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A Lviv, loin de chez eux, des déplacés ukrainiens à la recherche de vêtements
Au milieu de cartons de vêtements à Lviv, dans l'Ouest de l'Ukraine, Tatiana Kaftan serre contre son ventre de femme enceinte une combinaison pour bébé et un petit pantalon.
Tatiana, qui attend son premier enfant dans trois semaines, est arrivée à Lviv, grande ville de l'Ouest ukrainien il y a trois jours, fuyant les bombardements russes sur sa ville de Mykolaïv, dans le Sud.
"Nous avons tout abandonné à la maison. Nous n'avons plus rien", dit à l'AFP cette femme de 35 ans, qui a traversé le pays en voiture avec son mari.
Dans un bureau de consultations financières transformé en centre de distribution d'aide humanitaire, elle demande à voix basse à un bénévole s'ils auraient un jouet pour son enfant à naître.
Son mari, qui attend d'être mobilisé dans l'armée, se tient à ses côtés.
L'invasion russe de l'Ukraine, lancée le 24 février, a provoqué l'une des plus grandes crises humanitaires de l'histoire récente en Europe.
Plus de dix millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur de l'Ukraine ou à l'étranger, notamment en Pologne.
Beaucoup de réfugiés ont rejoint Lviv, loin des combats.
Pour y aider ceux qui n'ont souvent que les vêtements qu'ils portaient lors de leur fuite, des centres offrent des habits, couvertures, chaussures et jouets.
- "Rien à porter" -
Iana tient une petite veste en jean autour des épaules de sa fille de cinq ans, Maïa, pour voir si elle lui va.
Cette mère de deux enfants, qui n'a pas donné son nom de famille, raconte avoir passé douze jours dans une cave pour s'abriter des bombardements à Kharkiv, grande ville du Nord-Est.
L'armée ukrainienne a ensuite pu organiser un convoi de voitures et bus pour les évacuer début mars.
Iana y avait un cabinet de dentiste et d'anciens patients ont proposé de l'héberger à Lviv. S'effondrant en pleurs, elle révèle que sa mère et sa belle-mère sont restés à Kharkiv.
Selon une bénévole du centre, Severina Padovskaïa, des centaines de personnes venaient demander de l'aide dans les premiers jours de la guerre.
Aujourd'hui, l'affluence a diminué, mais il y a encore du travail.
Non loin de là, devant un bâtiment administratif, Natalia Ivachenko porte une pochette rouge qui contient son passeport et d'autres documents destinés à l'enregistrer auprès des autorités locales.
Cette femme de 55 ans a fui la région de Donetsk, l'objectif actuel des forces russes, la semaine dernière, pour rejoindre sa fille à Lviv.
"J'ai pu prendre quelques affaires, mais c'était celles que j'ai vu en premier, et rien de ce dont j'ai besoin", regrette-t-elle. Cette directrice de bureau de poste est hébergée chez des amis.
"Je n'ai rien à me mettre", poursuit-elle, habillée d'une veste grise à la doublure rose.
- Affaires basiques -
Plus loin dans la même rue, Katerina, 38 ans, fait la queue avec son fils Ilia, six ans, devant un cinéma où l'on distribue des vêtements et des jouets.
Elle est arrivée à Lviv début mars avec Ilia et son deuxième fils de 13 ans depuis la ville de Dnipro, dans l'Est de l'Ukraine.
"Lorsque nous sommes partis, mon fils a pris un sac à dos avec de l'équipement car il est programmeur et a besoin d'étudier. Je n'ai pris qu'un sac avec les affaires les plus basiques", dit-elle.
A l'intérieur du cinéma, devant la machine à popcorn, elle examine des chapeaux en laine multicolores déposés dans une boîte à même le sol.
D'autres mères de famille essayent des manteaux, marchant sur un poster géant du film "Mulan".
Dans un coin, Ilia s'est fait un nouvel ami, avec lequel il font semblant tour à tour de jouer d'une trompette bleue et rouge en plastique.
P.Anderson--BTB