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Israël étend ses opérations à Gaza, appels internationaux à cesser la guerre
L'armée israélienne a lancé lundi une offensive terrestre dans le centre de la bande de Gaza, à l'heure où 25 pays appellent à la fin immédiate de la guerre dans le territoire palestinien assiégé et dévasté.
"La guerre à Gaza doit cesser immédiatement", écrivent les ministres des Affaires étrangères de ces pays dans un communiqué conjoint, publié à Londres.
Pour ces ministres, "la souffrance des civils à Gaza a atteint de nouveaux sommets", ont-ils écrit, dénonçant "le refus du gouvernement israélien de fournir une aide humanitaire essentielle à la population", au moment où l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) s'alarme d'une malnutrition grandissante dans le territoire palestinien.
"Levez le siège et laissez l'aide humanitaire entrer en toute sécurité et à grande échelle", implore l'Unrwa.
Les quelque deux millions de Palestiniens assiégés par Israël à Gaza sont au bord de la famine après plus de 21 mois de conflit, déclenché par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.
Lundi, la Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état de tirs d'artillerie sur Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, après que l'armée israélienne a annoncé des opérations dans cette zone.
L'armée avait annoncé lundi qu'elle allait étendre ses opérations militaires dans ce secteur, y compris "dans une zone où elle n'était jamais intervenue auparavant", sommant les habitants d'évacuer les lieux.
Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), entre 50.000 et 80.000 personnes se trouvaient alors dans ce secteur.
- "Explosions énormes" -
Des familles entières se sont mises en route, transportant leurs affaires à bout de bras ou sur des charrettes tirées par des ânes en direction du sud, d'après des correspondants de l'AFP sur place.
"Nous avons peur que l'armée israélienne prépare une opération terrestre à Deir al-Balah et dans les camps du centre de la bande de Gaza, où s'entassent des centaines de milliers de déplacés", a-t-il poursuivi.
Hamdi Abou Moughsib, 50 ans, a déclaré à l'AFP que lui et sa famille avaient fui dès l'aube vers le nord, après une nuit de bombardements intenses.
"Nous avons vu des chars avancer sur plus d'un kilomètre depuis Khan Younès (sud) en direction du sud-est de Deir al-Balah", a-t-il dit. "Il n'y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza", note-t-il. "Je ne sais pas où nous pouvons aller."
"Nous avons reçu des appels de familles assiégées dans la zone de Baraka, à Deir al-Balah, à cause des tirs de chars israéliens", a déclaré à l'AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile de Gaza.
"Il y a plusieurs blessés, mais personne ne peut accéder à la zone pour les évacuer", a-t-il ajouté.
Selon lui, au moins 15 personnes ont été tuées depuis l'aube dans différents secteurs de la bande de Gaza.
- "Choquées" -
"Les bombardements ont lieu tout autour de notre bureau, et les véhicules militaires se trouvent à seulement 400 mètres de nos collègues et de leurs familles", a déclaré Mai Elawawda, responsable de la communication à Gaza pour l'ONG médicale britannique Medical Aid for Palestinians.
Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas commenté.
En Israël, des familles d’otages retenus dans la bande de Gaza se sont dites "choquées" par les informations faisant état d'une offensive de l'armée dans le secteur de Deir el-Balah, craignant pour la sécurité de leurs proches.
L'attaque du 7-Octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles.
Sur les 251 personnes également enlevées ce jour-là, 49 sont toujours otages à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l'armée israélienne.
Israël a juré de détruire le Hamas et a lancé en représailles une offensive destructrice dans laquelle au moins 59.029 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, selon des données du ministère de la Santé à Gaza, jugées fiables par l'ONU.
C.Kovalenko--BTB