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Paralysie budgétaire: des licenciements massifs "imminents" aux Etats-Unis
Des licenciements massifs de travailleurs fédéraux américains sont "imminents", a prévenu la Maison Blanche alors qu'aucun compromis n'est en vue jeudi entre démocrates et républicains qui se renvoient la responsabilité du blocage budgétaire ("shutdown") paralysant les Etats-Unis depuis deux jours.
"Le bureau du Budget (de la Maison Blanche) travaille avec les agences fédérales pour identifier les coupes qui peuvent être faites et nous pensons que des licenciements sont imminents", a déclaré la porte-parole de l'exécutif américain, Karoline Leavitt.
Parallèlement, l'administration Trump a annoncé la suppression de milliards de dollars de fonds fédéraux promis à des Etats dirigés par des démocrates. A New York, elle a gelé 18 milliards de dollars promis pour deux projets d'amélioration des transports publics.
Au total, ce sont 26 milliards de fonds fédéraux, précédemment approuvés, qui ont été gelés. Le tout dans 16 Etats, tous remportés par la démocrate Kamala Harris lors de la présidentielle de novembre 2024.
"Les actions de la Maison Blanche semblent à la fois sans précédent et punitives, soulignant les risques d'une impasse budgétaire sans fin", craignait jeudi le New York Times.
Le directeur du Bureau du budget à la Maison Blanche, Russell Vought, s'est pour sa part félicité des coupes budgétaires affectant aussi des projets d'énergie verte, comme en Californie, raillant "l'arnaque du Green New Deal".
- "Pris en otage" -
Quelque 750.000 fonctionnaires sont au chômage technique depuis mercredi minuit, pénalisant les usagers des services publics.
L'association des contrôleurs aériens américains (NATCA) a dit dans un communiqué craindre pour la sécurité de l'espace aérien, du fait du chômage technique de plus de 2.300 agents.
Un tel "shutdown", inédit depuis sept ans, est très impopulaire aux Etats-Unis et - comme de coutume - les deux grands partis s'en rejettent la responsabilité.
Ils "ont pris en otage le peuple américain d'une manière qui, selon eux, leur profite politiquement", a renchéri le chef de la majorité au Sénat, John Thune.
L'opposition regrette de son côté l'absence de discussions de bonne foi. "Pourquoi (les républicains) boycottent-ils les négociations? Je n'ai jamais vu cela de ma vie", a dénoncé le sénateur démocrate Chris Murphy.
Selon le chef des démocrates à la Chambre, Hakeem Jeffries, le président fait preuve d'un "comportement irresponsable et pas sérieux".
De fait, s'il a dit vouloir éviter la paralysie, Donald Trump se montre aussi menaçant. "Beaucoup de bonnes choses peuvent ressortir des +shutdowns+, on peut se débarrasser de beaucoup de choses dont nous ne voulons pas, et ce seraient des choses démocrates", a-t-il prévenu mardi.
Les républicains proposent dans un texte une simple extension du budget actuel jusqu'à fin novembre, tandis que les démocrates exigent la prolongation de programmes publics d'assurance santé pour les plus démunis.
Des demandes jugées "ridicules" par le vice-président JD Vance, qui a fait une rare apparition mercredi à la conférence de presse de la Maison Blanche.
- Durée "compliquée à prédire" -
Le texte proposé par les républicains n'a reçu que 55 voix dont trois démocrates. Encore trop loin des 60 nécessaires pour son adoption.
Le dernier "shutdown" remonte au premier mandat Trump, de décembre 2018 à janvier 2019, soit un record de 35 jours. Aucune option claire de sortie de crise ne semble en vue en cette fin de semaine.
"On ne sait pas combien de temps les démocrates maintiendront leur posture intenable, rendant la durée du +shutdown+ compliquée à prédire", a affirmé Russell Vought dans une lettre aux responsables de services ministériels.
La situation ne sera pas résolue avant au moins vendredi, les travaux du Congrès étant suspendus jeudi pour la fête juive de Yom Kippour.
Face à l'image désastreuse qu'une paralysie budgétaire renvoie aux Américains, la majorité présidentielle espère que suffisamment de sénateurs démocrates finiront par céder.
Selon les calculs des analystes de la compagnie d'assurance Nationwide, chaque semaine de paralysie pourrait réduire la croissance annuelle du PIB américain de 0,2 point.
J.Bergmann--BTB