-
Les intoxications aux fumées de feux de forêt, angle mort de la protection des pompiers
-
Blocage des lycées: un vendredi sous haute tension, les syndicats reçus par le ministre
-
Gazole: les Européens se réunissent pour tenter de faire baisser les prix, sous forte pression américaine
-
Cancer du sein : prouver l'impact prépondérant du travail, un défi pour les femmes
-
Équipe de France: Michael Olise, le retour du "crack"
-
Foot: Zidane retrouve le Stade de France, théâtre de ses exploits en bleu
-
Le mouvement de blocage des lycées devrait se poursuivre vendredi
-
Après ses aveux, Cédric Jubillar à l'épreuve de la reconstitution du meurtre
-
Flydubai: Trump dit soupçonner l'Iran et menace de le frapper
-
Ryad accuse les Houthis d'avoir mené une attaque à Médine en Arabie saoudite
-
OpenAI écarte trois chercheurs en sécurité de l'IA accusés de fuites d'informations sensibles
-
Bolivie : le procureur général arrêté sur des soupçons de blanchiment et de trafic de drogue
-
Deux Américains, un Canadien et un Russe rejoignent la Station spatiale internationale
-
Arrivée dans l'ISS de la relève de Sophie Adenot
-
A l'Assemblée, l'examen de la loi "intégrale" contre les violences sexuelles démarre par le volet judiciaire
-
Bourses mondiales: la flambée des taux plombe l'Europe, Wall Street résiste
-
Ligue des nations: Wirtz offre à Klopp son premier succès avec l'Allemagne
-
En Espagne, concert de casseroles avant un vote clé sur le logement
-
Wall Street clôture en petite hausse, soulagée par la détente des taux obligataires
-
Mexique : attaque à l'arme blanche dans une école, un mort et trois blessés
-
Une condamnée dans un état critique après son exécution ratée aux Etats-Unis
-
"À nous d'être à la hauteur" : début des débats sur la loi "intégrale" contre les violences sexuelles
-
Argentine : Macron et Milei veulent renforcer les liens économiques bilatéraux
-
Accusations d'antisémitisme: Mediapart présente des éléments d'authentification, Bardella continue de démentir
-
Furieux à l'idée d'une hausse de TVA, Canal+ menace de moins investir dans le cinéma et le sport
-
Bolivie : le procureur général arrêté, soupçonné de blanchiment et de trafic de drogue
-
Deux Américains, un Canadien et un Russe en route pour la Station spatiale internationale
-
Après un été "hors normes" lui ayant coûté 80 millions d'euros, la SNCF prépare le prochain
-
Mediapart révèle avoir pu authentifier les messages antisémites attribués à Bardella
-
Dettes des Etats: les taux plombent les marchés boursiers
-
Chili : heurts entre étudiants et policiers lors d'une manifestation contre de possibles coupes dans l'éducation
-
Argentine : TotalEnergies donne le ton avant la rencontre de Macron et Milei
-
Plombées par les taux, les Bourses européennes terminent en net recul
-
Blocage des lycées : Matignon condamne des "violences urbaines" et incrimine LFI
-
Le Tennessee suspend les exécutions après l'échec de la mise à mort d'une femme
-
Présidence du Sénat : Gérard Larcher aisément reconduit, sous l'oeil du nouveau groupe RN
-
Les revendications des lycéens: des moyens supplémentaires à la suppression de Parcoursup
-
IA : Lagarde appelle l'Europe à développer ses propres capacités technologiques
-
Ukraine: un pont de Kiev et un institut nucléaire frappés par des drones russes
-
Wall Street évolue dans le rouge, plie sous le poids des taux obligataires
-
Dettes des Etats: les taux d'intérêt continuent de mener la danse
-
Bolivie : enquête pour narcotrafic contre le procureur général arrêté après des sanctions américaines
-
Rejoint par les étudiants, le mouvement lycéen se tend : Lecornu convoque une cellule de crise
-
Foot: l'avenir international de Ronaldo en question
-
Afghanistan : au moins 10 civils tués dans de nouvelles frappes pakistanaises
-
Tapisserie de Bayeux: le British Museum va proposer une visite en audiodescription
-
Un yacht coulé par un banc de cachalots dans le Pacifique Sud, les quatre passagers secourus
-
Mediapart: enquêtes qui marquent et têtes qui tombent
-
Ukraine: un pont de Kiev et l'institut de recherche nucléaire frappés par des drones russes
-
Projet de budget de la Sécurité sociale: les principales mesures
"Un cauchemar": une famille vénézuélienne déchirée par la politique de Trump
L'un a été emprisonné au Salvador, un autre est rentré au pays et le dernier vit reclus, de peur d'être arrêté: la politique anti-immigration de Donald Trump a déchiré la famille de Mercedes Yamarte, dont les trois fils avaient émigré aux Etats-Unis depuis le Venezuela.
"Je voudrais m'endormir, me réveiller et que tout cela ne soit jamais arrivé", dit en pleurant cette femme de 46 ans.
La pluie s'intensifie sur le toit de zinc de sa petite maison emplie de tristesse dans un quartier de Maracaibo, à neuf heures de route de Caracas, où l'argent du pétrole n'est jamais arrivé.
Sur son téléphone, elle montre une photo de ses enfants, prise lors d'un appel vidéo pour Noël dernier.
Son aîné, Mervin José Yamarte Fernández, 30 ans, a été arrêté au Texas le 13 mars avant d'être expulsé au Salvador et emprisonné dans une mégaprison pour membres de gangs.
Marié et père d'une petite fille de six ans, il fait partie des 252 Vénézuéliens envoyés le 15 mars dans ce pays d'Amérique centrale sur la base d'une loi de 1798 sur les ennemis étrangers, jusqu'alors uniquement utilisée en temps de guerre.
Expulsés sans autre forme de procès, la plupart sont accusés d'appartenir au gang Tren de Aragua.
Une affiliation contestée par des avocats et des militants des droits de l'Homme.
Ils affirment que nombre d'entre eux ont été arrêtés à cause de leurs tatouages, qui n'ont rien à voir avec l'organisation classée "terroriste" par Washington.
Mervin, qui travaillait au Texas dans un restaurant de tortillas et dans la construction, porte un tatouage sur la main gauche avec le numéro 99. Celui de son maillot de football. Il s'est également fait tatouer le nom de sa mère et de sa fille.
- "Plus seul que jamais" -
Il est arrivé aux Etats-Unis en 2023 dans l'espoir de trouver du travail pour envoyer de l'argent à sa mère et à son épouse.
Il a fait le voyage avec son frère Jonferson, 21 ans, traversant à pied la jungle du Darién - entre la Colombie et le Panama - puis le Mexique.
Leur frère Juan et leur soeur Francis, 28 et 19 ans, ont tenté de les rejoindre un an plus tard mais seul le premier est arrivé aux Etats-Unis, Francis ayant fait demi-tour au Mexique.
Jonferson a depuis quitté le pays, de peur de subir le même sort que son frère aîné.
Il a attendu un mois au Mexique avant de pouvoir regagner le Venezuela à bord d'un vol humanitaire affrété par Caracas.
"Ça a été un cauchemar", affirme Jonferson, qui a fait face à de nombreuses privations et a dû demander à sa mère de lui envoyer de l'argent.
"Je me sens plus seul que jamais", explique-t-il par téléphone à l'AFP, du bus qui le conduit à l'aéroport pour prendre son vol pour le Venezuela.
Des trois frères, Juan est le seul qui se trouve encore aux Etats-Unis.
Il vit caché, se déplaçant régulièrement d'un endroit à un autre pour éviter d'être arrêté.
"Je reste enfermé. Quand je vais à l'épicerie, je regarde de tous les côtés, apeuré, comme si quelqu'un me poursuivait", raconte à l'AFP le jeune homme, qui ne souhaite pas montrer son visage à la caméra et demande à ce que son lieu de résidence ne soit pas révélé.
Juan, qui continue de travailler dans la construction, refuse de retourner dans son pays "les mains vides".
Il est le seul qui puisse désormais aider sa mère, ainsi que sa femme et son fils de sept ans qui l'attendent au Venezuela.
Penser à sa famille le tourmente.
C'est "une douleur qui est difficile (...) d'avoir un être cher dans une mégaprison en étant innocent", dit-il en référence à son frère, Mervin.
"Ma mère est dévastée, elle n'a pas dormi depuis des jours" et "ma belle-sœur pleure aussi tous les jours", ajoute-t-il.
- "Terrifiant" -
Près de huit millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays au cours de la dernière décennie, poussés par la crise, selon les Nations unies.
A leur arrivée aux Etats-Unis, Mervin, Jonferson et Juan ont déposé une demande d'asile qui les autorisait à y rester jusqu'à ce qu'un juge décide de leur sort.
Ce statut protecteur n'a pas empêché les autorités américaines d'arrêter et d'expulser des migrants qui en bénéficiaient, selon des avocats et des militants.
À l'aube du 13 mars, des agents de la police de l'immigration frappent à la porte de l'appartement d'Irving, au Texas, où vivent les trois frères Yamarte avec des amis de leur quartier de Maracaibo, au Venezuela.
Ils disent disposer d'un mandat d'arrêt contre l'un d'eux.
Mais lorsqu'ils aperçoivent Mervin, ils lui lancent: "Toi aussi tu viens avec nous, pour des vérifications", raconte Juan.
L'un des agents affirme que l'aîné des Yamarte est également visé par un mandat d'arrêt. Mervin répond qu'il s'agit d'une erreur et propose de montrer ses papiers. "Mais ils l'avaient déjà menotté pour l'emmener", relate Juan.
Au total, quatre Vénézuéliens sont arrêtés ce jour-là.
Transféré dans un centre de détention au Texas, Mervin parvient à appeler Jonferson, son frère cadet.
Il ne sait pas où il sera envoyé ensuite et dit avoir été "trompé": on lui a fait signer des papiers qu'il ne comprend pas.
Trois jours plus tard, Jonferson tombe sur les images de l'arrivée des migrants vénézuéliens au Salvador, diffusées par le président Nayib Bukele.
Mervin apparaît sur l'une d'elles, agenouillé, la tête rasée et le regard dans le vague.
Jonferson se met à pleurer.
Il prévient sa mère, qui a également reconnu Mervin sur les images.
Il "regardait comme vers le ciel l'air de dire +Où suis-je, qu'ai-je fait pour être ici?+ (...) C'est le regard le plus terrifiant que j'ai vu dans les yeux de mon fils", se souvient Mercedes, qui a depuis retrouvé Jonferson.
A son retour, elle l'a accueilli dans sa maison avec une pancarte "Bienvenue" accompagnée de ballons aux couleurs du drapeau vénézuélien.
"J'aimerais être joyeuse comme il le faudrait, mais mon autre fils est au Salvador, je ne sais pas dans quelles conditions", confesse Mercedes.
Jonferson se dit quant à lui "reconnaissant", malgré la souffrance.
Le visage de sa mère s'illumine brièvement, elle le serre dans ses bras comme si elle voulait le garder près d'elle pour toujours. x
"J'ai très peur", dit-elle.
"Je n'aurais jamais pensé que l'absence de mes enfants me toucherait autant, je n'avais jamais imaginé une telle douleur."
J.Horn--BTB