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Liban: le gouvernement examine un plan de l'armée pour désarmer le Hezbollah
Le gouvernement libanais doit examiner vendredi un plan de l'armée en vue d'un désarmement du Hezbollah, auquel s'oppose le mouvement pro-iranien en accusant les autorités de faire le jeu d'Israël et des Etats-Unis.
En août, sous la forte pression des Etats-Unis et de crainte d'une intensification des raids israéliens au Liban, le gouvernement de Nawaf Salam a ordonné à l'armée d'élaborer un plan visant à désarmer le Hezbollah d'ici fin 2025.
La réunion du gouvernement débutera dans l'après-midi au Grand Sérail, siège du Premier ministre à Beyrouth, et sera présidée par le chef de l'Etat Joseph Aoun, selon une source officielle.
Les ministres chiites du Hezbollah et du mouvement Amal, son allié, devraient y assister, a indiqué le vice-Premier ministre Tarek Mitri à un média local. Ils s'étaient retirés en août de la dernière réunion du gouvernement en signe de protestation.
Aucune indication n'a pu être obtenue sur le contenu du plan de l'armée.
Si le gouvernement procède à un vote et approuve le plan, David Wood, analyste à l'International Crisis Group, estime que le Hezbollah pourrait envisager des options comme "faire pression sur les ministres chiites pour qu'ils démissionnent" ou "tenter d'organiser des manifestations massives".
Le Hezbollah, qui a dominé la vie politique au Liban pendant de nombreuses années, est sorti très affaibli de son conflit de plus d'un an contre Israël, dont deux mois de guerre ouverte de septembre à novembre 2024. Une partie de son arsenal a été détruite et sa direction décimée.
Le gouvernement affirme que le désarmement du Hezbollah est prévu dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le mouvement chiite, négocié par les Etats-Unis et entré en vigueur le 27 novembre 2024.
- Un "péché" -
L'accord est basé sur une résolution de l'ONU stipulant que le port d'armes est réservé aux forces de sécurité et à l'armée libanaises.
Il prévoit aussi que seules l'armée libanaise et les Casques bleus de l'ONU soient déployés dans le sud du pays, à la frontière avec Israël, y excluant la présence à la fois du Hezbollah et de l'armée israélienne.
Mais celle-ci maintient toujours des troupes dans des positions jugées stratégiques dans le sud du Liban et mène régulièrement des frappes principalement contre des sites et des cadres du Hezbollah.
Ces frappes se sont intensifiées ces deux derniers jours, faisant au moins cinq morts, selon des sources officielles libanaises.
Tout en condamnant les frappes israéliennes, les autorités libanaises insistent sur un désarmement du Hezbollah, fondé et financé par l'Iran, ennemi juré d'Israël.
Mercredi, le mouvement a réitéré son refus de désarmer. Son chef Naïm Qassem a appelé fin août le gouvernement à revenir sur ce "péché" pris selon lui "sous le diktat américano-israélien".
Le Hezbollah conditionne toute discussion sur ses armes à un retrait israélien du sud du Liban, à l'arrêt des frappes israéliennes, à la libération de prisonniers et au lancement de la reconstruction.
Ce mouvement est la seule faction à avoir conservé ses armes au sortir de la guerre civile au Liban (1975-1990).
N.Fournier--BTB