-
Derrière l'empreinte carbone de l'IA, un possible outil pour le climat
-
Sept disparus près des côtes roumaines, après deux nouvelles attaques de drones
-
Le clipping, puissant outil d'influence numérique aux mains des responsables politiques
-
Pakistan : 32 enfants et une enseignante tués dans l'effondrement du toit de leur école
-
Népal: après la dernière crue, l'angoisse des populations menacées
-
Suède : le parlement refuse de désigner la dirigeante social-démocrate comme Premier ministre
-
Sur le glacier de Saint-Sorlin, la fin se rapproche
-
Ligue des champions: et pourtant, Paris a encore une marge de progression
-
Zelensky défie Trump en reprenant les frappes sur les raffineries russes
-
Route du Rhum: le Maxi Edmond de Rothschild, "vision du futur" et pari osé avant la traversée
-
Aérien : Lufthansa souhaite acquérir à terme la totalité de TAP Air Portugal
-
L'Ukraine met des semences à l'abri dans l'"Arche de Noé" végétale de l'Arctique
-
Turquie: deux morts après des pluies torrentielles à Istanbul
-
En Cisjordanie occupée, la récolte des olives émaillée de violences de colons
-
Le CV de la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche remis en question
-
Edouard Geffray à Bordeaux avant une nouvelle réunion avec les organisations lycéennes
-
Duralex : les 7 millions d'euros récoltés auprès de particuliers ne seront pas remboursés
-
A Bruxelles, le bras de fer budgétaire entre dirigeants européens est engagé
-
Présidentielle : le président des Entrepreneurs assure qu'il restera en France si LFI l'emporte
A Abidjan, les femmes victimes de violences ont désormais un refuge
"La seule solution pour moi c'était la mort, maintenant je veux vivre" dit Emmanuelle (prénom modifié), qui a repris espoir à Abidjan au centre d'accueil de femmes et d'enfants victimes de violences, Akwaba Mousso, unique en Côte d'Ivoire par le travail collectif de ses spécialistes.
Emmanuelle a 24 ans, le corps frêle, mais le regard vif. "Je vivais avec le père de mes enfants" et un des jumeaux qu'il avait eu d'une autre union, explique-t-elle.
Le jumeau, un adolescent de 16 ans en qui elle avait "confiance", a agressé sexuellement ses deux filles, profitant de son absence lorsqu'elle travaillait comme vendeuse.
"Il a mis son doigt dans le sexe de celle qui venait à peine d'avoir un an" et "menaçait la plus âgée: +Si tu (le) dis, je tue ta maman+", raconte Emmanuelle. "Quand je suis venue ici, j'entendais des voix, je voulais me suicider", témoigne-t-elle, des sanglots dans la voix.
Installée à Abidjan, l'ONG Akwaba Mousso - "bienvenue" en langue akan et "femme" en dioula - inaugurée en avril 2023, offre une prise en charge de jour et compte aussi un foyer où est hébergée Emmanuelle depuis deux mois.
Entre mai et décembre, 132 femmes et enfants ont été accompagnés par l'ONG, parmi lesquels 25 ont bénéficié d'un hébergement. Tous les services y sont gratuits.
Ces femmes ont vécu des violences psychologiques, émotionnelles ou physiques. Certaines sont des mineures victimes de viol, que l'ONG assiste parfois devant la justice.
En Côte d'Ivoire, plus de deux femmes sont violées chaque jour, selon Akwaba Mousso.
Seulement "30% des femmes victimes de violences" dans ce pays "demandent de l'aide, et en général c'est auprès de leur famille", explique la directrice exécutive et co-fondatrice française d'Akwaba Mousso, Maureen Grisot.
A leur arrivée au centre, dont elles ont entendu parler par le bouche-à-oreille ou les réseaux sociaux, les femmes bénéficient d'une "première écoute", "sans enregistrement, sans montrer leurs papiers", explique-t-elle.
Il leur est ensuite proposé un premier "parcours", durant lequel elles peuvent échanger et être suivies par différents professionnels, au même endroit: la spécificité du centre.
Des travailleurs sociaux, une sage-femme, une juriste, un psychologue, un médecin et une avocate sont présents à temps plein ou lors de permanences.
- "J'ai de la valeur" -
Laurentine Aguié-Koffi, juriste, aide les femmes lors de procédures judiciaires et leur fait connaître leurs droits, qu'une majorité ignore. La Côte d'Ivoire "a des textes" mais "n'en fait pas la promotion", regrette-t-elle.
En décembre 2021, le pays a adopté une nouvelle loi pour renforcer la protection des femmes victimes de violences.
Mais des organisations de la société civile déploraient dans un rapport en 2022 des "dispositifs" toujours "défaillants", en raison notamment d'un "manque cruel de moyens et d’équipements des services médicaux, sociaux et judiciaires".
De son côté, le psychologue Prince Tra Bi reçoit les femmes individuellement ou collectivement. "Les troubles du stress post-traumatique", la "dépression" et "les troubles somatoformes (troubles mentaux entraînant des symptômes physiques) sont vraiment récurrents" chez "les femmes qu'on reçoit ici", explique-t-il.
La peur derrière elle, Emmanuelle veut être "une femme indépendante, une femme libre". "Je commence à m'estimer", confie-t-elle, entourée d'autres femmes qui "sont comme des soeurs".
Parmi elles, Huguette (prénom modifié), mère de famille, vivant avec ses enfants et son mari, "un dictateur", dit-elle, et suit un accompagnement de jour. "Je n'étais rien dans le foyer", témoigne Huguette. "Je n'arrivais pas à m'exprimer (...) c'est lui qui décidait de tout". "Mon mari me traitait" de "folle", de "nulle".
Aujourd'hui, "on ne m'impose plus rien. J'ai de la valeur, je me suis donné de la valeur", assure-t-elle avec aplomb.
Lorsqu'une femme n'est plus en danger, un deuxième "parcours" proposé par l'ONG lui permet une réinsertion sociale et professionnelle.
Un autre centre d'accueil et des associations d'aide existent à Abidjan, sans autant de moyens. Akwaba Mousso est subventionnée par la mairie de Cocody, un quartier d'Abidjan, et par des acteurs privés, mais continue de chercher des financements.
En dehors du centre, l'ONG sensibilise aussi les hommes. Une campagne de prévention du harcèlement sexuel a été menée pendant la Coupe d'Afrique des nations (CAN) qui s'est tenue en Côte d'Ivoire en début d'année.
F.Müller--BTB