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Vote de confiance: quand le "boomer" François Bayrou présente sa carte jeunes
La dette, un conflit de générations ? En invoquant les "jeunes" comme les principales victimes de l'endettement, à qui il a opposé le "confort" des "boomers", François Bayrou tente une nouvelle carte face à l'opinion.
Une expression du Premier ministre, mardi soir sur TF1, a créé une sorte de débat dans le débat. Plaidant que les "premières victimes" de l'endettement sont "les plus jeunes" qui "devront payer la dette toute leur vie", M. Bayrou a ajouté: "Vous ne trouvez pas ça génial, tout ça pour le confort de certains partis politiques et pour le confort des boomers ?"
S'en est suivie une série de débats sur les antennes de radio et de télévision autour de la notion de "boomers", dans laquelle s'est inclus M. Bayrou, la définissant comme la génération "née entre 1945 et 1965" (lui est né en 1951).
Celle de l'après-Seconde Guerre mondiale, qui a connu le plein-emploi et l'expansion économique de la reconstruction, jusqu'aux chocs pétroliers des années 1970. Époque à partir de laquelle le chômage a pris une pente ascendante et la France a commencé à présenter des budgets en déficit.
Un argument qui a suscité un certain scepticisme, voire une désapprobation dans la classe politique et au-delà.
Quelque 11% des retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté, a de son côté fait valoir la secrétaire nationale de la CFDT, Marylise Léon.
Mais le chef du gouvernement persiste. "J'ai reçu énormément de messages de jeunes qui disaient: +Pour la première fois, on a parlé de nous+. Les générations du baby-boom, qui ont beaucoup fait marcher le pays, ne peuvent pas se désintéresser de la situation qui est faite aux jeunes Français", a insisté M. Bayrou depuis la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).
Et "les jeunes ont bien le droit d'être respectés et soutenus au lieu d'être constamment ignorés et alourdis par des engagements qu'on a pris en leur nom sans leur demander leur avis", a-t-il insisté.
- "Esclavage" -
"La dette c'est l'esclavage des plus jeunes", a martelé le Premier ministre en sursis, observant, comme pour mieux le souhaiter, que les "jeunes" ont "des instruments, les réseaux sociaux" pour "faire pression sur les appareils politiques".
La question de la contribution des boomers, dont la plupart sont aujourd'hui retraités, agite régulièrement le débat politique. Le président Emmanuel Macron l'a lui-même expérimenté en début de mandat: la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les retraités les plus aisés, ce afin de "favoriser le travail", a été fortement critiquée, jusqu'à son amenuisement au moment de la crise des gilets jaunes.
Le sujet a occupé une partie du conclave sur la réforme des retraites. "Le discours qui monte, c'est: +Vous avez eu l'âge d'or, vous avez profité, vous n'avez pas eu de chômage (...) vous avez eu l'ascenseur social, vous avez cramé la planète, et maintenant, on se retrouve avec la dette". Mais "il y a quand même des personnes qui ont de toutes petites pensions", expliquait alors un participant.
Chez les politiques, le sujet est considéré comme explosif. De nombreux partis, dont Les Républicains et le Rassemblement national, défendent ce segment de la population, le plus assidu dans l'isoloir.
"A partir du moment où les retraités sont ceux qui votent le plus et qu’ils sont de plus en plus nombreux, un certain nombre de propositions sont des suicides et personne ne va les faire", expliquait il y a quelques mois un élu du bloc central.
François Bayrou, dont le bail à Matignon est sévèrement compromis par sa décision de solliciter la confiance de l'Assemblée nationale sur le constat de l'endettement et le niveau de réponse à apporter dans le budget 2026, s'affranchirait-il de ce tabou électoral ? "Il reste dix jours pour convaincre, et dix jours, c'est très long", a-t-il dit vendredi depuis Châlons.
M.Furrer--BTB