-
La Chine rend hommage à l'ex-Premier ministre Zhu Rongji lors de ses funérailles
-
Pakistan : la justice ordonne le transfert d'Imran Khan de la prison à l'hôpital
-
Séisme en Indonésie : 70 morts, hausse importante du nombre de déplacés et de blessés
-
La sécheresse historique devrait peser sur la récolte céréalière en Allemagne en 2026
-
Allemagne : un an de prison pour un Ukrainien ayant aidé Moscou à planifier des sabotages
-
OpenAI encadre l'usage de ChatGPT par les adolescents, sous pression judiciaire et législative
-
Dix jours après les feux, tristes vendanges dans le vignoble varois
-
Philippines: un lycéen se filme tuant un camarade puis se suicide
-
Cyclisme: Roglic au départ de la Vuelta malgré son récent accident
-
Bercy sous le feu des critiques après le piratage du fisc
-
Mort accidentelle du producteur d'OSS 117 Nicolas Altmayer et de Mathilde Favier, responsable chez Dior
-
Le réchauffement, une menace pire qu'escompté pour les personnes âgées, selon une étude
-
Climat: Londres et Google vont tester l'évitement des trainées de condensation d'avions
-
La Maison Blanche et Trump s'emportent contre une journaliste de CNN
-
Une nuit à Beaubourg et les "fantômes" de Charlie Hebdo : Luz fait son entrée littéraire
-
L'hypothèse d'un gel partiel des retraites de nouveau dans le débat
-
Journée décisive pour "encercler définitivement" l'incendie en Belgique
-
La Bourse de Paris freinée par le Moyen-Orient
-
A New York, le retour des baleines menacé par le trafic maritime
-
L'Indonésie veut créer de la pluie pour combattre El Niño
-
Masters 1000 de Cincinnati: Zverev sort Atmane, Fils vient à bout de Lehecka et file en 8e
-
Trump menace de bombarder Oman s'il entrave un accord sur le détroit d'Ormuz
-
Les soeurs Williams réunies, quatre ans après leur dernier match ensemble
-
Ligue 1: entre changement et continuité, Lille veut rester dans le peloton de tête
-
Ligue des champions: Lyon défie Fenerbahçe pour s'offrir une place en C1
-
Hichilema, l'ancien garçon vacher devenu président de la Zambie
-
Sans électricité, déserte et inquiète: La Havane loin du tumulte d'antan
-
Séoul rassure Pyongyang sur ses exercices militaires avec Washington
-
L'Irak va enquêter sur une attaque de drones contre le bureau du Premier ministre du Kurdistan
-
En Zambie, le président sortant Hichilema réélu dans un contexte confus
-
Mineurs et réseaux sociaux : le procès de Meta entre dans le vif du sujet mardi
-
Sophie Adenot va devenir la première Française à sortir dans l'espace
-
Pétrole détecté au large de l'Amazonie: un "passeport pour l'avenir", salue Lula
-
Wall Street recule, minée par la hausse des coûts d'emprunt
-
Gaza: Netanyahu et Kushner envisagent une supervision militaire américaine du désarmement du Hamas
-
Au Mali, lourdes peines de prison pour un chroniqueur et une influenceuse critiques de la junte
-
Piratage du Fisc: Lecornu demande un audit à l'ANSSI
-
Face à l'incendie en Belgique, des Allemands sommés de quitter leur maison
-
Gaza: Netanyahu et Kushner discutent d'une supervision militaire américaine du désarmement du Hamas
-
Au Pays de Galles, dernier adieu à Bonnie Tyler sur l'air de "Total eclipse of the heart"
-
Birmanie: cas confirmés de choléra, des centaines d'hospitalisations
-
Russie: un responsable du seul parti antiguerre condamné à 11 ans de prison
-
"On bat tous les records": début des vendanges mardi en Alsace
-
Naufrage d'un ferry au Zimbabwe: le bilan s'alourdit encore à 92 morts
-
Allemagne: le gouvernement divisé sur l'inscription du climat dans la Constitution
-
Présidentielle en Zambie: l'avance de Hichilema s'accroit, arrestations d'opposants
-
Wall Street ouvre en ordre dispersé, au lancement d'une semaine pauvre en catalyseurs
-
Qui sont ZeroBytes, les pirates du fisc qui affirment avoir vendu les données volées ?
-
Drogues: Malaysia Airlines élargit ses tests après l'arrestation d'un pilote
Commémorer Tiananmen en cachette à Hong Kong
Il est huit heures du soir et neuf minutes ce samedi 4 juin. Chiu Yan-loy éteint les lumières de son bureau à Hong Kong. Il allume plusieurs bougies et, seul, se recueille à la mémoire des centaines de manifestants tués sur la place Tiananmen à Pékin il y a 33 ans.
L'heure et la minute choisies symbolisent l'année 1989. M. Chiu, 36 ans et ancien membre de l'association militant pour la démocratie Hong Kong Alliance, observe ce rituel chaque année depuis qu'il est adolescent.
Mais c'est la première fois qu'il doit l'accomplir seul, en privé, au lieu de se joindre à des dizaines de milliers d'autres Hongkongais rassemblés chandelles à la main sur les terrains de football du parc Victoria à l'appel de cette organisation, aujourd'hui dissoute.
Les organisateurs de la veillée ont été inculpés en septembre d'"incitation à la subversion". Plusieurs d'entre eux attendent en prison leur procès. Samedi, la police, qui avait averti que tout rassemblement commémoratif serait passible de cinq ans d'emprisonnement, s'est déployée massivement dans les environs du parc, contrôlant et fouillant à tour de bras les passants et arrêtant une dame de 80 ans pour "entrave à la force publique".
Certains ont été contrôlés pour avoir porté des vêtements noirs, pour avoir tenu à la main des fleurs ou, dans un cas, un jouet en forme de char. Au moins une demi-douzaine de personnes soupçonnées de commémoration présumée ont été embarquées dans des fourgons de police.
Mais M. Chiu reste confiant dans l'inventivité de ses compatriotes pour continuer à se souvenir de Tiananmen à leur façon.
- Rapport émotif -
"Le rapport émotif qu'a le peuple de Hong Kong avec le 4 juin va bien au-delà du seul fait d'assister à un rituel collectif", explique-t-il. "C'est devenu une partie intégrante de notre existence. Maintenant, la question est de savoir comment nous allons pratiquer, dans notre vie courante, ce en quoi nous croyons".
Peu de Hongkongais ont finalement bravé samedi l'impressionnant déploiement policier et la menace d'arrestation. Mais "tant que nos coeurs et nos esprits ne changent pas, nous ne lâcherons pas facilement", poursuit M. Chiu.
"Nous ne devons pas nous autoflageller. Tant que nous serons prêts à nous souvenir et à transmettre, la vérité finira un jour par éclater", espère-t-il.
Derek Chu, un ancien élu local militant pour la démocratie, estime lui aussi qu'il ne faut pas se laisser décourager par la fin des veillées au parc Victoria. "Dans cette lutte entre le peuple et le gouvernement, tout se ramène à la conviction, à la mémoire. Le lieu n'a pas une grande importance", affirme-t-il.
Sur les réseaux sociaux, M. Chu avait annoncé vendredi qu'il fournirait gratuitement des chandelles aux habitants de son quartier. Au final, seule une quarantaine de personnes se sont présentées, mais cela ne suffit pas à le décourager. "Même dans cette mauvaise passe du mouvement" pour la démocratie "je ne crois pas que les gens oublieront le 4 juin", dit-il.
Beaucoup de partisans de la démocratie redoutent que la répression n'empêche la jeune génération de connaître la vérité sur ce qui s'est passé à Pékin en 1989.
Mais à l'Université chinoise de Hong Kong, où une réplique de la "Déesse de la démocratie" a été déboulonnée fin 2021, de jeunes étudiants ont inventé une singulière chasse au trésor : ils ont réalisé 32 impressions 3D de miniatures de cette statue qui avait symbolisé mouvement de 1989 et les ont cachées à travers le campus, mettant au défi leurs condisciples de les trouver.
La chasse au trésor, qui devait durer six jours, a été interrompue au bout de trois, les surveillants de l'université l'ayant contrecarrée. Vingt-trois statuettes ont quand même été trouvées par les étudiants. Les autres ont été perdues ou endommagées.
"Le souvenir et la signification de la sculpture ne disparaîtront pas simplement parce qu'elle a été retirée. Ils continueront à être transmis", affirme Rebecca, une étudiante figurant parmi les initiateurs du du projet.
Née bien après 1989, elle se rappelle avoir entendu parler pour la première fois de Tiananmen à l'école secondaire, de la bouche d'un de ses professeurs.
"On m'a dit que lorsque je deviendrai adulte et responsable de moi-même, je pourrai assister à la veillée aux chandelles, mais je n'en ai pas eu l'occasion", regrette Rebecca. "J'espère toujours qu'un jour, je pourrai y participer".
O.Lorenz--BTB