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Européennes: le camp d'Emmanuel Macron fait feu contre le RN
Devant une flopée de drapeaux européens et français, le camp d'Emmanuel Macron réuni à Lille pour lancer la campagne des élections européennes a fait feu contre son adversaire le Rassemblement national, donné favori du scrutin.
"Dans cette campagne nous serons les seuls à défendre l'Europe car nous l'assumons clairement", a-t-elle ajouté.
"Le RN prétend défendre nos valeurs matin midi et soir. Mais à la première secousse de l'histoire, ce sont les premiers à sombrer dans la soumission, pas nous. Voilà pourquoi nous devons lutter contre l'entrée et l'entrisme des amis de Poutine au Parlement européen", a lancé la tête de liste.
Gabriel Attal, qui s'exprimait juste avant elle, a lui fustigé la "vaste tromperie" du "clan Le Pen" dont les votes au Parlement européen sont "une litanie de trahisons contre les intérêts des Français".
"Ils ont toujours dit non à l'Europe. La seule différence maintenant, c'est qu'ils le cachent un peu et que le non s'est transformé en niet", a lancé le Premier ministre, après avoir accusé le RN de proximité avec Vladimir Poutine.
- "Obsession maladive" -
Jordan Bardella a aussitôt dénoncé sur le réseau X une "obsession maladive (de la majorité) pour le RN". "Rien sur l’Europe, rien sur la France, rien pour les Français", a ajouté l'eurodéputé qui avait lancé sa campagne dimanche à Marseille, en axant son discours sur l'immigration et en s'en prenant à Emmanuel Macron, accusé d'être le "grand effaceur" de la France en Europe.
"Ne comptez pas sur moi pour avoir l'Europe honteuse", a affirmé Valérie Hayer, qui a peiné à sortir d'un ton monocorde, devant les militants qui scandaient souvent son nom.
La candidate de 37 ans avait commencé son discours sur une note plus personnelle, rappelant son ancrage dans un territoire rural: "mon engagement, c'est celui d'une (...) femme qui a grandi dans la ferme de ses parents et qui sait, pour l'avoir vu de près, ce que l'Europe apporte à nos agriculteurs".
En la choisissant, la majorité a fait le choix de la "jeunesse" et de "l'audace comme l'incarne si bien (le) Premier ministre", a-t-elle affirmé, plaçant ses pas dans ceux du chef du gouvernement.
Reconnaissant le manque de notoriété de Mme Hayer, le patron du MoDem François Bayrou a estimé que c'était plutôt "un atout", au regard de l'attrait des Français pour les "visages nouveaux". Il a loué son "authenticité" seule "vertu qui vaille" en politique selon lui, avant de souligner combien à ses yeux la situation internationale était "grave" avec la guerre en Ukraine.
Quand certains disent "nous soutenons l'Ukraine mais", "ce que Poutine entend, c'est le +mais+", a-t-il mis en garde. "Nous sommes pro-européens et il n'y a pas de +mais+", a enchaîné le patron d'Horizons Edouard Philippe. "En matière d'Europe, il vaut mieux être béat que Déat", a-t-il ajouté dans une allusion à l'ancien collaborationniste Marcel Déat.
- "Protection" -
Emmanuel Macron, qui compte s'investir ultérieurement dans la campagne, a appelé ses ministres à se "battre pied à pied" et à se mobiliser contre le RN, affirmant qu'il ne fallait poser "aucune limite" dans le soutien de la France à l'Ukraine, après avoir évoqué l'hypothèse d'un envoi de soldats dans ce pays.
Des propos jugés "irresponsables" par les oppositions qui devraient donner de la voix lors des débats, suivis d'un vote, sur ce conflit organisés mardi à l'Assemblée nationale et mercredi au Sénat, manière pour l'exécutif de faire tomber les masques de ses adversaires à l'approche du scrutin.
La stratégie interroge certains alliés: cibler le RN peut "les mettre en valeur", note un député MoDem, qui n'est pas non plus enclin à faire de l'Ukraine "un enjeu de campagne".
Hormis le RN, Valérie Hayer n'a pas eu de propos à l'adresse des électeurs du centre gauche, ceux de la macronie originelle, qui pourraient être attirés par la liste du Parti socialiste menée par Raphaël Glucksmann après le virage à droite du gouvernement sur l'immigration.
L'enjeu est pourtant aussi pour la majorité de "ne pas perdre notre socle qui s'érode sur sa gauche", selon l'eurodéputé Renaissance issu des Verts Pascal Canfin, qui veut être "à l'offensive" sur le Pacte vert européen.
Après la mobilisation sur l'Ukraine et l'Europe, le prochain thème de campagne sera l'agriculture, autre ligne de fracture avec le RN et dossier sur lequel Mme Hayer, fille d'agriculteurs, pourra faire jouer sa fibre rurale.
M.Furrer--BTB