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Macron lance les commémorations du D-Day
Emmanuel Macron a donné mercredi le coup d'envoi de trois jours de cérémonies marquant le 80e anniversaire du Débarquement allié en Normandie, qui vont réunir en France les principaux dirigeants occidentaux et le président ukrainien Volodymyr Zelensky au moment où la guerre frappe à nouveau l'Europe.
Le chef de l'Etat, qui enchaînera les hommages jusqu'à vendredi, préside une première cérémonie à Plumelec, dans le Morbihan, en mémoire aux maquisards bretons et aux premiers parachutistes de la France libre au sein des SAS, les forces spéciales britanniques, qui lancèrent dans la nuit du 5 au 6 juin l'opération Overlord pour ouvrir un nouveau front face à Adolf Hitler.
Le Débarquement du 6 juin, organisé dans le plus grand secret par les Américains, les Britanniques et les hommes du général de Gaulle, allait ouvrir la voie à la libération de l'Hexagone et à la défaite de l'Allemagne nazie, et donc à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
A Plumelec, le président Macron entend souligner "le rôle de la résistance bretonne et des parachutistes SAS, venus d'Angleterre et issus de toutes les régions de France, jusqu'à l'Océanie, qui ont joint leurs forces pour retenir les renforts allemands", selon son éditorial dans le dossier de presse de ce rendez-vous diplomatique hors normes.
C'est là en effet qu'est tué le premier mort de la Libération, un résistant breton parti en Angleterre.
Emmanuel Macron doit prendre la parole et déposer une gerbe en compagnie du colonel Achille Muller, dernier des parachutistes français ayant participé à l'opération.
Aux jeunes générations, cet homme de "99 ans et demi" conseille de cultiver la "mémoire". "Si demain la France était attaquée, ils devraient faire la même chose que nous", lance-t-il, béret rouge vissé sur la tête sous une très légère bruine.
Comme lui, les anciens combattants encore en vie seront à l'honneur pendant ces célébrations, d'autant plus qu'en raison de leur âge, ce sera le dernier grand rendez-vous auquel ils pourront participer. Des dizaines de vétérans américains, canadiens ou britanniques, dont certains ont participé au "jour le plus long", sont déjà arrivés en Normandie.
"Bienvenue en France aux héros", a écrit mardi sur X le président français.
Joe Biden est aussi arrivé mercredi matin en France. Jeudi, le président des Etats-Unis rejoindra les plages normandes pour la cérémonie internationale de commémoration du D-Day.
En sa présence, mais aussi avec le roi Charles III, le chancelier allemand Olaf Scholz ou encore le chef de l'Etat italien Sergio Mattarella, le président français pourra afficher l'unité des Occidentaux alors qu'un conflit d'envergure frappe à nouveau l'Europe.
Symbole fort, le président Zelensky sera là, tandis que la Russie, invitée il y a dix ans, a été formellement exclue des cérémonies justement en raison de sa "guerre d'agression" contre l'Ukraine.
En marge de ces cérémonies, Joe Biden aura l'occasion de s'entretenir avec son homologue ukrainien pour voir "comment nous pouvons continuer à approfondir notre soutien", a indiqué la Maison Blanche. D'autres discussions entre les deux hommes sont prévues lors du sommet du G7 en Italie, du 13 au 15 juin.
"En Normandie, mais également en Bretagne, nous allons continuer à honorer toutes les mémoires de ceux qui ont contribué à notre libération: ceux qui se sont levés pour combattre le nazisme, ceux qui se sont battus sur tous les fronts, ceux qui ont souffert et ceux qui ont pris tous les risques pour apaiser les souffrances", écrit-il dans le dossier de presse.
A Plumelec, "tous les drapeaux" installés dans le cadre des commémorations ont été volés dans la nuit" de lundi à mardi, selon la mairie qui fait également état de dégradations sur des abribus et annonce l'ouverture d'une enquête. D'après Ouest-France qui a publié des photos, des inscriptions telles que: "La Bretagne n'est pas à vendre", "Macron hors de Bretagne", "Ici c'est pas la France", ont notamment été taguées.
Mercredi après-midi, Emmanuel Macron sera à Saint-Lô, dans la Manche, pour prononcer un discours sur les victimes civiles des bombardements alliés.
"Capitale des ruines", selon l'expression du dramaturge irlandais Samuel Beckett, "Saint-Lô est le symbole de toutes nos cités qui, à cette époque, ont connu la destruction", selon Emmanuel Macron. "Leur souffrance, l'héroïsme des secouristes et l'abnégation de ceux qui les ont rebâties doivent trouver toute leur place dans notre mémoire collective."
On compte entre 50.000 et 70.000 victimes civiles des bombardements alliés en France, dont 10.000 pour la seule Normandie à l'été 1944. Quatre cents morts dans la nuit du 6 au 7 juin à Saint-Lô, qui sera libérée le 18 juillet, détruite à 90%.
Mercredi soir enfin, Emmanuel Macron rendra hommage aux détenus de la prison de Caen, principalement des résistants, fusillés par les Allemands lors du Débarquement.
C.Meier--BTB