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Catastrophe aérienne de Washington: la recherche des corps continue
Les sauveteurs continuent de fouiller vendredi les eaux du Potomac pour repêcher tous les corps des 67 tués dans la collision, au-dessus de Washington, d'un avion de ligne et d'un hélicoptère militaire, un accident que Donald Trump a porté sur le terrain politique.
Selon les médias américains, 40 corps avaient été repêchés jeudi soir, 24 heures après cette catastrophe qui n'a laissé aucun survivant, la pire aux Etats-Unis en deux décennies.
Les deux boîtes noires du Bombardier ont été retrouvées jeudi soir dans les eaux glacées du fleuve et les enquêteurs cherchent à comprendre les causes d'un accident lié, selon le M. Trump, aux programmes promouvant la diversité au sein de la fonction publique américaine.
Selon le New York Times, la tour de contrôle de l'aéroport Ronald-Reagan était en sous-effectif mercredi soir. Un seul contrôleur, au lieu de deux, assurait le trafic des avions de ligne et des hélicoptères.
Par ailleurs, 24 heures avant la collision, un autre appareil sur le point d'atterrir sur le même aéroport a dû tenter une seconde approche car un hélicoptère volait près de sa trajectoire, ont rapporté le Washington Post et CNN, citant un enregistrement audio du contrôle aérien.
Donald Trump, après avoir observé une minute de silence et regretté une "nuit sombre et atroce", a porté jeudi ce drame sur le terrain politique.
- "Abjecte" -
"J'ai donné la priorité à la sécurité. Obama et Biden et les démocrates ont mis la politique en premier", a-t-il lancé depuis la Maison Blanche, accusant ses prédécesseurs d'avoir abaissé les exigences en matière de sécurité aérienne.
Il a aussi attaqué les programmes qui promeuvent la diversité au sein de l'administration américaine, et plus spécifiquement du régulateur américain de l'aviation, la FAA.
"Ils ont même donné une directive: +Trop blanc+. Or nous voulons des gens compétents", a lancé le président républicain, qui a aussi promis une enquête approfondie pour établir les causes de l'accident.
Ancien ministre des Transports sous la présidence de Joe Biden, le démocrate Pete Buttigieg a qualifié cette mise en cause d'"abjecte". "Alors que les familles sont en deuil, M. Trump devrait diriger, et non mentir".
Pressé de questions pour savoir s'il mettait directement en cause les contrôleurs aériens et les politiques de diversité pour expliquer la catastrophe, Donald Trump a reconnu "ne pas savoir" encore mais ajouté que "ça a pu être" le cas.
Pour appuyer encore son propos, il a signé un nouveau décret dans l'après-midi renforçant la chasse à ces programmes qu'il qualifie de "discrimination honteuse".
- "Mauvaises décisions" -
La collision de l'avion et de l'hélicoptère militaire Black Hawk est la pire catastrophe aérienne aux Etats-Unis depuis qu'un avion de ligne s'était écrasé peu après son décollage à New York en novembre 2001.
Parmi les victimes, se trouvent plusieurs membres de la communauté de patinage artistique, dont le couple russe Evgenia Shishkova et Vadim Naumov, champions du monde en 1994. L'avion venait de Wichita, au Kansas, dans le centre du pays, où se déroulaient des championnats nationaux.
Deux ressortissants chinois se trouvaient aussi à bord, a indiqué Pékin. La Chine a présenté ses condoléances et appelé Washington à déterminer "rapidement les causes de l'accident", selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité par le média d'Etat CCTV.
Un officier de police philippin était également à bord de l'avion, a rapporté la police de ce pays.
Pour Donald Trump, cette collision aurait "dû être évitée". L'hélicoptère "suivait une trajectoire incroyablement mauvaise", a-t-il déclaré peu après la catastrophe, déplorant "la convergence de mauvaises décisions".
L'équipage de l'hélicoptère était "relativement expérimenté", a fait savoir son ministre de la Défense Pete Hegseth.
Washington est sans cesse survolée par des avions et hélicoptères à très basse altitude.
Une bande sonore des échanges dans la tour de contrôle permet d'entendre les contrôleurs demander plusieurs fois au pilote de l'hélicoptère s'il avait vu sur l'avion d'American Airlines, puis lui ordonner de "passer derrière" ce dernier.
"J'ai juste vu une boule de feu, et puis il a disparu", s'exclame ensuite un contrôleur, après que la communication avec l'hélicoptère a été coupée.
bur-aue-lb-es-ube/jnd/pt/pz
H.Seidel--BTB