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Zelensky entouré par ses alliés européens, après son clash avec Trump
L'Europe traverse un "moment unique" pour sa "sécurité", a mis en garde dimanche le Premier ministre britannique lors d'une rencontre cruciale à Londres d'une quinzaine d'alliés de l'Ukraine qui ont serré les rangs autour de Volodymyr Zelensky, deux jours après sa vive altercation avec Donald Trump.
"Nous sommes réunis ici aujourd'hui car il s'agit d'un moment unique pour la sécurité de l'Europe et que nous devons tous nous mobiliser", a lancé Keir Starmer à l'ouverture de ce sommet.
Assis aux côtés du président ukrainien, chaleureusement salué à son arrivée par plusieurs dirigeants présents, M. Starmer lui a assuré du soutien "aussi longtemps qu'il le faudra" à l'Ukraine de tous les dirigeants assis "autour de cette table".
Un accueil aux antipodes de celui réservé vendredi à Washington à Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale par Donald Trump et son vice-président JD Vance.
Pendant de longues minutes, M. Trump lui a reproché de "s'être mis en très mauvaise posture" et lui a ordonné de faire la paix avec la Russie, faute de quoi les Etats-Unis le laisseraient "tomber".
Rassemblant une quinzaine d'alliés de Kiev, dont le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz ou la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, ce sommet de Londres vise à imaginer de nouvelles garanties de sécurité en Europe face aux craintes de lâchage par Washington.
Il précède un sommet européen extraordinaire sur l'Ukraine prévu jeudi à Bruxelles.
- Washington fait encore monter la pression -
Dimanche, Washington a encore fait monter la pression sur le président ukrainien, laissant planer l'idée qu'il pourrait devoir partir.
"Nous avons besoin d'un dirigeant qui peut traiter avec nous, traiter avec les Russes à un moment et mettre fin à cette guerre", a déclaré, sur la chaine CNN, le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, Mike Waltz.
"S'il devient évident que le président Zelensky, soit pour des motivations personnelles soit politiques, diverge de la volonté de mettre fin aux combats dans son pays, alors je crois qu'on a un vrai problème", a-t-il ajouté.
Moscou, qui se réjouit du changement radical de politique des Etats-Unis, et Washington ont lancé, sans inviter l'Ukraine ni les Européens, des négociations pour mettre fin à la guerre, dont le président américain refuse de considérer Moscou comme responsable.
Ukraine et Europe suivent avec une profonde inquiétude le revirement spectaculaire opéré par Donald Trump et son rapprochement avec son homologue russe Vladimir Poutine. Ils craignent que les Etats-Unis ne fassent pression pour sceller un accord de paix défavorable à l'Ukraine.
Dans ce contexte, Keir Starmer, qui a signé samedi un accord de prêt de 2,26 milliards de livres (près de 2,74 milliards d'euros) pour soutenir les capacités de défense de l'Ukraine, a annoncé sur la BBC travailler avec la France sur "un plan pour faire cesser les combats" entre l'Ukraine et la Russie, qui sera présenté aux Etats-Unis.
Il a également appelé à "trouver une voie pour travailler tous ensemble" en vue de sceller "une paix durable".
- Eviter la division de l'Occident -
Allant dans le même sens, Giorgia Meloni, une des rares dirigeantes européennes à avoir assisté à l'investiture de Donald Trump, a affirmé qu'il était "très important d'éviter" que l'Occident ne "se divise" et assuré qu'Italie et Royaume-Uni pouvaient "construire des ponts" avec Washington.
Ce sommet doit aussi se pencher, selon Downing Street, sur les "prochaines étapes de la planification de garanties de sécurité solides" sur le continent européen, face au risque de retrait du parapluie militaire et nucléaire américain.
Il faut "urgemment" réarmer l'Europe, a ainsi dit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Dans un entretien avec plusieurs journaux français, Emmanuel Macron s'est dit pour sa part prêt à "ouvrir la discussion" sur une éventuelle future dissuasion nucléaire européenne, après une demande en ce sens du futur chancelier allemand Friedrich Merz.
Favorable à "un financement massif et commun" représentant "des centaines de milliards d'euros" pour bâtir une défense commune, il estime que "c'est le moment d'un réveil stratégique, parce que dans tous les pays il y a un trouble, une incertitude, sur le soutien américain dans la durée".
G.Schulte--BTB