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Mise en cause, von der Leyen dénonce les "vieilles recettes des extrémistes"
Trois jours avant un vote de censure sans danger pour la Commission européenne, Ursula von der Leyen a fustigé lundi les "vieilles recettes des extrémistes" et a tenté de remobiliser la majorité "pro-européenne", malgré les tensions au Parlement européen.
Très combative, la dirigeante allemande est montée au créneau contre les élus d'extrême droite à l'origine de cette tentative de censure. Des "antivaccins" et admirateurs "de Poutine", a-t-elle accusé devant un hémicycle plein à Strasbourg.
Puis la cheffe de l'exécutif s'est tournée vers "toutes les forces pro-européennes et pro-démocratiques de cette Assemblée" pour repousser cette motion lors du vote jeudi midi.
Il n'y a guère de suspense: l'extrême droite, seule, ne parviendra pas à renverser Ursula von der Leyen. Mais la gauche et le centre ont profité du débat pour demander des gages à la présidente de la Commission, ainsi qu'à son parti, le PPE, première force au Parlement.
Car la majorité "pro-européenne" a été mise à rude épreuve cette année.
La cheffe des sociaux démocrates, Iratxe García Pérez, a ainsi dénoncé les ambiguïtés du PPE vis-à-vis de l'extrême droite, notamment pour remettre en cause des lois environnementales.
"Voulez-vous gouverner avec ceux qui veulent détruire l’Europe, ou avec ceux qui se battent chaque jour pour la construire?", a-t-elle lancé devant Mme von der Leyen.
La présidente des centristes, la Française Valérie Hayer, a à son tour interpellé la droite: "Qui sont vos alliés dans ce Parlement?".
"L'agenda européen patine", "la Commission est trop centralisée et sclérosée", a-t-elle lâché, alors qu'Ursula von der Leyen est à la tête d'une équipe à sa main pour son second mandat.
Un épisode récent a provoqué la colère de cette macroniste, d'ordinaire policée.
Sans prévenir, la Commission a menacé de retirer une loi contre le greenwashing (écoblanchiment) des entreprises, pourtant en cours de négociation au Parlement européen. Un affront pour les eurodéputés, nombreux à dénoncer une atteinte à leurs prérogatives.
- "Parlement ignoré" -
C'est un eurodéputé roumain d'extrême droite, Gheorghe Piperea, qui a initié la motion de censure pour fustiger le manque de transparence de la cheffe de la Commission dans le "Pfizergate".
Mme von der Leyen n'a jamais rendu public un échange de SMS avec le PDG de Pfizer Albert Bourla pendant la pandémie de Covid, quand l'Union européenne négociait l'achat de vaccins auprès de ce laboratoire américain.
L'affaire a valu à la Commission des plaintes de diverses associations et personnalités opposées aux vaccins, ainsi que du New York Times qui a cherché en vain à accéder aux messages en question.
Gheorghe Piperea dénonce aussi les "ingérences" dans l'élection présidentielle en Roumanie, remportée par le pro-européen Nicusor Dan en mai.
Plus largement, cet eurodéputé a reproché à la Commission "d'abuser de ses pouvoirs" et "d'ignorer le Parlement", mettant en cause une "concentration non démocratique des décisions entre les mains" de Mme von der Leyen.
A l'extrême droite, le président des Patriotes Jordan Bardella était absent lors du débat, mais son groupe votera la censure, a dit l'eurodéputé Fabrice Leggeri.
Le groupe politique ECR, celui de Gheorghe Piperea, sera quant à lui divisé. Car y siègent les eurodéputés italiens du parti de Giorgia Meloni, plus conciliants avec Mme von der Leyen.
De son côté, le PPE fait bloc autour de la présidente de la Commission.
Le chef de la droite, l'Allemand Manfred Weber, a brocardé "les marionnettes de Poutine au Parlement européen" qui "tentent de saper l'unité de l'Europe et de faire tomber la Commission en cette période de turbulences mondiales et de crise économique".
Jamais une Commission n'a été censurée à Strasbourg, malgré un cas particulier en mars 1999. Avant un vote perdu d'avance, le collège présidé par le Luxembourgeois Jacques Santer avait pris les devants en démissionnant à la suite d'un rapport accablant sur sa "lourde responsabilité" dans des affaires de fraude.
M.Odermatt--BTB