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Les Etats-Unis refusent l'octroi de visas à des responsables palestiniens avant l'AG de l'ONU
Les Etats-Unis ont annoncé vendredi refuser l'octroi de visas à des membres de l'Autorité palestinienne avant l'Assemblée générale de l'ONU prévue en septembre, où la France plaidera pour la reconnaissance d'un Etat palestinien.
"Le secrétaire d'État Marco Rubio révoque et refuse l'octroi de visas pour les membres de l'Organisation de libération de la Palestine et de l'Autorité palestinienne avant la prochaine Assemblée générale des Nations unies", a déclaré le département d'État dans un communiqué.
Cette mesure extraordinaire rapproche encore plus l'administration Trump du gouvernement israélien, qui rejette catégoriquement l'idée d'un État palestinien et cherche à mettre sur le même pied l'Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie, et le Hamas à Gaza.
"L'administration Trump a été claire: il est dans l'intérêt de notre sécurité nationale de tenir l'Organisation de libération de la Palestine et l'Autorité palestinienne pour responsables de ne pas respecter leurs engagements et de compromettre les perspectives de paix", peut-on lire dans le communiqué.
L'Autorité palestinienne a en retour exprimé "son profond regret et son étonnement" face à cette décision qui est "en contradiction avec le droit international", et a appelé Washington à "revenir" dessus.
Le département d'Etat a accusé les Palestiniens de se servir de la justice à des fins illégitimes en se tournant vers la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ) pour résoudre leurs contentieux avec Israël.
L'Autorité palestinienne doit mettre fin aux "tentatives pour contourner les négociations à travers des guerres judiciaires internationales" et aux "efforts pour obtenir la reconnaissance unilatérale d'un Etat palestinien", dit le texte.
Gideon Saar, le ministre israélien des Affaires étrangères, a remercié l'administration Trump sur X pour "cette étape courageuse" et pour "soutenir Israël une nouvelle fois".
Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré de son côté qu’il était "important" que tous les États et les observateurs permanents, y compris les Palestiniens, soient représentés lors d’un sommet prévu la veille du début de l’Assemblée générale. "Nous espérons évidemment que cela sera résolu".
- Mahmoud Abbas à l'ONU -
Les États-Unis ne sont pas censés refuser des visas aux fonctionnaires se rendant à l’ONU, dont le siège est à New York, en vertu d'un accord que le département d'Etat assure respecter en autorisant la mission palestinienne auprès des Nations unies.
Le département d'Etat n'a pas précisé si la mesure annoncée vendredi s'appliquait à tous les responsables palestiniens.
Son porte-parole a déclaré que les Etats-Unis "restaient ouverts à une reprise des contacts si l'Autorité palestinienne et l'Organisation de libération de la Palestine prenaient des mesures concrètes pour revenir à une discussion constructive".
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, doit participer à la 80e Assemblée générale de l'ONU, qui se tiendra du 9 au 23 septembre, selon Riyad Mansour, ambassadeur palestinien auprès des Nations Unies.
"Nous verrons ce que cela implique exactement et comment cela s'applique à nos délégations, puis nous répondrons en conséquence", a dit M. Mansour à la presse.
Fin juillet, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait reconnaître l'Etat de Palestine à l'Assemblée générale de l'ONU. Dans la foulée, plus d'une dizaine de pays occidentaux ont appelé d'autres pays du monde à faire de même.
En 1988, Yasser Arafat, chef de l'Organisation de libération de la Palestine, avait prononcé un discours lors d'une session spéciale de l'Assemblée générale réunie à Genève plutôt que New York, après un refus des Etats-Unis de le laisser rentrer sur leur territoire.
Plus récemment, en 2013, les États-Unis avaient refusé un visa à Omar el-Béchir, alors président du Soudan, qui faisait l'objet d'un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide dans le conflit du Darfour.
Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, fait aussi l'objet d'un mandat d'arrêt émis par la CPI.
Donald Trump prévoit d'assister à l'Assemblée générale de septembre, où il prononcera l'un des premiers discours. Son administration a nettement limité les relations avec les Nations unies et d'autres organisations internationales.
C.Meier--BTB