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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Commande record de 96 milliards de dollars du Qatar à Boeing, un signal fort pour l'avionneur
La compagnie aérienne Qatar Airwaysa passé commande portant sur 210 avions pour une valeur de 96 milliards de dollars à Boeing, a annoncé mercredi la Maison Blanche, à l'occasion de la visite de Donald Trump dans l'émirat.
C'est un signal fort sur le plan commercial pour l'avionneur américain, qui se redresse progressivement après plusieurs années difficiles, même s'il peine à accélérer production et livraisons.
Si Boeing et ses clients divulguent très rarement le prix des appareils achetés, il s'agit vraisemblablement de la plus grosse commande jamais enregistrée par Boeing en valeur.
La plus conséquente en nombre d'appareils avait été passée, en 2023, par la compagnie Air India (220 avions), mais elle portait, en grande majorité sur des monocouloirs 737 MAX, alors que le contrat avec Qatar Airways concerne uniquement des gros porteurs 787 Dreamliner et 777X.
"C'est la plus importante commande d'avion dans l'histoire de Boeing", a assuré Donald Trump, précisant qu'elle représentait "plus de 200 milliards de dollars pour 160 avions, c'est fantastique, c'est un record".
L'écart entre le chiffre communiqué par le chef de l'Etat américain et la Maison Blanche pourrait s'expliquer par la différence entre des commandes fermes et des options.
Le prix catalogue d'un 787 Dreamliner est d'environ 250 millions de dollars et celui d'un 777X aux alentours de 440 millions, soit un total inférieur aux chiffres communiqués dans tous les cas de figure, la ventilation entre les deux modèles n'ayant pas été annoncée.
Sollicité par l'AFP, Boeing s'est refusé à commenter l'annonce dans l'immédiat. Contacté, Qatar Airways n'a pas donné suite.
Le 777X n'a pas encore reçu sa certification par l'Agence américaine de l'aviation civile (FAA). Il est en phase de tests et le groupe aéronautique table sur une première livraison en 2026.
"Cela représente beaucoup d'avions", a réagi Nicolas Owens, analyste de Morningstar, "mais si vous commandez un avion aujourd'hui, vous ne le recevrez pas avant au moins cinq ans."
Le carnet de commandes de l'avionneur cumulait ainsi, au total, 6.282 appareils à fin avril.
- "Signe de confiance" -
En proie à des problèmes de qualité depuis plusieurs années, Boeing a été contraint par la FAA de ralentir sa production du 737 MAX début 2024 après un incident en vol début janvier.
La séquence a mené au départ, fin 2024, du directeur général Dave Calhoun, remplacé par Kelly Ortberg, un vétéran du secteur, qui a passé l'essentiel de sa carrière chez l'équipementier aérounautique Rockwell Collins.
Boeing a également souffert d'une grève de plus de cinquante jours qui a bloqué deux usines cruciales entre mi-septembre et début novembre.
"C'est une bonne nouvelle, mais Boeing ne va rien gagner sur ces avions avant longtemps", a insisté Nicolas Owens, pour qui l'inclusion du 777X est "un signe de confiance émanant d'un client de longue date".
Vers 17H15 GMT, le titre prenait 1,46% à la Bourse de New York. Il a atteint, en séance, son plus haut niveau depuis 15 mois.
Sur les quatre premiers mois de l'année, le groupe a enregistré 261 commandes nettes.
"Ils avaient besoin de se reprendre en main et il semble qu'Ortberg soit en train d'y réussir", selon Nicolas Owens.
La commande de Qatar Airways intervient quelques heures seulement après que les autorités chinoises ont autorisé la reprise des livraisons d'avions Boeing aux clients chinois.
Elles avaient été suspendues mi-avril en réponse aux droits de douane imposés par Donald Trump aux produits chinois importés aux Etats-Unis.
Les deux pays ont accepté lundi de réduire drastiquement ces tarifs douaniers durant 90 jours, le temps de parvenir à un accord commercial.
L'annonce de la commande a été faite mercredi alors que le président américain signait une série d'accords à Doha aux côtés de l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.
Certains portaient sur la défense, notamment la fourniture de drones MQ-9B.
Lors de sa première étape dans la région, à Ryad, il a créé la surprise en annonçant la levée des sanctions visant la Syrie et en rencontrant son président islamiste, Ahmad al-Chareh.
A Doha, Donald Trump a reçu un accueil tout aussi fastueux qu'à Ryad.
L'émir du Qatar s'est déplacé à l'aéroport pour l'accueillir, et l'avion présidentiel américain a eu droit à une escorte d'avions de combat qataris.
Mais ce passage à Doha a pour arrière-plan un scandale politique.
L'opposition démocrate aux Etats-Unis reproche au milliardaire d'avoir accepté "le plus gros pot-de-vin étranger de l'histoire récente".
En cause, un Boeing 747-8 offert à Donald Trump par la famille royale qatarie pour remplacer au moins provisoirement son avion officiel, et pour l'utiliser après son mandat.
O.Lorenz--BTB