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Mali: au lendemain d'attaques jihadistes d'ampleur contre l'armée, calme précaire dans l'ouest
La situation est revenue au calme mercredi dans plusieurs villes de l'ouest du Mali où des positions de l'armée ont été visées la veille par des attaques jihadistes coordonnées qui ont causé la mort d'au moins un civil, mais une majorité d'habitants restaient très inquiets.
Tôt mardi, des jihadistes ont attaqué des positions de l'armée dans sept localités de l'ouest du pays (la grande ville de Kayes, Nioro du Sahel, Niono, Molodo, Sandaré, Gogui et Diboli), marquant une nouvelle série d'offensives d'ampleur, dans un contexte de recrudescence des violences au Sahel.
Mercredi, un calme précaire a régné dans ces villes, selon une source au gouvernorat de Kayes interrogée par l'AFP. "La résidence du gouverneur a été attaquée par les jihadistes. Il y a eu des dégâts mais aujourd'hui la ville est calme."
Elle a précisé que "la situation est calme dans les autres villes (visées mardi, NDLR) mais d'après les informations qui remontent, les populations ont peur".
Une source hospitalière à Kayes, principale ville de l'ouest, a indiqué qu'un civil admis à l'hôpital à la suite des attaques mardi était décédé.
"Plus de dix personnes grièvement blessées sont admises ici et reçoivent des soins", a indiqué cette source, précisant qu'il s'agissait de civils en majorité et d'un militaire.
Un élu de la région a confirmé que la situation était revenue au "calme partout". "Mais les jihadistes ont causé des dégâts" dans plusieurs localités, a-t-il affirmé.
Ces attaques ont été revendiquées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM en arabe) via son canal habituel.
L'AFP n'est pas en mesure de confirmer cette revendication de source indépendante.
Dans un communiqué mercredi soir, le gouvernement malien a félicité les "vaillants militaires" qui ont selon lui "contenu avec succès des attaques terroristes simultanées contre sept localités de notre pays, avant de neutraliser plus de 80 terroristes".
Le gouvernement dit prier "pour le repos de l'âme des militaires et des civils décédés lors des attaques terroristes", sans que le communiqué ne précise si le gouvernement évoque des victimes des attaques de mardi ou de précédentes attaques jihadistes contre l'armée malienne.
"L'offensive des forces armées et de sécurité s'intensifiera jusqu'à l'éradication totale du terrorisme", ajoute le communiqué.
Mardi soir, un couvre-feu de 30 jours reconductible allant de 21H00 à 06H00 (locales et GMT) a été instauré sur toute l'étendue de la région de Kayes.
"A Kayes, la ville est calme et tendue à la fois", avait témoigné mercredi matin auprès de l'AFP un habitant.
- Patrouilles sénégalaises -
A Nioro du Sahel, "le calme est revenu ce mercredi matin", a rapporté à l'AFP un habitant, propriétaire d'une boutique.
"Hier, nous avions vraiment peur (...) Ce matin, les gens vaquent à leurs occupations, mais tout le monde ne parle que de cette attaque."
Dans la localité de Niono, la situation était également calme mais de nombreux habitants hésitaient à retourner travailler dans les rizières aux alentours.
L'une des localités visées par les jihadistes, Diboli, est située tout près de la frontière avec le Sénégal et à moins de 500 mètres de la localité sénégalaise de Kidira.
"Les gens vaquent à leurs occupations. L'armée et les éléments du Garsi (Groupes d'actions rapides de surveillance et d'intervention - gendarmerie) ont été déployés pour renforcer la sécurité", a déclaré à l'AFP un responsable administratif local sous couvert d'anonymat.
"Il y a des patrouilles régulièrement, mais elles ont été renforcées pour rassurer les populations. Toutes les dispositions sont prises pour protéger le territoire national", a-t-il ajouté.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires.
Les violences des groupes jihadistes ensanglantent ce pays sahélien depuis plusieurs années.
Raids sanglants au Mali, incursions dans de grandes villes au Burkina, lourdes pertes militaires au Niger: les jihadistes ont récemment intensifié leurs offensives contre les armées au Sahel.
L'armée malienne et ses alliés, les mercenaires russes d'Africa Corps, chargés notamment de traquer les jihadistes, sont régulièrement accusés de commettre des exactions contre des civils.
Les juntes au pouvoir au Mali, au Niger et au Burkina peinent à endiguer la progression des jihadistes.
lar-str-sd-lp-mrb/jnd
L.Janezki--BTB