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Charles III à Ottawa pour témoigner son soutien au Canada ciblé par Trump
Le roi Charles III s'est offert lundi un bain de foule dans un parc de la capitale canadienne pour son premier jour d'une visite hautement symbolique dans ce pays dont il est le chef d'Etat et qui vit depuis plusieurs mois au rythme des menaces d'annexion de Donald Trump.
Un moment qui représente un "honneur historique, à la mesure des enjeux de notre temps", selon le Premier ministre canadien Mark Carney. Celui-ci a accueilli le souverain sur le tarmac de l'aéroport avant plusieurs cérémonies à Ottawa.
Hormis quelques échanges avec la foule, Charles III ne s'est pas exprimé en public lundi, pour la première de ses deux journées de visite.
Le souverain de 76 ans est venu à l'invitation de Mark Carney pour prononcer exceptionnellement mardi le discours du trône pour la réouverture du Parlement comme marque d'affirmation de la souveraineté du pays.
Habituellement, cette allocution est prononcée par le représentant de la couronne britannique au Canada, le gouverneur général.
Ses paroles, qui ont été écrites par le bureau du Premier ministre, seront particulièrement scrutées, notamment sur les questions de souveraineté et de relations commerciales. Le pays est en effet sous la menace du président américain qui ne cesse de dire qu'il rêve d'annexer le pays de 41 millions d'habitants, contre lequel il a lancé une guerre commerciale à coups de droits de douane.
Tenu à une stricte neutralité politique, Charles III n'a jamais fait le moindre commentaire public sur les velléités du président américain, grand admirateur de la famille royale, de faire du Canada le 51e Etat américain.
Elizabeth II, la mère du roi Charles, n'est venue prononcer que deux fois le discours du trône lors de son long règne, en 1957 et la dernière fois en 1977.
- "Fondement de son identité" -
Mark Carney, Premier ministre depuis mi-mars et qui a remporté les législatives du 28 avril, veut faire de cette visite une démonstration de souveraineté face au voisin du sud.
En visite à Washington début mai, il a affirmé que le Canada "ne serait jamais à vendre", en réponse au président américain qui lui faisait la liste des "formidables avantages" pour les Canadiens d'un "merveilleux mariage".
"La force du Canada réside dans sa capacité à bâtir un avenir prometteur tout en honorant ses racines anglaises, françaises et autochtones, lesquelles constituent le fondement de son identité", a-t-il déclaré lundi.
A Ottawa, beaucoup apprécient le symbole derrière cette visite royale.
Installé plusieurs heures avant l'arrivée du monarque dans le parc Lansdowne de la capitale pour ne rien manquer du spectacle, Robert Brown se félicite de cette "forme de diplomatie très subtile".
"C'est une bonne chose parce que Donald Trump respecte vraiment le roi Charles. C'est donc un message pour lui", renchérit Noah Marshall, au milieu de la foule, qui brandit des drapeaux canadiens et britanniques.
Une idée balayée d'un revers de main récemment par l'ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra. Si Mark Carney "a un message à faire passer, il y a des moyens plus simples de le faire. M. Carney peut appeler le président à tout moment", a-t-il déclaré à la chaîne CBC la semaine passée.
Et selon lui, la question de l'annexion est "close". "Il faut passer à autre chose".
- Match de hockey -
La visite de Charles III, qui est accompagné par la reine Camilla, est sa vingtième au Canada, mais la première depuis qu'il est devenu roi en septembre 2022.
Le couple s'est rendu sur un marché de producteurs, où la foule de tous âges s'est pressée, et a assisté à un spectacle de danse autochtone et au début d'un match de hockey de rue.
Peu après, à Rideau Hall, résidence officielle de la gouverneure générale, Mary Simon, sa représentante dans le pays, le roi a participé à la plantation d'un arbre. Autour de lui, les invités ont entonné l'hymne canadien et crié "God Save The King".
Cette cérémonie a été suivie d'une autre avec les lieutenants-gouverneurs des dix provinces canadiennes et commissaires territoriaux des trois territoires.
C.Meier--BTB