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Le PS, volontaire pour gouverner, présente son budget alternatif
Le Parti socialiste, qui s'est dit "volontaire" pour prendre la relève de François Bayrou et gouverner la France, présente samedi ses propositions budgétaires pour prouver qu'"une autre voie" est possible, au dernier jour des universités d'été du parti à Blois.
Les socialistes, qui ne voteront pas la confiance à François Bayrou le 8 septembre, le condamnant vraisemblablement à être renversé, demandent à Emmanuel Macron de nommer un Premier ministre de gauche.
Pour se présenter comme une alternative crédible à François Bayrou, le PS entend dévoiler ses propres pistes budgétaires, lesquelles impliquent un effort bien inférieur aux 44 milliards d'euros portés par le Premier ministre et reposeront d'abord sur les plus riches et les grandes entreprises.
Les propositions du PS mettront la priorité sur "l'investissement et la justice fiscale", a insisté Olivier Faure dans son discours, affirmant que la gauche prouverait ainsi "qu'il est possible de désendetter le pays sans enfoncer les classes populaires et moyennes", et "que le désendettement ne peut signifier l'asphyxie de l'activité".
Le budget du PS devrait sans surprise rejeter la suppression de deux jours fériés proposée par M. Bayrou, et mettre en place une taxe Zucman, du nom de l'économiste français Gabriel Zucman. Elle vise à imposer à hauteur de 2% les contribuables dont le patrimoine dépasse 100 millions d'euros.
Pour le député Philippe Brun, qui sera l'un des orateurs lors de la présentation, avec notamment le chef des députés socialistes Boris Vallaud et le patron des sénateurs Patrick Kanner, il s'agit de détailler "la copie la plus crédible possible", avec "des recettes, de vraies économies et un grand plan de relance".
Une occasion aussi pour le parti à la rose de fustiger la politique économique du gouvernement et d'Emmanuel Macron depuis 8 ans, en soulignant que les déficits et la dette n'étaient pas la conséquence d'une hausse des dépenses mais d'une baisse des recettes.
- La cigale et les fourmis -
"La dette c’est vous! Les irresponsables, c’est vous !", a pointé Olivier Faure à l'adresse de la macronie, jugeant "trop facile de jouer à la cigale pendant un été qui a duré huit ans" durant lequel "l’État a été privé de 62 milliards chaque année, au seul bénéfice des plus riches", et de présenter "l'automne venu la facture à la multitude des fourmis".
"Ce n’est pas Bayrou ou l'apocalypse, dès demain ce sera son projet ou le nôtre", a-t-il affirmé alors que le Premier ministre multiplie les prises de parole pour défendre sa stratégie budgétaire, sommant les oppositions de choisir entre responsabilité ou chaos.
François Bayrou sera de nouveau interrogé dimanche par les quatre chaînes d'information du pays, avant des consultations à Matignon avec les partis politiques à partir de lundi.
Il a reçu samedi un nouveau soutien du président Emmanuel Macron qui a jugé que trouver un compromis n'était "pas insurmontable".
Olivier Faure a promis en outre "une autre manière de gouverner avec notamment "l'engagement de ne pas utiliser le 49-3".
Cela "nous obligera à trouver des compromis texte par texte", a expliqué le socialiste, qui souhaite embarquer ses partenaires de gauche, pour un gouvernement "de Ruffin à Glucksmann", sans LFI.
Mais les Ecologistes, les ex-Insoumis et Générations ont plaidé jeudi pour une union identique à celle du Nouveau Front populaire (NFP) de 2024, c'est-à-dire avec les Insoumis.
Présent à Blois, le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, refuse lui aussi toute alliance avec LFI.
"Il faut un gouvernement de gauche, mais personne n’a de majorité donc il faut faire preuve d’humilité", a-t-il affirmé à la presse.
"Mais s'il ne peut pas y avoir de capacité à faire émerger un budget, il y aura une dissolution", a-t-il admis. "nous serons prêt, mais sans LFI".
J.Fankhauser--BTB