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L'OMS dénonce des attaques contre ses locaux à Gaza, où Israël étend ses opérations
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dénoncé lundi des attaques israéliennes contre plusieurs de ses locaux de la bande de Gaza, visée par une nouvelle offensive terrestre dans sa partie centre.
Alors que 25 pays appelaient à la fin immédiate de la guerre qui fait rage depuis 21 mois dans le territoire palestinien, le directeur général de l'agence onusienne, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué sur X que des soldats israéliens étaient entrés dans la résidence du personnel à Deir el-Balah.
Ces militaires ont "(forcé) des femmes et des enfants à évacuer les lieux à pied", tandis que "le personnel masculin et des membres de leur famille ont été menottés, déshabillés, interrogés sur place et contrôlés sous la menace d'une arme", a décrit M. Tedros.
L'armée avait indiqué plus tôt étendre ses opérations militaires dans ce secteur, sommant les habitants d'évacuer les lieux.
Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), entre 50.000 et 80.000 personnes se trouvaient alors dans la zone, où la Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état lundi de tirs d'artillerie.
Des familles entières se sont mises en route, transportant leurs affaires à bout de bras ou sur des charrettes tirées par des ânes en direction du sud, d'après des correspondants de l'AFP sur place.
- "Aucun endroit sûr" -
"Nous avons vu des chars avancer sur plus d'un kilomètre depuis Khan Younès (sud) en direction du sud-est de Deir al-Balah (...). Il n'y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza", affirme-t-il.
"Il y a plusieurs blessés, mais personne ne peut accéder à la zone pour les évacuer", a déclaré à l'AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile de Gaza.
Selon lui, au moins 15 personnes ont été tuées depuis l'aube dans différents secteurs de la bande de Gaza.
L'armée israélienne a annoncé lundi soir la mort d'un soldat, "tombé au combat", dans le sud de la bande de Gaza.
Les ministres des Affaires étrangères de 25 pays - parmi lesquels figurent la France, le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie - ont appelé à ce que la guerre à Gaza cesse "immédiatement".
"La souffrance des civils à Gaza a atteint de nouveaux sommets", estiment-ils dans un communiqué conjoint, dénonçant "le refus du gouvernement israélien de fournir une aide humanitaire essentielle à la population".
Le directeur de l'OMS, qui a également condamné lundi l'attaque du principal entrepôt de l'OMS à Deir el-Balah, a fait écho à cet appel sur X: "Un cessez-le-feu n'est pas seulement nécessaire, il n'a que trop tardé".
Si l'Egypte voisine a salué l'appel des 25, le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné cet appel, soulignant que le soutien du Hamas à ce communiqué prouvait que les signataires faisaient "fausse route", dans un message sur X.
"Dégoûtant! 25 nations mettent la pression sur Israël au lieu de le faire sur les sauvages du Hamas!", a de son côté affirmé sur X Mike Huckabee, l'ambassadeur américain en Israël.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est lui "atterré" par les conditions humanitaires à Gaza, a déclaré lundi son porte-parole Stéphane Dujarric.
Selon l'ONU, les quelque 2,4 millions d'habitants de Gaza sont menacés de famine après plus de 21 mois de conflit, déclenché par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre 2023.
L'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) s'est alarmée lundi d'une malnutrition grandissante dans le territoire palestinien. "Levez le siège et laissez l'aide humanitaire entrer", implorait-elle.
- "Choquées" -
"Les bombardements ont lieu tout autour de notre bureau, et les véhicules militaires se trouvent à seulement 400 mètres de nos collègues et de leurs familles", a raconté Mai Elawawda, chargée de communication à Gaza pour l'ONG médicale britannique Medical Aid for Palestinians.
Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas commenté.
En Israël, des familles d'otages retenus dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023 se sont dites "choquées" par les informations faisant état d'une offensive de l'armée dans le secteur de Deir el-Balah, craignant pour la sécurité de leurs proches.
L'attaque du 7-Octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles.
Sur les 251 personnes également enlevées ce jour-là, 49 sont toujours otages à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l'armée israélienne.
Israël a juré de détruire le Hamas et a lancé en représailles une offensive destructrice dans laquelle au moins 59.029 personnes, majoritairement des civils, ont été tuées, selon des données du ministère de la Santé à Gaza, jugées fiables par l'ONU.
O.Bulka--BTB