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Ukraine: Zelensky veut se battre en 2025 sur le "champ de bataille" et à la "table des négociations"
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré mardi soir que l'Ukraine devrait se battre en 2025 sur le "champ de bataille" mais aussi à la "table des négociations" pour mettre fin à près de trois années d'invasion russe et une année 2024 marquée par des avancées russes d'ampleur.
"Chaque jour de l'année à venir, nous allons devoir nous battre pour une Ukraine suffisamment forte. Parce que seule une telle Ukraine sera respectée et entendue. Tant sur le champ de bataille qu'à la table des négociations", a-t-il déclaré dans son adresse de Nouvel an à la Nation.
L'année 2024 aura été difficile pour Kiev: l'armée russe a avancé en Ukraine de près de 4.000 km2 en 2024 face à des Ukrainiens en difficulté, soit sept fois plus qu'en 2023, et l'année à venir s'annonce incertaine pour Kiev, notamment du fait d'interrogations sur la pérennité du soutien américain.
Depuis des semaines, les spéculations vont bon train sur d'éventuels futurs pourparlers de paix, après près de trois ans d'une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts et de blessés dans les deux camps.
Le président ukrainien a dit souhaiter "une paix juste" en 2025, mais son pays achève l'année sur la défensive, face à une armée russe qui avance malgré d'importantes pertes.
"Que 2025 soit notre année. L'année de l'Ukraine. Nous savons que la paix ne nous sera pas donnée en cadeau, mais nous ferons tout pour arrêter la Russie et mettre fin à la guerre", a-t-il ajouté dans son discours diffusé sur les réseaux sociaux.
Les conséquences pour les Ukrainiens restent immenses: des millions de déplacés et de réfugiés, et des bombardements russes incessants, notamment ceux visant l'infrastructure énergétique, plongeant les civils régulièrement dans le noir et le froid.
Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine s'est félicité mi-décembre des avancées de ses troupes, assurant avoir "l'initiative" à l'issue d'une année "charnière".
Dans son discours du Nouvel An mardi, Vladimir Poutine n'a de son côté pas explicitement mentionné la guerre en Ukraine mais a salué les soldats russes pour leur "courage et leur bravoure".
Dans le détail, ses hommes ont avancé de 3.985 km2 en 2024, selon l'analyse par l'AFP des données fournies par l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW), arrêtées au 30 décembre.
Soit quasiment sept fois plus qu'en 2023 (584 km2).
Moins nombreuses et moins armées, les forces ukrainiennes reculent à un rythme accéléré depuis cet automne, en particulier dans l'Est: novembre (725 km2) et octobre (610 km2) ont été les deux mois durant lesquels l'armée russe a pris le plus de territoire depuis mars 2022 et les premières semaines de l'invasion.
- "Obtenir la paix" -
Dans ce contexte, les questions en suspens restent nombreuses.
L'année à venir "déterminera qui l'emportera", a prévenu en novembre le président ukrainien, en espérant obtenir une "paix juste" en 2025.
A Kiev, son souhait est partagé par la population: "je veux que la paix soit enfin obtenue pour l'Ukraine, que les gens arrêtent de mourir", dit à l'AFP Kateryna Tchemeryz, une enseignante.
"Tout le monde n'a qu'un seul souhait, un seul rêve: que l'Ukraine gagne et que tous nos territoires soient reconquis", martèle pour sa part Tetiana, une fonctionnaire qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.
Et ce, alors que la Russie occupe déjà près de 20% du territoire ukrainien et que le retour au pouvoir aux Etats-Unis le 20 janvier de l'imprévisible Donald Trump accroît encore l'incertitude.
"Je ressens une certaine anxiété", reconnaît Kateryna Tchemeryz, le président élu américain ayant appelé à un cessez-le-feu "immédiat" et promis d'obtenir un accord de paix, sans jamais détailler son plan.
Or les Etats-Unis sont le premier bailleur et fournisseur d'armes de l'Ukraine, et une réduction de cette aide pourrait avoir d'immenses conséquences.
"Je n'ai aucun doute que le nouveau président américain est désireux et capable de parvenir à la paix et de mettre fin à l'agression de Poutine", a déclaré mardi soir M. Zelensky, qui demande toujours pour son pays des garanties de sécurité avant toute négociation avec Moscou.
Dans sa manche, il bénéficie du fait que son armée occupe depuis août plusieurs centaines de kilomètres carrés de la région russe de Koursk, une épine dans le pied de Vladimir Poutine.
Mais ce dernier y a désormais le soutien de milliers de soldats nord-coréens. Il a aussi multiplié les menaces de guerre mondiale, si les Occidentaux renforcent leur soutien à l'Ukraine, avec davantage de missiles de plus longue portée.
- Frappes russes et ukrainiennes -
Le maître du Kremlin exige toujours la reddition de l'Ukraine, son renoncement à l'adhésion à l'Otan et les territoires ukrainiens qu'il a annexés.
Dans la nuit de lundi à mardi, l'Ukraine a encore été visée par 21 missiles et une quarantaine de drones d'attaque, dont respectivement sept et 16 ont pu être abattus. L'armée russe a affirmé avoir frappé "un aérodrome militaire et une entreprise du complexe militaro-industriel" ukrainien.
Côté russe, une attaque de drones ukrainiens a provoqué un incendie de carburant dans un dépôt pétrolier de la région de Smolensk, à 500 km à vol d'oiseau de Kiev, selon le gouverneur régional.
K.Thomson--BTB