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Gaza: près de 90 morts dans un intense pilonnage israélien selon les secours
Près de 90 Palestiniens ont été tués vendredi dans un intense bombardement israélien à Gaza, ont indiqué les secours, le chef des droits de l'homme de l'ONU mettant en garde contre un "nettoyage ethnique" dans le territoire dévasté par la guerre.
Au terme de sa tournée dans le Golfe, le président américain Donald Trump, un allié d'Israël, a déclaré: "nous nous intéressons à Gaza. Et nous allons faire en sorte que cela soit réglé. Beaucoup de gens sont affamés."
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l'attaque sans précédent contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre, a ensuite appelé les Etats-Unis à faire pression sur le gouvernement de Benjamin Netanyahu pour laisser entrer l'aide humanitaire à Gaza, bloquée depuis le 2 mars.
En riposte à l'attaque du 7-Octobre, M. Netanyahu a juré de détruire le Hamas et son armée a lancé une offensive destructrice à Gaza, qui a fait des dizaines de milliers de morts, poussé les quelque 2,4 millions d'habitants à se déplacer plusieurs fois et provoqué un désastre humanitaire.
Après un bilan de plus de 100 morts jeudi, un responsable de la Défense civile à Gaza Mohammed al-Moughayir a fait état d'au moins 88 personnes tuées vendredi "dans les bombardements israéliens continus".
Dans un hôpital de Beit Lahia (nord), des images de l'AFP montrent des habitants, dont des enfants ayant perdu leur mère, se lamenter sur le corps de leurs proches, et des blessés soignés à même le sol au milieu des cris et des pleurs.
"Nous dormions quand soudain tout a explosé. Il y avait du sang partout. Nous ne savions pas qui était mort et qui était en vie", raconte Oum Mohamed al-Tatari, 57 ans, habitante de Tal Zaatar (nord).
- "Faim, soif, peur" -
A Beit Lahia, Saïd Hamouda affirme que les bombardements "ont ciblé des habitations où des civils dormaient. Les enfants hurlaient, les portes ont été soufflées. Une scène indescriptible, comme si c’était la fin du monde".
"Ceux qui ne meurent pas dans les bombardements mourront de faim", se lamente Khalil al-Tatar, un autre habitant.
A pied, entassés avec quelques effets personnels dans des camionnettes ou sur des charrettes, de nombreux habitants ont fui de secteurs du nord de Gaza.
"Les civils meurent, les gens ont faim, ont soif, ont peur et il y a les destructions. Il ne reste plus rien. C'est la dixième fois que je suis obligé de fuir", indique Houssam al-Kilani à Beit Lahia.
L'armée israélienne a affirmé poursuivre ses opérations à Gaza, sans plus de détails.
Pour le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk, "cette dernière vague de bombes obligeant les gens à se déplacer sous la menace d'attaques encore plus intenses, la destruction méthodique de quartiers entiers et le refus de l'aide humanitaire soulignent qu'il semble y avoir une poussée pour un changement démographique permanent à Gaza qui (...) équivaut à un nettoyage ethnique".
M. Netanyahu, pour qui seule une pression militaire accrue poussera le Hamas à libérer les otages, a annoncé lundi une intensification de l'offensive à Gaza pour "vaincre" le Hamas, qui a pris le pouvoir dans le territoire palestinien en 2007.
- "Famine délibérée" -
Israël affirme qu'il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza et accuse le Hamas de voler les aides internationales.
Un responsable du Hamas, Taher al-Nounou, a appelé les Etats-Unis à "exercer davantage de pressions" sur Israël pour "permettre l'entrée immédiate de l'aide".
Selon lui, "l'entrée de l'aide (...) fait partie des accords avec les émissaires américains" après "la libération (lundi) par le Hamas d'Edan Alexander", l'otage israélo-américain qui avait été enlevé durant l'attaque du 7-Octobre.
Après une trêve de deux mois, l'armée israélienne a repris son offensive le 18 mars à Gaza et s'est emparée de larges pans du territoire. Le gouvernement Netanyahu a annoncé début mai un plan pour la "conquête" de Gaza, qu'Israël avait occupée de 1967 à 2005.
L'attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues à Gaza, dont 34 déclarées mortes par l'armée.
Les représailles israéliennes ont fait au moins 53.119 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les dernières données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
"(...) Le massacre d'enfants et de civils sans défense, la famine délibérée et la souffrance comme l'humiliation incessante des Palestiniens de Gaza doivent cesser", a dit Dora Bakoyannis, rapporteuse de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour le Moyen-Orient.
C.Kovalenko--BTB