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Macron reçoit les partis politiques face aux blocages annoncés
Comment gouverner? Deux jours après les élections législatives qui ont sonné la macronie, Emmanuel Macron reprend l'initiative face aux risques de blocages de ses réformes à l'Assemblée, en invitant les responsables politiques des oppositions.
Six d'entre eux seront reçus successivement mardi à l'Elysée: Christian Jacob (LR) ouvre la marche à 10H00, avant Olivier Faure (PS) à 11H00, François Bayrou (Modem) à 14H00, Stanilas Guerini (LREM) à 15H00, Marine Le Pen (RN) à 17H30 et Fabien Roussel (PCF) à 18H30, avant d'autres mercredi comme le chef du parti EELV Julien Bayou.
Si le chef de LFI Jean-Luc Mélenchon n'a pas encore répondu, son numéro 2 Adrien Quatennens n'en a pas écarté l'idée, s'interrogeant toutefois sur LCI: "pour quoi faire?"
Lui comme plusieurs autres responsables de LFI ont exigé la démission de la Première ministre Elisabeth Borne, qui ne sera pas présente aux entretiens avec les partis politiques. Comme le président par intérim du RN Jordan Bardella qui a estimé qu'elle devait "rendre son tablier".
Mathilde Panot, députée de la France insoumise, a d'ores et déjà annoncé "une motion de censure" contre le gouvernement, en estimant que, contrairement au quinquennat dernier, "le Parlement ne sera pas composé que de Playmobil".
Avec 245 députés, les macronistes d'Ensemble! sont loin de la majorité absolue, fixée à 289 sièges sur 577. Ils devancent la Nupes, qui aura au moins 150 représentants dans l'hémicycle, selon un décompte actualisé effectué par l'AFP qui inclut les députés d'Outre-mer, mais sans préjuger du choix des dissidents socialistes et de plusieurs élus divers gauche.
Viennent ensuite le Rassemblement national, qui réalise une percée historique (89 sièges), puis les Républicains (61).
Si personne dans la macronie ne met publiquement en cause la cheffe du gouvernement - et donc de la majorité -, de nombreux responsables politiques de LR, dont leur candidate à la présidentielle Valérie Pécresse, ont aussi appelé Emmanuel Macron à "tenir compte du résultat de ces élections" en changeant "de ligne politique, de Premier ministre et de gouvernement".
- "Du sol au plafond" -
Manière d'imaginer un accord entre le parti de droite et La République en marche et ses alliés? "Nous sommes et nous resterons dans l'opposition: il n'y aura ni pacte ni coalition avec Emmanuel Macron", a encore répété lundi le patron des Républicains, Christian Jacob dans une tentative d'autorité sur son parti, apparue divisé sur la question, à l'instar de Jean-François Copé.
Un bureau politique de LR doit d'ailleurs être réuni mardi en fin d'après-midi.
Resté silencieux depuis la gifle électorale de dimanche, Emmanuel Macron a déjeuné lundi avec Elisabeth Borne et les ténors d'Ensemble!, Edouard Philippe et François Bayrou.
Un remaniement est à l'ordre du jour puisque trois ministres doivent quitter le gouvernement après avoir été battues dimanche: à la Transition écologique, Brigitte Bourguignon à la Santé et Justine Benin à la Mer.
A partir de là, "il y a ceux qui pensent qu'il faut tâtonner et rester dans une forme de statu quo gouvernemental, et ceux qui veulent tout changer du sol au plafond, notamment avec un nouveau Premier ministre", relève un familier de l'exécutif, selon qui "ça flotte beaucoup".
Emmanuel Macron n'a que deux jours devant lui, avant un tunnel d'obligations internationales (Conseil européen, G7, sommet de l'Otan) à partir de jeudi. Il devrait apparaître à la Fête de la musique à l'Elysée, mardi soir, mais aucune allocution politique n'est pour l'instant prévue.
En attendant, la Nupes a connu un premier raté: en proposant de bâtir un groupe parlementaire unique afin d'apparaître comme la première opposition à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon a reçu une sèche fin de non-recevoir de la part de ses partenaires.
"La gauche est plurielle, elle est représentée dans sa diversité à l'Assemblée Nationale. Vouloir supprimer cette diversité est une erreur, et je m'y oppose", a déclaré la députée socialiste Valérie Rabault, présidente sortante du groupe PS, à l'unisson du PCF et d'EELV, chaque formation politique ayant vocation à avoir son propre groupe dans l'hémicycle.
Quitte à ce que la deuxième force au Palais Bourbon revienne au Rassemblement national. Marine Le Pen a d'ailleurs prévenu de sa détermination à "mettre en œuvre le blocage de toutes les réformes (...) nocives, au premier rang desquelles la retraite à 65 ans".
Y.Bouchard--BTB