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Trump et Poutine se séparent sans annoncer de plan ni de cessez-le-feu pour l'Ukraine
Donald Trump et Vladimir Poutine se sont séparés sans rien dévoiler d'un possible plan de paix pour l'Ukraine ni annoncer de cessez-le-feu à l'issue de leur rapide sommet en Alaska.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui n'avait pas été invité à Anchorage, a annoncé samedi qu'il irait lundi à Washington rencontrer le président américain, et que celui-ci l'avait informé des "principaux points" de ses échanges avec son homologue russe.
Au cours de son vol retour d'Anchorage, M. Trump a eu un "long appel" avec M. Zelensky, selon sa porte-parole. Le président américain s'est également entretenu avec des dirigeants de l'Otan, a précisé Karoline Leavitt à des journalistes à bord d'Air Force One, qui a atterri samedi à Washington à 06H45 GMT.
Une porte-parole de la Commission européenne a également fait état d'un appel de Donald Trump à M. Zelensky et d'autres dirigeants européens.
Cet appel, auquel ont notamment participé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, a duré "un peu plus d'une heure", selon cette même source.
Avant de quitter Anchorage, le président américain avait évoqué une réunion "très productive" et Vladimir Poutine un entretien "constructif", mais rien n'a filtré de leurs trois heures de discussions sur une base militaire de l'Alaska.
Donald Trump, qui aime tant se présenter en négociateur décisif, a assuré pendant des déclarations conjointes à la presse qu'il restait "très peu" de points à régler pour trouver une issue à la guerre déclenchée il y a plus de trois ans par l'invasion russe de l'Ukraine.
"L'un d'entre eux (ces points) est probablement le plus important", a-t-il ajouté, mais sans préciser lequel.
"Nous n'y sommes pas, mais nous avons fait des progrès. Il n'y a pas d'accord jusqu'à ce qu'il y ait un accord", a averti le président des Etats-Unis, avant de redécoller pour Washington.
Donald Trump et Vladimir Poutine ont passé, en tout et pour tout, six heures en Alaska.
Le président américain s'était fixé pour ambition d'organiser très vite un sommet tripartite avec le chef d'Etat russe et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, et de décrocher un cessez-le-feu.
Il n'a rien évoqué de tout cela aux côtés de Vladimir Poutine, face aux journalistes.
Mais dans un entretien sur la chaîne Fox News enregistré juste après les déclarations à la presse, Donald Trump a estimé qu'un accord pour mettre fin à la guerre "dépendait vraiment du président" ukrainien.
Au contraire, avec son homologue russe, le président américain n'a plus eu le ton quelque peu bravache d'avant la rencontre, lorsqu'il menaçait de claquer la porte en cas d'impasse, ou assurait qu'avec lui Vladimir Poutine ne "ferait pas le malin".
M. Trump, qui avait menacé la Russie de "conséquences très graves" si elle n'acceptait pas de mettre un terme à la guerre, a précisé ne plus envisager de mesures dans l'immédiat. "Vu comme cela s'est passé aujourd'hui, je ne pense pas que je doive penser à cela maintenant", a-t-il déclaré, en réponse à une question de Fox Nexs.
M. Poutine, sur la même tonalité engageante et cordiale, a dit espérer que "l'entente" trouvée en Alaska apportera "la paix" en Ukraine.
Les deux hommes, qui s'exprimaient devant un fond bleu portant l'inscription "Pursuing Peace" ("Oeuvrer pour la paix"), avaient promis une conférence de presse. Mais ils se sont seulement serré la main après avoir fini leurs discours et sont partis sans répondre aux journalistes.
- Applaudissements -
L'Ukraine et les Européens redoutaient par-dessus tout que ce sommet permette à Vladimir Poutine de manipuler son homologue américain, qui avait évoqué en amont la possibilité de concessions territoriales.
Donald Trump a dit à propos des Ukrainiens: "En dernier ressort, cela dépend d'eux".
Il a aussi estimé qu'il pourrait revoir "très bientôt" le président russe. Ce à quoi Vladimir Poutine a réagi en lançant, en anglais, "la prochaine fois à Moscou", sur un ton léger.
"J'imagine que cela pourrait arriver", a rétorqué le président américain, amusé.
Ave ce sommet au ton chaleureux, Poutine signe un spectaculaire retour sur la scène internationale, alors que le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale continue.
- Les Russes "continuent à tuer" -
Premier concerné mais grand absent de ce rendez-vous, Volodymyr Zelensky avait déclaré "compter" sur Donald Trump pour mettre un terme au conflit. Les soldats russes "continuent à tuer le jour des négociations", avait-il déploré.
La Russie réclame que l'Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu'elle renonce aux livraisons d'armes occidentales et à toute adhésion à l'Otan.
C'est inacceptable pour Kiev, qui veut un cessez-le-feu inconditionnel et immédiat, ainsi que des garanties de sécurité futures.
aue-seb-lb-nr/aem/pt/bpi
O.Bulka--BTB