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L'Otan a aidé à intercepter des drones "russes" envoyés contre la Pologne pour "tester" les Occidentaux
L'Otan a aidé à intercepter des drones que les Occidentaux jugent délibérément envoyés dans la nuit par la Russie contre la Pologne pour les "tester", les Etats-Unis assurant se tenir aux côtés de leurs alliés.
"Il n'y avait aucune intention d'attaquer des cibles sur le territoire polonais", a répondu mercredi à ces accusations le ministère russe de la Défense, dans un message portant sur de nouvelles frappes nocturnes contre l'Ukraine, sans pour autant confirmer que ces aéronefs sans pilote étaient bien entrés dans l'espace aérien polonais. "Nous sommes prêts à mener des consultations à ce sujet avec le ministère polonais de la Défense", a-t-il ajouté.
Et ce alors que le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a martelé que ces drones avaient "manifestement été dirigés" dans ce but, y voyant une nouvelle "provocation des forces armées russes". "Il n'y a absolument aucune raison de supposer qu'il s'agit d'erreurs de trajectoire ou d'incidents similaires", a-t-il insisté.
"Il s'agit d'un incident très, très sérieux. (...) Cela montre encore une fois à quelle menace nous sommes confrontés et à quel point nous sommes testés par la Russie", a renchéri un porte-parole du gouvernement allemand, Sebastian Hille.
"Nous soutenons nos alliés de l'Otan face à ces violations de l'espace aérien et défendrons chaque centimètre du territoire" de l'Alliance, a quant à lui déclaré l'ambassadeur américain auprès de cette organisation Matthew Whitaker.
- Une première pour l'Otan -
"De nombreux drones ont pénétré dans l'espace aérien polonais pendant la nuit et ont été confrontés aux défenses antiaériennes polonaises et de l'Otan", selon sa porte-parole Allison Hart.
L'Alliance a été "très efficace" pour contrer cette "dangereuse" intrusion, "intentionnelle ou non", s'est à cet égard félicité son secrétaire général Mark Rutte avant d'avertir Moscou que "nous défendrons chaque centimètre du territoire de l'Otan".
C'est d'ailleurs "la première fois que des avions de l'Otan ont affronté des menaces potentielles dans l'espace aérien allié", a souligné un porte-parole du Shape, le quartier général des forces de cette organisation en Europe.
"Dix-neuf violations ont été identifiées" et "nous avons actuellement confirmé que trois drones ont été abattus", a dit le Premier ministre Donald Tusk devant le Parlement polonais, donnant un premier bilan de l'opération qui a duré "toute la nuit".
Ni les drones ni leur destruction n'ont apparemment fait de victimes, a-t-il souligné au sujet de l"'action russe" qu'il a qualifiée de "provocation à grande échelle".
Sept drones et les débris d'un projectile encore indéterminé ont été retrouvés, selon le ministère polonais de l'Intérieur, qui a précisé qu'une maison et une voiture avaient été endommagées dans l'est de la Pologne.
Varsovie a demandé à l'Otan d'activer l'article 4 du traité de l'Atlantique Nord qui stipule que "les parties se consulteront chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée".
- "Sans précédent" -
Ces intrusions "sans précédent", d'après la Pologne, à la fois membre de l'Union européenne et de l'Alliance atlantique, surviennent à la veille de grandes manoeuvres militaires communes russo-bélarusses, baptisées Zapad-2025 (Ouest-2025), programmées du 12 au 16 septembre.
Le Bélarus, une ancienne république soviétique et un allié clé de la Russie, qui s'est servie de son territoire pour déclencher son offensive contre l'Ukraine en février 2022, a à ce sujet affirmé mercredi avoir abattu des drones au-dessus de son territoire dans la nuit, sans en préciser la provenance.
D'après son ministère de la Défense, de tels aéronefs sans pilote ayant "perdu leur trajectoire" ont été détruits, sans dire s'ils étaient russes ou ukrainiens.
La Pologne a décrété la fermeture de sa frontière avec le Bélarus à partir de jeudi et annoncé en réponse aux manoeuvres Zapad un exercice militaire avec des alliés sur son sol qui doit au total rassembler 30.000 soldats.
Evoquant un "ciblage délibéré", le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé qu'au moins huit drones russes avaient été "dirigés vers la Pologne". Simultanément, la Russie a envoyé 458 drones et missiles contre l'Ukraine, selon l'armée ukrainienne.
"L'Ukraine propose depuis longtemps à ses partenaires la création d'un système commun de défense antiaérienne afin de garantir la destruction" de ces engins, a expliqué M. Zelensky sur X.
Plusieurs alliés de Varsovie ont vivement réagi. Le président français Emmanuel Macron a ainsi appelé Moscou à "mettre fin à cette fuite en avant".
La cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a pour sa part dénoncé "la violation la plus grave de l'espace aérien européen par la Russie depuis le début de la guerre". "Je pense que ce que (Vladimir) Poutine veut montrer, ce qu'il veut vraiment faire, c'est tester jusqu'où il peut aller", a-t-elle encore dit.
En août, Varsovie avait adressé à Moscou une note de protestation après la chute et l'explosion d'un drone dans l'est de la Pologne. En 2023, un missile russe avait traversé l'espace aérien polonais en survolant sa frontière avec l'Ukraine.
I.Meyer--BTB