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Ukraine: attaque record de drones russes, une femme tuée près de Kiev
La Russie a lancé dans la nuit de samedi à dimanche une attaque record de drones visant de nombreuses régions d'Ukraine, dont celle de la capitale, Kiev, où une femme a été tuée, selon les autorités ukrainiennes, deux jours après de premiers pourparlers de paix depuis 2022 qui n'ont pas abouti à une trêve.
Cette salve d'attaques intervient à la veille d'un appel annoncé par le président américain Donald Trump avec son homologue russe Vladimir Poutine pour tenter de mettre fin au conflit qui a entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes, civils et militaires confondus.
Vendredi, les discussions de paix russo-ukrainiennes menées à Istanbul, les premières depuis le printemps 2022, ont mis en exergue le gouffre qui sépare les positions de Moscou - maximalistes - et celles de Kiev, dont l'armée souffre sur le front.
Vladimir Poutine, qui s'exprimait publiquement dimanche pour la première fois depuis deux jours, a insisté à la télévision d'Etat vouloir "éliminer les causes" du conflit, "créer les conditions d'une paix durable" et "garantir la sécurité de l'État russe".
Son armée, qui bénéficie "d'assez de troupes et de moyens" pour mener à bien cet objectif d'après lui, occupe toujours près de 20% du territoire ukrainien qu'elle a envahi depuis février 2022.
Dans la nuit de samedi à dimanche, la Russie "a attaqué avec 273 drones explosifs de type +Shahed+ et des leurres", a indiqué au matin l'armée de l'air ukrainienne.
D'après elle, 88 ont été "détruits" par sa défense antiaérienne et 128 autres perdus.
- "Record" -
Ce chiffre de 273 drones lancés est "un record", a déploré la vice-Première ministre Ioulia Svyrydenko, assurant que "l'objectif de la Russie est clair: continuer à massacrer des civils".
"Une femme est morte de ses blessures à la suite d'une attaque ennemie dans le district d'Oboukhiv", localité au sud de Kiev, a indiqué sur Telegram le responsable de l'administration militaire régionale, Mykola Kalachnyk.
Il a fait état de trois blessés hospitalisés, dont un enfant de quatre ans.
Cette attaque a notamment touché "un immeuble d'habitation", ont dénoncé dans un communiqué les secours ukrainiens.
Deux personnes ont par ailleurs été "blessées" dans une frappe de drone à Kherson (sud), selon les autorités municipales.
- "Poutine veut la guerre" -
Cette série d'attaques nocturnes venant de Russie a engendré une avalanche de condamnations de la part des responsables ukrainiens.
"Pour la Russie, les négociations d'Istanbul ne sont qu'une couverture, Poutine veut la guerre", a cinglé le bras droit de Volodymyr Zelensky, Andriï Iermak, chef de l'administration présidentielle.
"Voilà à quoi ressemble le +véritable désir de paix+ de Poutine", a embrayé Rouslan Stefantchouk, le président de la Rada, le Parlement ukrainien.
De son côté, l'armée russe a assuré avoir intercepté un total de 25 drones ukrainiens dans la nuit et dans la matinée.
Vendredi à Istanbul, les premiers pourparlers de paix entre Ukrainiens et Russes depuis 2022, n'ont pas abouti à une trêve, pourtant réclamée par Kiev et ses alliés occidentaux.
En l'absence d'avancée majeure obtenue --seul un échange de prisonniers a été conclu--, Donald Trump a déclaré samedi qu'il parlerait par téléphone lundi à Vladimir Poutine pour évoquer une fin à la guerre, avant d'échanger avec Volodymyr Zelensky et plusieurs dirigeants d'Etats membres de l'Otan.
Objectif de l'appel: "Mettre fin au +bain de sang+", a déclaré sur sa plateforme Truth Social le président américain, qui depuis son retour à la Maison Blanche pousse Moscou et Kiev à cesser les combats.
Cet échange téléphonique "est en préparation", a confirmé samedi soir le Kremlin à l'agence d'Etat TASS.
En l'état, comme l'a montré la réunion bilatérale de vendredi, sous médiation turque, qui a duré moins de deux heures, les positions des Russes et des Ukrainiens restent inconciliables.
Le Kremlin maintient des revendications maximalistes: que l'Ukraine renonce à rejoindre l'Otan, abandonne quatre de ses régions partiellement contrôlées par la Russie, en plus de la Crimée annexée en 2014, et que cessent les livraisons d'armes occidentales.
L'Ukraine rejette fermement ces exigences, demandant que l'armée russe, qui occupe toujours près de 20% de son territoire, s'en retire. Ce dont Moscou n'a pas l'intention.
Pour éviter une nouvelle invasion russe dans le futur, Kiev appelle aussi à des "garanties de sécurité" solides.
E.Schubert--BTB