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L'Egypte envoie une délégation en Israël, pour parler d'une trêve à Gaza selon des médias
Une délégation égyptienne est attendue vendredi en Israël pour tenter, selon des médias, de relancer les négociations au point mort sur une trêve entre Israël et le Hamas, associée à une libération d'otages retenus dans la bande de Gaza.
La guerre qui fait rage depuis le 7 octobre dans le territoire palestinien s'accompagne d'une flambée des violences à la frontière nord d'Israël avec le Liban, où l'armée israélienne a annoncé vendredi la mort d'un civil.
De nombreuses capitales et organisations humanitaires redoutent un bain de sang dans cette ville devenue un refuge pour près d'un million et demi de Palestiniens, entassés pour beaucoup dans des camps de tentes, sans eau ni électricité, où ils commencent à souffrir de la chaleur après avoir enduré le froid de l'hiver.
Après six mois et demi de bombardements et de combats au sol, Israël estime que le mouvement islamiste dispose de quatre bataillons regroupés à Rafah. Jeudi, le cabinet de guerre israélien s'est réuni "pour discuter des moyens de détruire les derniers bataillons du Hamas", selon le porte-parole du gouvernement, David Mencer.
Une délégation venue d'Egypte, l'un des trois pays médiateurs avec le Qatar et les Etats-Unis, est attendue vendredi en Israël pour discuter de questions de "sécurité", selon une source proche du gouvernement.
Mais selon des médias israéliens, la délégation doit tenter de relancer les négociations et plaider pour un accord de trêve entre Israël et le Hamas impliquant la libération de "dizaines" d'otages.
D'après le site israélien Walla, qui cite un haut responsable israélien, les discussions portent sur une proposition pour libérer dans un premier temps 20 otages considérés comme des cas "humanitaires".
Selon la chaîne Al-Araby, il s'agit aussi d'appuyer les efforts déployés par l'Egypte pour empêcher une offensive sur Rafah.
Un responsable politique du Hamas, Ghazi Hamad, a assuré jeudi à l'AFP depuis le Qatar qu'un assaut sur Rafah ne permettrait pas à Israël d'obtenir "ce qu'il veut", c'est-à-dire "éliminer le Hamas ou récupérer" les otages.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, affirme qu'une offensive sur Rafah est nécessaire pour vaincre le Hamas et libérer les otages, les deux principaux objectifs affichés de l'offensive en cours.
- Tirs à la frontière libanaise -
Depuis le début de la guerre, les violences ont redoublé à la frontière israélo-libanaise, où les échanges de tirs sont devenus quotidiens entre l'armée israélienne et le Hezbollah, un puissant mouvement armé allié du Hamas et soutenu par l'Iran.
Des dizaines de milliers d'habitants ont fui les localités situées de part et d'autre de la frontière.
L'armée a annoncé vendredi qu'un civil israélien avait été tué dans la nuit près de la frontière par des missiles tirés du sud du Liban, où elle a détruit des infrastructures du Hezbollah.
"Dans la nuit, des terroristes ont tiré des missiles antichar sur la zone d'Har Dov, dans le nord d'Israël. Un civil israélien travaillant sur un chantier d'infrastructure a été blessé et plus tard déclaré mort", a affirmé l'armée.
Har Dov est le nom israélien des Fermes de Chebaa, une zone frontalière contestée.
Le Hezbollah affirme de son côté avoir mené "une embuscade complexe" contre un convoi israélien dans les "Fermes de Chebaa occupées" et avoir "détruit deux véhicules".
L'armée a indiqué avoir frappé "des cibles appartenant au Hezbollah dans la zone de Chebaa, dans le sud du Liban, dont un arsenal et un lanceur" de missiles, ainsi que des "infrastructures opérationnelles" et une "enceinte militaire".
- Un "accord maintenant" -
La guerre à Gaza a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent menée contre Israël par des commandos du Hamas, qui a entraîné la mort de 1.170 personnes, essentiellement des civils, selon un bilan de l'AFP établi à partir de données officielles israéliennes.
Plus de 250 personnes ont été enlevées et 129 restent captives à Gaza, dont 34 sont mortes selon des responsables israéliens.
En représailles, Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et qu'il considère comme une organisation terroriste, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. Son armée a lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 34.305 morts, majoritairement des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste.
Jeudi, des proches d'otages ont une nouvelle fois manifesté à Tel-Aviv pour faire pression sur le gouvernement afin qu'il obtienne leur libération.
Certains avaient les mains liées et teintées de rouge, la bouche couverte d'un sparadrap marqué "202", le nombre de jours écoulés depuis le 7 octobre, ou portaient une pancarte avec les mots "Un accord sur les otages maintenant".
- Un port flottant -
La guerre qui a dévasté la bande de Gaza a aussi provoqué un désastre humanitaire dans le territoire de 2,4 millions d'habitants, assiégé par Israël et menacé de famine.
Face aux difficultés d'acheminement de l'aide internationale par la route depuis l'Egypte, en raison des contrôles très stricts imposés par Israël, les Etats-Unis ont commencé à construire un port temporaire et une jetée face au littoral de Gaza, où des navires militaires ou civils pourront déposer leurs cargaisons.
Celles-ci seront ensuite transportées sur des navires plus petits jusqu'à la côte. La jetée devrait être opérationnelle début mai, selon le Pentagone.
M.Furrer--BTB