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Toujours en quête d'un gouvernement, Bayrou convie les forces politiques jeudi à Matignon, sans le RN et LFI
François Bayrou convie jeudi à Matignon les forces politiques, hors LFI et RN, avant d'annoncer son gouvernement, un exercice délicat entre les exigences des différentes parties et Les Républicains qui menacent de ne pas y participer.
Le Premier ministre invite à 14H00 les présidents de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et du Sénat Gérard Larcher, ainsi que "les présidents de partis et de groupes qui ont eu la responsabilité des affaires du pays à une période ou à une autre de la Ve République".
A savoir tous sauf La France insoumise -qui n'avait pas souhaité se rendre à Matignon pour les entretiens bilatéraux-, le Rassemblement national et son allié l'UDR d'Éric Ciotti.
Soufflant le chaud et le froid depuis la nomination du président du MoDem, le parti frontiste, qui souhaitait être reçu à Matignon, hausse le ton.
En refusant de nous convier, François Bayrou "méprise le Rassemblement national et ses millions d'électeurs", a fustigé sur X le vice-président du parti Sébastien Chenu.
"Il aurait dû inviter les partis politiques qui ont eu des responsabilités au cours de la IVe République plutôt. Au moins, ils auraient eu un sujet de conversation", a raillé Marine Le Pen.
Quant à la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, elle veut discuter avec la direction de son parti et ses partenaires politiques du Nouveau Front populaire avant de décider si elle se rendra ou non à Matignon.
Les premiers pas du nouveau Premier ministre sont "complètement ratés", a-t-elle commenté sur BFMTV. Il est "la risée des Français" depuis son aller-retour dans sa ville de Pau, en pleine crise à Mayotte.
Dans sa lettre, M. Bayrou invoque, parallèlement à la crise politique et budgétaire, la situation de l'archipel dévasté par un cyclone, "probablement la catastrophe naturelle la plus grave de l'histoire de France depuis plusieurs siècles", mais aussi la Nouvelle-Calédonie, estimant que "ces deux situations additionnées" placent les responsables politiques "devant des responsabilités inédites".
Matignon a par ailleurs démenti mardi après-midi auprès de l'AFP que le chef du gouvernement ait remis une première liste de ministres au chef de l’État.
François Bayrou poursuit son délicat exercice de former un gouvernement "de personnalités".
Il a notamment reçu mercredi à Matignon les dirigeants du Parti radical, puis Éric Ciotti, et le président des sénateurs macronistes François Patriat, avant la présidente du groupe RDSE à la chambre haute, Maryse Carrère.
- Menaces de censure -
L'extrême droite formule également des exigences. Le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand ou l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne dans l'équipe, c'est non, pour la députée RN Laure Lavalette. Ils "n'incarnent pas la rupture" avec le macronisme souhaitée selon elle par les Français, a-t-elle justifié sur France Inter.
Au-delà, ce sont des menaces de plus en plus clairement énoncées de censure qui ont fait monter les enchères mercredi.
"Si François Bayrou ne tient pas compte des erreurs qu'a pu commettre Michel Barnier, tant sur la forme que sur le fond, il se dirigera lui aussi vers les mêmes conséquences, c'est-à-dire tôt ou tard vers une censure", a ainsi prévenu Sébastien Chenu.
Le parti frontiste l'interpelle aussi sur le budget.
Car, si le Parlement a définitivement adopté une loi spéciale pour autoriser l'exécutif à prélever l'impôt et à emprunter pour financer l’État et la Sécurité sociale, cela n'épargnera pas le gouvernement de s'atteler dans l'urgence à doter la France d'un budget pour 2025.
- A quand un gouvernement ? -
A gauche, Marine Tondelier estime que François Bayrou est déjà "en train de paver le chemin de sa propre censure". Quant au groupe communiste, il envisage de voter la censure dès la déclaration de politique générale le 14 janvier.
Plus modérée, Johanna Rolland, première secrétaire déléguée du PS, a réclamé d'avoir "des interlocuteurs (...) qui nous disent le chemin de compromis, pour aller vers une non-censure".
Au milieu de chacun de ses obstacles se pose une autre inconnue: quand François Bayrou sera-t-il en mesure de présenter son gouvernement ?
Une nouvelle rencontre à l'Elysée a eu lieu mercredi après-midi entre les deux têtes de l'exécutif. Auparavant, M. Bayrou a reçu son prédécesseur Gabriel Attal, désormais chef des députés macronistes.
Quoiqu'il en soit, il n'y aura pas d'annonce de gouvernement a priori avant dimanche. Le président de la République est en déplacement à Bruxelles (conseil européen) mercredi, puis à Mayotte jeudi et enfin auprès des troupes françaises à Djibouti et sera de retour dans l'Hexagone dimanche matin.
M.Odermatt--BTB